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Des résidents de Kashechewan toujours à Kapuskasing deux ans après leur évacuation

Rita Wynne pense souvent à sa communauté de Kashechewan

Rita Wynne pense souvent à sa communauté de Kashechewan

Photo : Erik White

Radio-Canada

Plus de 400 membres de la communauté autochtone de Kashechewan, dans le Grand Nord de l'Ontario, vivent toujours à Kapuskasing, près de deux ans après avoir été évacués de la réserve à cause d'inondations.

Un texte de Stéphany LaperrièreTwitterCourriel

Si certains s'y sentent désormais chez eux, d'autres aimeraient rentrer dans la réserve. C'est le cas de Rita Wynne, une femme de 63 ans, qui prend soin de trois de ses petits enfants à Kapuskasing.

Elle fait partie de ceux qui ont été évacués en raison des fortes inondations au printemps 2014. Pour l'instant, elle ne peut pas retourner vivre à Kashechewan. Sa demeure fait partie des 36 maisons qui ont été condamnées à cause de problèmes de moisissure créés par les inondations fréquentes.

36 maisons ont été condamnées à cause des problèmes de moisissures dus aux inondations fréquentes.

36 maisons ont été condamnées à cause des problèmes de moisissures dus aux inondations fréquentes.

Photo : Erik White

En attendant, elle continue de parler à ses petits enfants en langue crie afin qu'ils ne l'oublient pas. Elle raconte qu'ils ont eu du mal à s'adapter à Kapuskasing, mais qu'ils y arrivent quand même tranquillement.

« Ils ne peuvent pas faire ce qu'ils veulent. Ce n'est pas comme avant où ils pouvaient courir partout et jouer dans les rues avec les autres enfants. C'est un environnement différent pour eux », dit Rita Wynne.

Les premiers mois à Kapuskasing ont été particulièrement difficiles pour elle, jusqu'à ce qu'elle sollicite une aide psychologique.

Je me suis dit : c'est assez. Je dois me tenir debout et passer à autre chose, oublier ce qui s'est passé.

Rita Wynne, résidente évacuée de Kashechewan

Gerry Demeules, coordonnateur des services aux évacués pour la Ville de Kapuskasing, dit avoir reçu plusieurs demandes de soutien psychologique. Il affirme aussi que les 36 maisons condamnées seront détruites cet été

Pour eux, c'est beaucoup de souvenirs, c'est dur de penser au fait que tout ce qui leur appartient est là-bas et qu'ils ne l'auront plus.

Gerry Demeules, coordonateur à la Ville de Kapuskasing

Kapuskasing accueille des membres de la communauté de Kashechewan depuis 2006 en raison des inondations régulières dû au débordement de la rivière Albany dans ce secteur. L'an dernier, Kashechewan a connu sa 7e évacuation printanière en 11 ans.

Les inondations dans la réserve de Kashechewan ont forcé des centaines de résidents à quitter leur demeure.

Les inondations dans la réserve de Kashechewan ont forcé des centaines de résidents à quitter leur demeure.

Photo : Kashechewan-communications

Or, c'est la première fois que des membres de la réserve restent aussi longtemps à Kapuskasing, affirme monsieur Demeules qui ignore quand ils pourront rentrer chez eux.

Le gouvernement fédéral collabore avec la ville de Kapuskasing pour offrir une centaine de logements et permettre à la plupart des 100 enfants accueillis de fréquenter une école gérée par les membres de la communauté et où l'enseignement se fait en anglais et en langue crie.

Des discussions se poursuivent aussi entre le gouvernement et le conseil de bande de Kashechewan pour évaluer différentes options pour la communauté, notamment la reconstruction de maisons et la réparation de la digue qui entoure Kashechewan.

Toutefois, certains résidents de Kashechewan espèrent toujours que la réserve sera relocalisée, soit en amont de la rivière ou en périphérie de Timmins, comme cela a déjà été proposé par le passé.

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