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Un an plus tard, personne n'a oublié Nemtsov

Marche à la mémoire de Boris Nemtsov à Moscou

Des participants à la marche tiennent une banderole de Boris Nemtsov

Photo : Maxim Shemetov / Reuters

Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Des milliers de personnes ont marché aujourd'hui à Moscou pour marquer le premier anniversaire de l'assassinat du leader de l'opposition Boris Nemtsov. Un meurtre trouble qui continue de terrifier l'opposition.

Un texte de Raymond Saint-PierreCourriel

Il y a un an, Boris Nemtsov était assassiné à 200 mètres du Kremlin, le centre du pouvoir. Encore aujourd'hui, des gens viennent quotidiennement porter des fleurs sur le lieu du meurtre.

Ce mémorial de fortune a souvent été détruit par des fiers-à-bras. Mais ils sont toujours nombreux à revenir témoigner de leur admiration pour ce leader de l'opposition modéré. Nemtsov était vu comme le seul homme qui arrivait à unifier les divers partis d'opposition, à les faire travailler ensemble.

Une femme dépose des fleurs à l'endroit où Boris Nemtsov a été tué.
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Une femme dépose des fleurs à l'endroit où Boris Nemtsov a été tué.

Photo : Grigory Dukor / Reuters

Dans les jours qui ont suivi l'assassinat, nous avions rencontré plusieurs personnalités de l'opposition. Tous avaient peur, tous se sentaient visés.

Très vite, cinq suspects étaient arrêtés, tous des Tchétchènes. Un d'entre eux, Zaour Dadaev, avait fait partie de l'armée personnelle du dictateur tchétchène Ramzan Kadyrov. C'est lui qui aurait abattu Nemtsov. Pour le comité d'enquête chargé d'élucider le meurtre, l'affaire est ainsi classée.

Mais pour la famille de Nemtsov et pour l'opposition, on n'a pas identifié, encore moins arrêté, celui qui a commandé cet assassinat.

Dans une conférence de presse, souvent interrompue par des agents provocateurs et par des policiers, Ilia Iachine, très proche de Nemtsov, accusait le dirigeant tchétchène Ramzan Kadyrov d'avoir commandé et financé cette opération soigneusement planifiée pendant des mois. Voir ci-dessous le reportage sur les accusations d'Iachine, diffusé au Téléjournal le 23 février 2016 :

Pour voir ce reportage sur votre appareil mobile, cliquez ici. (Nouvelle fenêtre)

Un autre leader de l'opposition, Mikhaïl Kasianov, a été littéralement la cible de Kadyrov ces derniers jours. Le dictateur tchétchène a diffusé sur Internet une vidéo où on voit Kasianov dans la ligne de mire d'un tireur. Kasianov a aussi été « entarté » par une douzaine de Tchétchènes dans un restaurant de Moscou le 9 février dernier. Ils l'accusaient d'être un traître à la nation.

Nous l'avons rencontré récemment. Il admet qu'il a peur. De tels actes terrorisent aussi les travailleurs de son parti, qui se préparent pour les élections législatives de septembre prochain. Kasianov a été premier ministre russe, pendant quatre ans, de 2000 à 2009, aux côtés de Vladimir Poutine. Il lui demande de dénoncer haut et fort ce harcèlement de l'opposition.

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