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Un homme parmi les sages-femmes

Le reportage d'Ariane Perron-Langlois
Radio-Canada

Du haut de ses six semaines, la petite Mathilde gazouille et sourit. Elle est encore trop jeune pour s'en rendre compte, mais elle fait partie des premiers bébés au Québec à avoir été mis au monde par un homme sage-femme.

Un texte d'Ariane Perron-LangloisTwitterCourriel avec la collaboration d'Isabelle St-Pierre RoyTwitterCourriel 

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Être homme sage-femme

Sa maman, Julie Dufour, a rencontré l'étudiant sage-femme Louis Maltais quand elle était en fin de grossesse. « Ça a cliqué, raconte Mme Dufour. Louis est une personne gentille, discrète, donc pour moi ce n'était pas un enjeu qu'il assiste aux rencontres et à mon accouchement. »

La petite Mathilde, âgée de six semaines, est venue au monde avec l'aide de Louis Maltais.La petite Mathilde, âgée de six semaines, est venue au monde avec l'aide de Louis Maltais. Photo : ICI Radio-Canada

Je n'ai pas vu de différence que ça soit un homme. Je pense que l'important, ce sont ses compétences, ses qualités, son approche. 

Julie Dufour

Originaire de Saguenay, Louis Maltais est le premier homme à avoir entrepris le programme de baccalauréat en pratique sage-femme à l'UQTR. « Je pense qu'on peut appeler ça une passion, mais aussi une vocation », lance celui qui a près de deux ans de formation derrière la cravate.

Louis Maltais reconnaît que certaines femmes refusent qu'un stagiaire soit présent lors de leur accouchement. Parfois, ce sont les conjoints qui ne sont pas à l'aise. Toutefois, il n'essuie pas plus de refus que ses collègues étudiantes féminines. « La plupart du temps, si j'avais été une fille, ça n'aurait pas été différent », souligne-t-il.

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À bras ouverts

On était moitié excitées, moitié anxieuses.

Cynthia Plourde, préceptrice de Louis Maltais

Pour la préceptrice de Louis, Cynthia Plourde, la surprise de recevoir un homme comme stagiaire a rapidement fait place au soulagement. Elle affirme que la clientèle a accepté sa présence. « Je crois que les gens étaient prêts à entrer en contact avec ça », explique Mme Plourde.

Louis Maltais considère qu'il a été accueilli à bras ouverts dans ce monde traditionnellement féminin, particulièrement lorsqu'il compare son expérience à celle de femmes qui tentent de faire leur place dans des métiers traditionnellement masculins. « J'ai croisé une fille qui a fait un cours en mécanique automobile, raconte-t-il. Elle a vécu beaucoup d'intimidation, les gars lui faisaient sentir qu'elle n'avait pas sa place là. Moi, c'est l'inverse, je me dis que je suis vraiment chanceux. »

La responsable des services sage-femme à la maison des naissances Colette-Julien de Mont-Joli, Chantal Lavallée, souhaite que d'autres hommes joignent les rangs des sages-femmes. « Nous sommes rendus là. Pour nous, c'est un changement qui fait du bien », s'exclame-t-elle.

La formation et le droit de pratique

Les aspirant(e)s sages-femmes doivent suivre un baccalauréat d'une durée de quatre ans offert uniquement à l'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR). Le programme admet 24 personnes chaque année.

Grâce à une entente de réciprocité, une sage-femme reconnue dans une province canadienne peut pratiquer dans une autre province qui a signé l'entente. L'Ordre des sages-femmes du Québec (OSFQ) donne des permis de pratique aux sages-femmes qui détiennent des autorisations légales d'exercer le métier, autorisations délivrées par huit organismes précis au Canada.

Les diplômé(e)s de France peuvent aussi se prévaloir de l'arrangement de reconnaissance mutuelle France-Québec. Les sages-femmes formé(e)s à l'étranger sont aussi en mesure de faire une demande d'équivalence. Dans ces cas, c'est l'OSFQ qui tranche.

Lorsque Louis Maltais terminera son cours, en 2018, son titre ne sera pas transformé pour « sage-homme ». Pour les intervenants dans le domaine, le mot « femme » est relié à l'objet de la pratique, soit la personne qui va donner naissance. Le terme sage-homme est toutefois attesté par les linguistes et son emploi est encouragé, mais il n'est pas très courant.

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