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Situation critique à l'UQAM, selon deux syndicats

UQAM

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Photo : Luc Lavigne

Radio-Canada

Dans une lettre qu'ils ont adressée mardi à la présidente du conseil d'administration de l'UQAM, Lise Bissonnette, les syndicats représentant les professeurs et les chargés de cours de l'institution tirent la sonnette d'alarme. L'UQAM, disent-ils, « risque de sombrer au milieu de divisions intestines qui la dépassent » et la direction semble « incapable de redresser la situation ».

Cette lettre signée par Marie Blais, présidente du Syndicat des chargés de cours de l'UQAM (SCCUQ), et de Michèle Nevert, présidente du Syndicat des professeurs de l'UQAM (SPUQ), survient au moment où l'École des sciences de la gestion (ESG) manifeste son intention de se séparer de l'UQAM, ce à quoi le recteur de l'Université, Robert Proulx, a opposé un non formel, mardi.

En entrevue téléphonique avec Radio-Canada, le recteur Proulx a déclaré qu'il ne s'agissait pas d'un refus de traiter les demandes de l'ESG. « Mais, actuellement, dans l'état des lieux, ce que l'on a comme information ne permet pas au conseil d'administration de s'engager dans une forme de décentralisation qui nous est proposée », explique-t-il.

L'envoi de la lettre des syndicats coïncide aussi avec la tenue de deux réunions, l'une en milieu d'après-midi concernant la faculté des sciences de la gestion et l'autre, à 16 h, du conseil d'administration de l'UQAM. Dans le cas de cette dernière réunion, il appert que le doyen de l'ESG n'y a pas été convié.

Pour ajouter aux péripéties entourant l'UQAM dans la journée de mardi, le quotidien Le Devoir rapporte que des doyens de l'établissement ont envoyé un message à Lise Bissonnette lui exprimant qu'à leur avis, l'université se trouve « en péril ». Les doyens des facultés de sciences humaines et de communications, Josée Lafond et Pierre Mongeau, affirment que l'université a atteint un point névralgique et qu'il importe d'y reconstruire la cohésion sociale.

« Laisser-aller »

Pour en revenir à la lettre signée par les présidentes de syndicats, ces dernières disent craindre « l'implosion » de l'institution. Elles dénoncent l'attitude de la haute direction qui ne donne pas l'heure juste sur la situation financière réelle de l'UQAM, en dépit des demandes faites en ce sens par des « experts de la communauté en finance et comptabilité » Elles rappellent aussi que les étudiants salariés de l'UQAM sont en grève générale illimitée depuis plusieurs semaines. 

Dans tous les cas, l'administration paraît avoir choisi le laisser-aller comme stratégie. Elle laisse pourrir la situation et apparaît aux yeux de plusieurs comme totalement dépassée par la situation.

Marie Blais et Michèle Nevert, présidentes respectivement du SCCUQ et du SPUQ

L'ESG veut son autonomie pour rayonner davantage

L'ESG compte 15 000 étudiants, soit le tiers de la population estudiantine de l'UQAM, ainsi que 300 professeurs et autant de chargés de cours. Pour son doyen, Stéphane Pallage, l'École aurait intérêt à bénéficier d'autonomie financière vis-à-vis de l'UQAM, entre autres pour être en mesure de rayonner davantage dans le cercle des écoles de gestion avec lesquelles elle est en concurrence.

M. Pallage affirme qu'à l'UQAM, tout est trop centralisé.

Les budgets sont décidés de manière centralisée par les recteurs et vice-recteurs, qui envoient des enveloppes prédéterminées aux facultés et à l'École. Avec ces enveloppes, vous pouvez faire seulement ce qui est indiqué et l'agilité n'est pas là. 

Stéphane Pallage, doyen de l'École des sciences de la gestion

De l'avis de M. Pallage, les priorités de l'ESG ne sont pas forcément les mêmes que celles de l'UQAM, d'où le désir d'autonomie de l'École. « L'UQAM est certainement un peu en crise », a conclu le doyen de l'ESG sur les ondes de RDI Économie.

Il est prévu que l'ESG procède à une consultation publique avec ses membres au sujet de cette éventuelle séparation de l'UQAM. Dans l'éventualité où les membres de l'ESG disent oui, il y aurait ensuite tenue d'un référendum ou élaboration d'une pétition, à l'intention de l'administration centrale de l'UQAM.

La présidente du conseil d'administration, Lise Bissonnette, réagit

En entrevue à RDI mardi soir, la présidente du conseil d'administration, Lise Bissonnette, a dénoncé l'attitude de M. Pallage, affirmant qu'il a mis le conseil en demeure de prendre une décision. « Il m'a servi un ultimatum mercredi dernier, à moins d'une semaine du conseil, de prendre position sur ce projet. »

Elle ajoute que ce projet d'autonomie, très complexe, n'a pas cheminé correctement dans les instances de l'institution et qu'il n'était pas question pour le conseil de se « laisser bousculer » par M. Pallage, un cadre qu'il faudra « rappeler à ses devoirs » a-t-elle dit.

Quant à la lettre des syndicats représentant les professeurs et les chargés de cours de l'institution qui s'inquiètent de la santé financière de l'université, Madame Bissonnette se fait rassurante. « C'est sûr qu'à l'UQAM actuellement, les gens sont un peu irrités, inquiétés, angoissés pour certains, parce que l'université se retrouve sur la place publique avec des tensions, des difficultés. (...) Mais je ne crois pas du tout que nous soyons sur le point d'une implosion », a-t-elle dit, ajoutant que la plupart des universités au Québec éprouvent des difficultés financières.

Avec les informations d'Ève Couture

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