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  • Exclusif
  • Alberta : 30 % des incidents liés à trois entreprises énergétiques

    Un pipeline de Canadian Natural Resources

    Un pipeline de Canadian Natural Resources. L'entreprise est celle qui compte le plus d'incidents recensés dans une base de données de l'Agence de réglementation de l'énergie de l'Alberta.

    Photo : Dan Riedlhuber / Reuters

    Radio-Canada

    Canadian Natural Resources Limited, Penn West et Husky Energy comptent pour 30 % des incidents rendus publics en Alberta, révèle une analyse de Radio-Canada.

    Un texte de Samuel Danzon-ChambaudTwitterCourriel

    Les données proviennent de l'Agence de réglementation de l'énergie de l'Alberta, qui alimente sur son site Internet une base de données remontant à juin 2013. Les fuites d'hydrocarbures, de sulfure d'hydrogène, d'eau des réservoirs de pétrole et de gaz naturel y apparaissent notamment, tout comme celles touchant des cours d'eau.

    Sur 1006 incidents signalés en date de vendredi, 137 se rapportaient à Canadian Natural Resources (CNRL), 82 à Penn West et 81 à Husky Energy. La plupart concernaient des pipelines.

    Des incidents mineurs figurent dans la base de données, tout comme des événements d'une grande ampleur comme le déversement de cinq millions de litres de produits pétroliers en juillet ou celui d'un million de litres s'étant produit sur le site de Primrose de CNRL en 2013 et ayant causé la mort de douzaines d'animaux.

    À l'inverse des entreprises citées à de nombreuses reprises, certains géants du secteur énergétique apparaissent beaucoup moins dans ces statistiques. Suncor ne compte ainsi que 5 incidents, tandis que la Pétrolière Impériale (Imperial Oil) en affiche 14.

    Gaétan Caron, un chercheur de l'École de politiques publiques de l'Université de Calgary, croit que le nombre d'incidents et l'envergure des entreprises peuvent être liées, mais reconnaît qu'il ne s'agit pas du seul facteur.

    « Une entreprise qui a peut-être une culture de sécurité un petit peu médiocre ou qui est moins soucieuse des incidences environnementales de leurs opérations évidemment va se trouver plus souvent dans un tableau comme celui-là que les autres », explique-t-il.

    Le directeur de la campagne climat et énergie de Greenpeace pense que les entreprises récidivistes devraient être punies. « Le gouvernement devrait mettre fin à leurs opérations, si elles ne sont pas capables d'en assurer le fonctionnement de manière sécuritaire », a lancé Mike Hudema.

    « Il s'agit juste d'une question de temps avant que nous ayons une catastrophe majeure », a prévenu l'environnementaliste.

    Nous mettons l'environnement en danger, nous mettons les communautés en danger.

    Mike Hudema, porte-parole de Greenpeace

    Réponse des pétrolières

    Dans un courriel, Canadian Natural Resources souligne que la grande majorité des incidents répertoriés dans la base de données n'ont eu que peu d'impact et aucun effet à long terme pour l'environnement.

    « Notre objectif est d'avoir zéro incident », écrit Julie Woo, une porte-parole de l'entreprise. « Lorsqu'un incident se produit, Canadian Natural Resources a des systèmes de gestion en place pour y répondre rapidement », ajoute-t-elle.

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    Husky Energy indique dans un courriel qu'elle prend tous les incidents au sérieux et y répond de manière appropriée. Penn West a pour sa part décliné la possibilité de s'exprimer.

    Des opérations de Penn West ont été suspendues sept fois depuis juillet 2014, selon une autre base de données de l'AER. D'autres de Canadian Natural Resources l'ont été à cinq reprises, et celles de Husky Energy, trois fois.

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