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Les services de santé en français manquent, se fait dire l'ORSW

Le thème des services en français a dominé les échanges de la vingtaine de francophones s'étant présentés à une consultation publique menée par l'Office régional de la santé (ORS) de Winnipeg, lundi soir à l'Université de Saint-Boniface.

Le thème des services en français a dominé les échanges de la vingtaine de francophones s'étant présentés à une consultation publique menée par l'Office régional de la santé (ORS) de Winnipeg, lundi soir à l'Université de Saint-Boniface.

Photo : ICI Radio-Canada/Michel Saba

Radio-Canada

Le thème des services en français a dominé les échanges de la vingtaine de francophones s'étant présentés à une consultation publique menée par l'Office régional de la santé de Winnipeg (ORSW), lundi soir à l'Université de Saint-Boniface.

Un texte de Michel Saba TwitterCourriel

Les participants se sont abondamment penchés sur l'offre de soins en français et la façon de les améliorer. « Le système de santé est accessible à tous, mais pas au même niveau. Et quand on ajoute la langue, c'est encore pire », a indiqué une participante à l'un des sous-groupes.

Les francophones sont-ils bien desservis dans leur langue? « Il y a eu d'importants progrès au fil des ans, mais il reste encore beaucoup à faire, remarque le participant Louis Druwé. Le problème est toujours au niveau des spécialistes et du personnel de la santé, au niveau du recrutement et de la rétention. Et c'est toujours un des grands défis. Le système de santé doit aussi tenir compte d'une façon un peu plus importante des besoins de la francophonie. Ça devrait être un de leurs groupes cibles. »

Emmanuel Neche, un infirmier francophone qui a assisté à la rencontre par intérêt personnel, affirme constater sur le terrain le faible nombre de soignants francophones et l'impact de leur présence.

Je vois [les patients] plus à l'aise quand j'entre et je leur dis : "Bonjour, Monsieur, je suis votre infirmier." Il est plus content que si on lui parle en anglais.

Emmanuel Neche, infirmier francophone

La rencontre était organisée en partenariat avec Santé en français et la Table de concertation régionale urbaine. Elle portait officiellement sur l'équité dans le domaine de la santé. D'ailleurs, aucune des questions auxquelles l'ORSW souhaitait faire réfléchir les participants ne faisait référence aux services en français.

L'objectif de cette soirée par rapport aux autres rencontres de consultation de l'Office était « d'impliquer les francophones pour avoir le point de vue des francophones », indique André Boucher, le coordonnateur de la formation et des communications de Santé en français.

La prédominance du thème des services en français dans le milieu de la santé ne le surprend pas. « On souhaitait que cette question soit sur la sellette parce que c'est ce qu'on veut faire avancer. »

Faux départ?

Les consultations sont bien mal parties, selon certains participants. Les présentations en anglais ne sont d'ailleurs pas passées inaperçues. « À quand des francophones pour ce type de conférence de l'ORS? », a lancé exaspéré Gilbert Laberge, l'un des participants.

« Ce sont les expertes de l'ORS qui travaillent dans ce domaine et qui ont présenté à tous les autres groupes », explique M. Boucher. « L'ORS n'a pas de francophones pour présenter la question de l'équité et de l'éthique. On a pris une décision, soit celle d'avoir cette présentation puis la discussion aura lieu en français », ajoute-t-il.

Des solutions

Les participants ont réclamé plus de professionnels aptes à offrir des services en français, notamment à l'accueil. Cela peut se faire par la prestation de cours de langues, ont fait valoir certains.

L'un des sous-groupes a encouragé l'ORSW à établir des partenariats avec les organismes communautaires francophones. Parmi les organismes mentionnés : Pluri-elles, les centres de la petite enfance et de la famille, les écoles de la DSFM, les garderies, la Fédération des aînés franco-manitobains, le Centre de santé Saint-Boniface.

Les participants ont aussi recommandé d'identifier et d'aiguiller les francophones vers les organismes de la communauté dont Pluri-elles et les CPEF.

D'autres thèmes

Bien que la plupart des enjeux ont été abordés sous la lentille des services en français, d'autres thèmes ont aussi été abordés, dont la prévention et la reconnaissance des acquis des nouveaux arrivants.

Les soins à domicile et communautaires sont appréciés. « Les gens sont plus heureux chez eux », a indiqué un participant.

Une meilleure répartition des ressources a été encouragée. « Il faut cesser de travailler en silo », a déclaré un participant. « Il y a déjà des ressources dans la communauté », a aussi fait valoir Mona Audet, la directrice de Pluri-elles.

Par ailleurs, un sous-groupe a suggéré d'établir des relations plus étroites avec les professionnels du secteur privé, dont les physiothérapeutes et chiropraticiens.

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