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Bannissement de The Rebel : l'Alberta fait volte-face

Rachel Notley, première ministre de l'Alberta.

Rachel Notley, première ministre de l'Alberta.

Photo : CBC

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La première ministre albertaine Rachel Notley fait volte-face et revient sur la décision de son gouvernement de bannir le site The Rebel des conférences de presse gouvernementales.

Rachel Notley a indiqué mercredi que les néo-démocrates ne refuseront à aucun média l'accès à ces conférences même s'ils ont demandé à l'ex-directrice de la Presse canadienne pour l'ouest du pays, Heather Boyd, de réviser les politiques provinciales sur cette question.

« Nous avons enregistré de nombreuses réactions de la part des Albertains et des médias au cours des deux derniers jours, écrit Cheryl Oates, directrice des communications de la première ministre, dans un communiqué. Il est clair que nous avons commis une erreur. »

Le gouvernement provincial avait banni des correspondantes du site conservateur The Rebel qui appartient à l'ex-commentateur de Sun News, Ezra Levant, en expliquant que ces correspondantes n'étaient pas des journalistes.

Ezra Levant, ancien commentateur politique Sun News et propriétaire du site conservateur The Rebel.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Ezra Levant, ancien commentateur politique Sun News et propriétaire du site conservateur The Rebel.

Photo : La Presse canadienne / Pawel Dwulit

Rachel Notley a également demandé mardi à l'ex-journaliste Heather Boy de réviser ses politiques sur les médias en réponse aux critiques suscitées par sa décision de bannir de The Rebel.

La première ministre a indiqué mardi qu'Heather Boyd aura trois semaines pour se pencher sur ce problème. « Elle verra comment les choses se passent ailleurs, consultera la Tribune de la presse et examinera nos façons de faire à l'égard des médias de nouvelles », a expliqué la chef néo-démocrate.

Elle a promis que son gouvernement s'ajustera aux recommandations qui résulteront de cette révision.

Commentateur et journaliste

La semaine dernière, The Rebel a envoyé une lettre au gouvernement par le biais de l'avocat des médias d'Edmonton Fred Kozak pour se plaindre des problèmes que ses correspondantes Holly Nicholas et Sheila Gunn Reid avaient rencontrés.

Sheila Reid, correspondante du site Internet The Rebel d'Ezra Levant.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Sheila Reid, correspondante du site Internet The Rebel d'Ezra Levant.

Photo : The Rebel

Le site Internet, très critique de Rachel Notley et de son gouvernement, explique qu'à la fin janvier, Holly Nicholas a été exclue d'une séance réservée aux médias à Calgary donnant accès aux documents et aux explications sous embargo avant la présentation publique des conclusions du comité de révision des redevances énergétiques.

The Rebel ajoute également que sa correspondante Sheila Reid n'a pas été admise à la conférence de presse tenue le 3 février par les premiers ministres Justin Trudeau et Rachel Notley. La correspondante soutient qu'elle s'était fait dire que son nom figurait sur la liste des personnes non autorisées à participer à cet événement. Les agents de sécurité lui auraient alors demandé de quitter les lieux, et elle aurait obtempéré sans avoir la chance de demander pourquoi elle était exclue.

Réponse du gouvernement

Le ministère de la Justice a répondu le 12 février : « La position de notre client demeure que votre client et ceux que vous identifiez comme ayant des liens avec votre client ne sont pas des journalistes et n'ont pas le droit d'entrer aux séances réservées aux médias ou à des événements similaires. »

« La position du gouvernement est que si vous avez témoigné sous serment que vous n'êtes pas journaliste, alors nous ne vous considérons pas comme un journaliste », a expliqué, mardi, Cheryl Oates, porte-parole et directrice des communications de la première ministre.

Cheryl Oates se réfère au témoignage d'Ezra Levant dans le cadre d'une poursuite en diffamation en 2014. L'ex-commentateur de Sun News s'était alors présenté comme un commentateur et un expert et non pas comme un journaliste.

Précédent dangereux

La Tribune de la presse de l'Alberta, qui regroupe les journalistes affectés à la couverture des travaux de l'Assemblée législative, a publié mardi un communiqué qui défend le droit des journalistes d'offrir une couverture vigoureuse et diverse des événements à l'Assemblée.

Le président de la Tribune, Darcy Henton, confirme que les journalistes n'ont pas besoin d'une accréditation de la Tribune de la presse pour couvrir les conférences de presse à l'Assemblée législative. « C'est une pratique établie depuis longtemps en Alberta que les gardiens de sécurité de l'Assemblée donnent une carte d'accès aux reporters et aux photographes qui présentent l'accréditation de leur organe de presse », explique-t-il dans le communiqué.

La présidente de la Tribune de la presse parlementaire canadienne, Manon Cornellier, dit de son côté qu'il revient à son organisation et non au gouvernement en place de décider qui peut obtenir une accréditation. Elle rappelle que des agences de presse numériques dont Buzzfeed, Vice, iPolitics, Rabble ou Tyee sont membres de cette galerie malgré leurs points de vue idéologiques. « Nous ne touchons pas à leurs opinions », souligne Manon Cornellier.

Le professeur Brian Gorman, qui enseigne le journalisme à l'Université McEwan, dit qu'il n'est pas un partisan de The Rebel, mais qu'il pense que le gouvernement ne devrait pas décider qui peut obtenir le droit de couvrir ses conférences de presse. « C'est un dangereux précédent qui me rend très nerveux. Je souhaite qu'ils révisent cette décision », dit-il.

Tribunal en vue

La dispute entre Ezra Levant et le gouvernement néo-démocrate pourrait se transporter devant les tribunaux. Le propriétaire de The Rebel a lancé une pétition appelée « Notley is a bully » (« Notley est une intimidatrice »). Il a aussi commencé une campagne de collecte de fonds pour financer ses dépenses devant les tribunaux.

Il explique qu'il est obligé de poursuivre le gouvernement pour qu'un juge déclare illégal ce que Rachel Notley fait. Selon lui, la première ministre contrevient à la liberté de la presse qui est garantie par la Constitution canadienne.

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