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Ottawa croit qu'il y a plus que 1200 femmes autochtones assassinées ou disparues

La ministre des Affaires autochtones Carolyn Bennett a commenté la situation des femmes autochtones assassinées ou disparues mardi, après une rencontre du Conseil des ministres. Photo: La Presse canadienne / Sean Kilpatrick
Radio-Canada

Le nombre de femmes autochtones disparues ou assassinées au pays est sans contredit plus élevé que 1200, comme l'estime la Gendarmerie royale du Canada (GRC), affirment deux ministres du gouvernement Trudeau.

Après que la ministre des Affaires autochtones, Carolyn Bennett, eut déclaré lundi que le nombre réel était « beaucoup plus élevé que 1200 », la ministre de la Condition féminine, Patricia Hajdu, se montre elle aussi disposée à admettre que l'étendue de cette tragédie est sous-estimée.

Dans un rapport publié en 2014, la GRC estimait que 1017 femmes autochtones avaient été assassinées entre 1980 et 2012, et que 164 autres étaient disparues. Elle a ajouté 32 morts et 11 disparitions à ce sombre bilan en 2015.

Dans une entrevue accordée lundi soir au réseau CTV, la présidente de l'Association des femmes autochtones du Canada, Dawn Lavell-Harvard, a cependant soutenu que ce chiffre ne constitue que « la pointe de l'iceberg », et qu'il pourrait s'approcher en fait de 4000.

Nous n'avons pas un chiffre exact. Mais quand j'écoute Dawn Lavell-Harvard, l'estimation basée sur une étude qu'ils ont faite, c'est dans les environs de 4000, selon eux.

La ministre de la Condition féminine, Patricia Hajdu

Lorsqu'on lui a demandé comment la GRC pourrait avoir sous-estimé le nombre de cas, la ministre Hajdu a répondu : « Ils ne regardaient que certains paramètres spécifiques ».

« Quand vous commencez à ajouter les cas litigieux, par exemple, les cas de gens dont la mort a été considérée comme un suicide, ou due à une exposition [au froid] [...] bien entendu, le nombre grimpe », a-t-elle précisé.

« Je n'ai pas le chiffre exact », a pour sa part indiqué Mme Bennett, mardi, après une rencontre du Conseil des ministres. « Nous croyons que la GRC a vraiment fait son possible avec d'autres corps de police pour parvenir à ce chiffre de 1200. »

Une tragédie au-delà des chiffres 

La tragédie réelle est cependant beaucoup plus importante que ne l'indiquent les chiffres, a réitéré la ministre, en évoquant des témoignages entendus dans le cadre de la tournée visant à déterminer le mandat de l'enquête publique à venir sur ce sujet.

« Il n'y a aucun doute que des familles veulent que certains cas soient rouverts. Nous avons entendu ça d'un océan à l'autre », a-t-elle fait valoir. « Des familles nous l'ont dit et répété : le dossier [de leur proche] est vide. Il n'y a pas eu d'enquête », a ajouté la ministre Bennett.

Les familles vous diraient que beaucoup de dossiers n'ont jamais été ouverts de prime abord, parce qu'il n'y a pas eu d'enquête. Des cas n'ont pas été considérés comme des meurtres. On a conclu au suicide, à un accident, à une mort naturelle ou à une surdose de drogues.

Carolyn Bennett, ministre des Affaires autochtones

Lorsqu'on lui a demandé si la future commission d'enquête pourrait jouer un rôle dans ces cas non comptabilisés, la ministre Bennett a répondu que cela ferait partie des délibérations à venir.

« Que fait-on avec ces cas? Comment trouver un système qui permettrait peut-être aux commissaires de déterminer que certains cas doivent être rouverts et être examinés de nouveau? », a-t-elle demandé.

Mme Bennett soutient cependant qu'il ne faut pas se contenter d'évoquer des chiffres dans cette histoire. « Il est très important que nous décrivions une tragédie plutôt que de simplement compter les morts et les disparus », a plaidé la ministre.

Enquête nationale sur les femmes autochtones disparues et assassinées

Politique