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Un premier accord nord-américain sur les énergies vertes

Le ministre canadien des Ressources naturelles, Jim Carr (au centre), a annoncé la signature du protocole avec les secrétaires à l'Énergie américain et mexicain, Ernest Moniz (à gauche) et Joaquín Coldwell.

Radio-Canada

Les ministres de l'Énergie du Canada, des États-Unis et du Mexique ont signé vendredi un protocole d'entente sur la collaboration dans les domaines de l'énergie et des changements climatiques. Le document prépare le terrain à un accord nord-américain qui pourrait mener les trois pays à oeuvrer en commun pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et développer les énergies vertes.

Pour l'heure, le protocole d'entente porte essentiellement sur une collaboration et un partage d'informations accrus entre les trois pays dans six domaines, soit :

  • un partage d'expériences et de connaissances concernant l'aménagement de réseaux d'électricité fiables, résistants et à faibles émissions de carbone;
  • la conception, le déploiement et des innovations accélérées dans le domaine des technologies d'énergie propre, y compris les énergies renouvelables;
  • un échange de renseignements afin d'accroître l'efficacité énergétique pour le matériel, les appareils, les industries et les bâtiments, y compris les systèmes de gestion de l'énergie;
  • un échange de renseignements et la promotion d'une action concertée pour faire progresser la mise en place de systèmes de captage, de l'utilisation et du stockage du carbone;
  • l'établissement d'activités trilatérales afin de faciliter l'adaptation aux changements climatiques;
  • un échange de pratiques exemplaires et une recherche de méthodes visant à réduire les émissions provenant du secteur des hydrocarbures, y compris le méthane et le carbone noir.

Selon le ministre Carr, l'entente signée est « significative, parce qu'elle permet de penser l'intégration énergétique continentale sous un nouveau jour ». 

Les ministres de l'Énergie ont annoncé du coup que des renseignements dans le domaine de l'énergie en Amérique sont maintenant regroupés sur des cartes rendues disponibles sur les sites Internet des trois pays. On peut y voir les infrastructures énergétiques, les perspectives énergétiques globales et des données sur les échanges commerciaux dans ce domaine.

Un manifestant contre l'exploitation du pétrole a brièvement perturbé la cérémonie de signature du protocole d'entente. « Gardez-ca dans le sol », pouvait-on lire sur sa banderole. Il a été rapidement intercepté par des gardiens de sécurité, qui l'ont expulsé.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un manifestant contre l'exploitation du pétrole a brièvement perturbé la cérémonie de signature du protocole d'entente. « Gardez-ca dans le sol », pouvait-on lire sur sur sa banderole.

Au-delà des pipelines

Il s'agit de la première fois en huit ans que les discussions entre le Canada et les États-Unis sur l'énergie ne portent pas sur les pipelines. « Nous reconnaissons que notre relation sur l'énergie va au-delà du pétrole et du pipeline Keystone », souligne Keith Stewart, directeur de la campagne Climat et Énergie de Greenpeace Canada.

Selon M. Stewart, cet « ALENA vert » - en référence à l'Accord de libre-échange nord-américain - marque un nouveau territoire pour les trois gouvernements.

« Ce genre de travail a été fait pour le commerce, mais ça n'a pas été fait pour les changements climatiques, dit-il. C'est un premier pas dans cette direction, c'est une bonne chose. »

Selon la conseillère en politiques de l'organisme environnemental Clean Energy Canada, Clare Demerse, ces discussions pourraient créer un marché plus important pour l'énergie renouvelable canadienne. « Cela montre à quel point nos pays commencent à prendre les énergies vertes au sérieux », explique-t-elle.

Durant des années, le gouvernement américain tentait de discuter d'énergies vertes avec le Canada, mais tout ce qu'il obtenait comme réponse portait sur les pipelines. C'était comme un dialogue de sourds.

Clare Demerse, conseillère en politiques de Clean Energy Canada

Aux États-Unis, le plan « Clean Power », proposé par le président Barack Obama, vise à permettre aux États qui utilisent le charbon d'importer de l'énergie verte du Canada. Plusieurs groupes environnementalistes croient que cela créera une demande importante pour l'hydroélectricité, l'énergie solaire et l'énergie éolienne produites au Canada.

Selon Clare Demerse, cet accord apportera aussi le développement d'infrastructures pour les voitures électriques, à travers le continent. « Les trois pays fabriquent des voitures, et les trois réfléchissent à la prochaine génération de voitures, explique-t-elle. Ensemble, ils pourraient vous donner la possibilité de conduire une voiture électrique n'importe où sur le continent avec l'assurance de pouvoir la recharger. »

Le mois prochain, le premier ministre Justin Trudeau rencontrera les premiers ministres provinciaux à Vancouver pour discuter de la stratégie climatique canadienne, puis il se rendra, la semaine suivante, à Washington pour un dîner d'État avec le président américain Barack Obama.

Avec les informations de Margo McDiarmid

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Environnement