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Difficile de visiter le Canada quand on vient d'un pays « troublé »

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Patrick Kongawi

Photo : ICI Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Un Canadien qui peine à faire venir ses parents pour une visite depuis 13 ans impute les refus constants de visas de visiteurs au fait qu'ils sont des citoyens de la République démocratique du Congo (RDC).

Un texte d’Omayra Issa TwitterCourriel

Dans ses lettres de rejet, Citoyenneté et Immigration Canada (CIC) affirme que le dossier des parents de Patrick Kongawi, n'a pas convaincu les agents qu'ils quitteront le pays avant l'expiration de leurs visas.

M. Kongawi, qui vit en Saskatchewan depuis 22 ans, diverge d'opinion, car selon lui, ses parents n'ont nullement l'intention de rester au Canada et ils remplissent tous les critères d'obtention d'un visa.

J'ai l'impression que le bureau d'immigration vous traite différemment, selon votre pays d'origine. Si je ne venais pas d'un pays troublé, si je venais d'un pays stable, je crois que je n'aurais pas connu les mêmes obstacles.

Patrick Kongawi

En vertu de la Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés, les ressortissants de 148 pays, principalement d'Afrique, du Moyen-Orient et d'Amérique du Sud ont besoin d'avoir un visa pour visiter le Canada. Toutefois, des citoyens de 58 autres pays peuvent visiter le Canada sans visa.

Soumettre des relevés bancaires... et un arbre généalogique

Lorsque Patrick Kongawi a demandé l'aide du ministre fédéral de la Sécurité publique et député de Regina-Wascana, Ralph Goodale, un porte-parole lui a affirmé que pour obtenir un visa de visiteur, sa mère pourrait soumettre des relevés bancaires, une copie de son bail de location, des attestations de propriétés, une photo de famille et un arbre généalogique pour convaincre Citoyenneté et Immigration Canada (CIC) qu'elle retournera en RDC au terme de son visa de visiteur.

Le porte-parole de M. Goodale précisait qu'il relayait les informations de CIC.

M. Kongawi estime qu'il s'agit là d'une invasion de la vie privée et déplore la complexité des conditions d'accès à un visa pour certains visiteurs.

« Ce n'est pas un système très équilibré parce que si tu étais Belge ou si étais Français, tu n'as pas besoin de visa. Tu viens ici, tu pars. C'est fini », fait-il valoir.

C'est très difficile parce qu'on est toujours regardés d'une façon suspecte. [...] Le Canada peut devenir une prison, vraiment une vraie prison pour les immigrants.

Patrick Kongawi

Patrick Kongawi craint que les réfugiés syriens nouvellement installés au Canada connaissent le même sort que lui et qu'ils soient séparés de leurs familles proches ou élargies, car ces derniers devront avoir des visas en main afin de leur rendre visite.

De faibles chances d'obtenir des visas de visiteurs

De 2004 à 2015, le Canada a refusé en moyenne 18 % des demandes de visas de visiteurs, tous pays confondus. Pendant la même période, le pourcentage moyen de demandes de visas refusées aux ressortissants de la République démocratique du Congo (RDC) atteignait 58 %.

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Une affaire de perception

L'avocat en immigration Chris Veeman croit que les citoyens de pays en proie à une instabilité politique peinent davantage à obtenir des visas de visiteurs au Canada.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'avocat en immigration Chris Veeman croit que les citoyens de pays en proie à une instabilité politique peinent davantage à obtenir des visas de visiteurs au Canada.

Photo : ICI Radio-Canada

Chris Veeman, un avocat en immigration de Saskatoon, croit que les citoyens de pays instable sur le plan politique ont davantage de mal à obtenir des visas de visiteurs au Canada. Il voit communément des refus de visas de visiteurs pour ces genres de ressortissants.

« C'est très commun que les agents d'immigration pensent qu'ils resteront au Canada, où il y a plus de sécurité et plus d'opportunités économiques. Ça peut être très difficile à réussir dans des situations comme ça », explique-t-il.

Il estime que la perception peut jouer un rôle central dans la décision des agents d'immigration d'octroyer un visa.

Les agents d'immigration doivent s'assurer que les visiteurs partiront du Canada à la fin de leur [visa] visite. [...] C'est une peur que les gens viennent ici comme visiteurs et qu'ils essaient de rester sans avoir fait l'application pour la résidence permanente.

Chris Veeman, avocat en immigration

Dans un message envoyé à Radio-Canada, Ottawa assure que les « demandes du monde entier sont examinées de façon uniforme et en fonction des mêmes critères, et ce, peu importe le pays d'origine du demandeur ».

Le gouvernement fédéral ajoute qu'il incombe aux étrangers qui souhaitent venir au Canada en tant que résidents temporaires [visiteurs] de « prouver qu'ils respecteront les conditions s'appliquant aux résidents temporaires, dont le fait de quitter volontairement le pays à la fin de leur visite. »

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