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Après Apple, un jeune ingénieur fransaskois rejoint les rangs de Google

Le fransaskois Stanley Rabu
Le fransaskois Stanley Rabu
Radio-Canada

Le cheminement professionnel de Stanley Rabu, un Fransaskois de Domrémy, en Saskatchewan, a tout pour impressionner. À 35 ans, le jeune ingénieur vient de travailler une dizaine d'années pour la multinationale Apple, à San Francisco.

Il a choisi en 2014 de quitter le géant américain pour prendre une pause, savourer la vie et voyager à travers le monde.

Un temps d'arrêt qui lui a aussi permis de jeter un regard sur le chemin parcouru.

Observer papa

C'est d'abord en regardant travailler son père à la ferme, à Domrémy, village de 125 habitants, que le jeune Stanley Rabu a eu la piqûre pour l'électronique.

Son père était aussi le réparateur du village, raconte Stanley, et très souvent, il y avait beaucoup de téléviseurs à la maison. Le petit garçon ne manquait jamais une occasion de bien observer le travail de son paternel, qui passait des heures à tenter de ramener à la vie ces appareils défectueux.

« Mon père était "the local fix it man" alors on avait toujours des télévisions dans la maison et quand il les réparait j'étais là. »

À la fin de ses études secondaires à l'École Saint-Isidore de Bellevue, Stanley Rabu sait qu'il veut devenir ingénieur.

Faire équipe avec les meilleurs

C'est à l'Université de la Saskatchewan qu'il réalise qu'il est loin d'être le seul élève doué.

Pour se démarquer, il comprend très vite qu'il doit faire équipe avec ceux qu'il considère comme aussi brillants que lui. C'est d'ailleurs ce qu'il constate quand il est temps de faire des travaux d'équipe. « Tout le monde était vraiment à la recherche du meilleur, du plus intelligent de la classe et c'était important qu'on se trouve dit-il. J'ai travaillé beaucoup, c'était très difficile ».

Son diplôme d'ingénieur, il l'a obtenu avec mention. « J'ai eu beaucoup de 97 % et j'ai eu un 99 %, j'essayais de collectionner des notes dans les 90 », se souvient-il.

Et si quelqu'un affirme qu'il n'est pas possible d'obtenir une note finale de 100 % à l'université, il a la preuve du contraire.

« Tous ceux qui affirment que vous pouvez obtenir un 99 %, mais que vous ne recevrez pas de 100 % mentent! L'université peut vous donner un 100 % dans une classe, j'ai eu un 100 % dans une classe de mathématiques, donc c'est possible ».

Dans la cour des grands

Même avec tous les efforts investis dans ses études universitaires, jamais il n'avait imaginé pouvoir un jour travailler pour la multinationale Apple.

C'est en 2005, lors d'une visite à San Francisco pour y voir un ami qu'il en profite pour visiter la multinationale et y serrer quelques mains.

Il revient au Canada et reçoit un coup de fil quelques semaines plus tard. À 25 ans, il reçoit une offre formelle d'Apple qui veut l'avoir dans ses rangs. « Ils m'ont fait une offre, comme ça, au téléphone, de façon directe », affirme-t-il.

L'aventure californienne débute alors pour le jeune Fransaskois qui apprend très vite que cette entreprise recherche beaucoup plus que des employés, elle veut des passionnés.

Il fera alors partie des équipes qui ont créé les premiers accessoires pour les iPod, et plus récemment de celles derrière la création du nouveau câble d'alimentation réversible de l'iPhone 6.

Stanley Rabu n'a jamais eu peur de passer de longues heures au bureau. Travailler le jour, la nuit, au côté de la crème des ingénieurs dans son domaine, dans un environnement où le secret industriel est primordial aura été à la fois pour lui enrichissant et stimulant. C'est dans cette ambiance qu'il a participé au fil des ans à la conception de produits très utiles pour la marque.

C'est beaucoup de travail, mais c'est tellement valorisant. C'est très agréable de savoir que vous avez contribué à quelque chose que pratiquement tout le monde connaît.

Stanley Rabu

Autre avantage indéniable, un emploi comme celui qu'il avait à Apple est aussi très bien rémunéré. Stanley Rabu estime que pratiquement tous les ingénieurs comme lui deviennent millionnaires après une décennie dans la Silicon Valley. « Ils valent tous facilement plus d'un million de dollars je dirais. » Un niveau de vie impressionnant, à tel point que pour donner une image tangible du train de vie de ces jeunes loups californiens, il n'y a qu'à observer ce qu'ils conduisent comme véhicule, dit Stanley Rabu. « Une BMW, c'est la voiture de base, c'est la Honda Civic de la Silicon Valley. »

À quiconque serait tenté par la même aventure, Stanley Rabu donne les conseils suivants : « Soyez une bonne personne, simplement, vous ne devez pas nécessairement être le plus intelligent, si vous avez une bonne attitude, que vous savez faire équipe avec les bonnes personnes, que vous êtes quelqu'un d'agréable à côtoyer et que vous êtes capable de travailler vraiment fort, vous avez 99 % de ce qu'il faut pour y parvenir ».

Prendre une pause

Malgré cela, le 22 mai 2014, Stanley Rabu publie sur son compte Twitter (Nouvelle fenêtre), qu'il est enfin libre, qu'il peut maintenant relaxer et travailler à ses propres projets.

Il vient alors de quitter le rythme effréné d'Apple, pour avoir du temps pour sa famille et pour voyager plus d'un an à travers le monde. « Parce que je voulais [du temps pour moi] pour visiter ma famille, pour faire quelque chose de différent. Je suis allé en France, en Italie, au Japon et à plusieurs endroits au Canada.

Depuis la fin novembre 2015, Stanley Rabu a accepté un nouvel emploi, chez le géant Google, toujours dans la baie de San Francisco.

Quels sont maintenant ses objectifs, ses buts pour les prochaines années? Paradoxalement, il aimerait apprendre à vivre un jour sans téléphone intelligent, du moins apprendre à diminuer le temps qu'il passe chaque jour à regarder des écrans. « J'essaie de ne pas trop les utiliser, ce n'est pas bon mentalement de passer tout votre temps sur un écran, vous devez sortir et vivre! »

Son rêve ultime serait un jour de revenir s'installer à la ferme familiale de Domrémy. « Je m'ennuie d'être un fermier. Juste avoir une terre et de l'air frais. »

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