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Le huitième débat républicain sous le thème de la torture

Les sept aspirants républicains en vue de la présidentielle américaine réunis pour le débat de samedi soir.

Les sept aspirants républicains en vue de la présidentielle américaine réunis pour le débat de samedi soir.

Photo : Carlo Allegri / Reuters

Reuters
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La course à la Maison-Blanche s'est transportée au New Hampshire, alors que les sept candidats à l'investiture républicaine ont croisé le fer à trois jours des primaires dans cet État.

Ce huitième débat a notamment permis aux aspirants de se prononcer sur la simulation de noyade comme méthode d'interrogatoire aux États-Unis, sept ans après son interdiction. Deux d'entre eux ont dit samedi vouloir la réintroduire s'ils sont élus et le favori des sondages, Donald Trump, a même promis d'aller bien plus loin.

« Je réintroduirais la simulation de noyade (waterboarding) et je réintroduirais des choses bien pire que la simulation de noyade », a déclaré le magnat de l'immobilier pendant le débat diffusé sur la chaîne ABC.

Ted Cruz, vainqueur du caucus de l'Iowa, qui a donné le coup d'envoi de la course à la Maison-Blanche, a également laissé entendre qu'il n'hésiterait pas à recourir à cette pratique, mais de manière moins systématique.

Fréquemment utilisé à l'époque de George W. Bush, notamment contre les membres présumés d'Al Qaïda détenus à Guantanamo, le « waterboarding » a été interdit par Barack Obama dès son arrivée à la Maison-Blanche et a été décrit comme un acte de torture dans un rapport de la Commission du renseignement du Sénat en 2014, malgré les protestations des républicains.

« S'il était nécessaire, par exemple, de protéger une ville contre une attaque terroriste imminente, vous pouvez être sûrs qu'en tant que commandant en chef, j'aurais recours à toutes les méthodes d'interrogatoire avancé possibles pour assurer la sécurité de ce pays », a déclaré Ted Cruz.

Marco Rubio en difficulté

Le sénateur du Texas a néanmoins dit qu'il ne rétablirait pas « l'usage généralisé » de la simulation de noyade et admis que cette pratique relevait de la définition qui est faite de la torture dans les lois internationales.

À l'inverse, Jeb Bush a clairement dit qu'il ne renouerait pas avec cette pratique popularisée par son frère pendant les guerres en Afghanistan et en Irak. « Le Congrès a modifié les lois et je pense que la situation actuelle est celle qui convient », a dit l'ancien gouverneur de Floride.

Particulièrement ciblé par ses rivaux républicains après sa percée au troisième rang du caucus de l'Iowa, Marco Rubio est resté plus évasif sur ses intentions, se cachant derrière une position de principe selon laquelle il ne conviendrait pas « de discuter en détail des méthodes que nous pourrions employer, car cela permet aux terroristes de s'y préparer ».

Le sénateur de Floride est plus généralement paru peu à son aise pendant ce débat, lui qui entendait s'imposer avant la primaire dans le New Hampshire comme le principal rival de Donald Trump. Le vote dans le New Hampshire donne généralement le ton pour la suite des choses.

Alors qu'il avait réalisé un sans-faute lors des sept précédentes confrontations, il a notamment été complètement déstabilisé par une charge du gouverneur du New Jersey, Chris Christie, sur son manque d'expérience présumé.

Même s'il s'est par la suite repris, Marco Rubio a ainsi laissé selon les observateurs la porte entrouverte aux trois autres candidats représentant l'« establishment » républicain - Chris Christie, Jeb Bush et le gouverneur de l'Ohio John Kasich - contre les trublions que sont Donald Trump, qui n'est pas membre du parti, et Ted Cruz, soutenu par l'aile ultraconservatrice.

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