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Maladies mentales : deux femmes dénoncent les congés prématurés des patients suicidaires

La Winnipégoise Stephanie Siddle souffre d'une dépression majeure, de l'anxiété et du trouble personnalité limite. Elle dit qu’au cours de ses dix tentatives de suicide, on lui a souvent donné congé quelques heures après son arrivée à l’hôpital.

La Winnipégoise Stephanie Siddle souffre d'une dépression majeure, de l'anxiété et du trouble personnalité limite. Elle dit qu’au cours de ses dix tentatives de suicide, on lui a souvent donné congé quelques heures après son arrivée à l’hôpital.

Photo : CBC

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

À la lumière de la disparition de Reid Bricker, deux femmes dénoncent les procédures de libération des personnes atteintes de maladies mentales des hôpitaux à Winnipeg.

Stephanie Siddle, 29 ans, a été amenée à l'hôpital dix fois au cours des dix dernières années après des tentatives de suicide. Souvent, on lui a donné congé seulement quelques heures après son arrivée, dit-elle.

Je n'arrive toujours pas à croire que je sois encore en vie, sans dommages au cerveau. J'ai l'impression que le système de santé mentale m'a fait faux bond.

Stephanie Siddle

L'histoire de Mme Siddle ressemble à celle de Reid Bricker, un homme Winnipégois qui est porté disparu depuis qu'il a reçu son congé de l'hôpital en pleine nuit, le 24 octobre dernier.

L'homme de 33 ans a essayé de s'enlever la vie et a été apporté à l'hôpital. Il a quitté l'établissement quelques heures plus tard et n'a pas été revu depuis.

Stephanie Siddle souffre d'une dépression majeure, de l'anxiété et du trouble personnalité limite, soit les mêmes maladies qui affligent Reid Bricker.

Sortie de l'hôpital, un ticket de bus à la main

La Winnipégoise Stephanie Chartrand raconte qu'un hôpital lui a aussi donné congé alors qu'elle était en état mental vulnérable.

La police de Winnipeg a amené la femme de 32 ans, qui souffre d'une dépression grave et de l'anxiété, au Centre des sciences de la santé quand elle a eu un épisode psychotique en août 2014.

Stephanie Chartrand souffre d’une dépression majeure et de l’anxiété.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Stephanie Chartrand souffre d’une dépression majeure et de l’anxiété.

Photo : CBC

« J'étais à l'hôpital pendant environ 24 heures. Je n'ai pas dormi, je n'ai pas mangé et je n'ai pas fait mes besoins. Je suis simplement restée assise, et j'ai parlé à des médecins à quelques reprises », rapporte-t-elle.

Mme Chartrand affirme qu'elle s'est éventuellement endormie et qu'à son réveil, on lui a dit qu'elle avait eu son congé.

Il était 1 h. Je n'avais ni les clés de mon appartement ni mon téléphone cellulaire. On m'a donné un ticket de bus, mais les autobus ne passaient plus à cette heure-là.

Stephanie Chartrand

Heureusement, à l'insu de Stephanie Chartrand, sa mère l'attendait à la sortie de l'hôpital.

« Pas une solution universelle »

Le Dr Murray Enns, directeur médical des services de la santé mentale de l'Office régional de la santé de Winnipeg (ORSW), soulève que ce n'est pas chaque personne qui est en crise de santé mentale qui peut ou qui doit être admis à l'hôpital.

Environ 12 000 personnes avec des problèmes de santé mentale se présentent aux urgences ou bien au Centre d'intervention d'urgence en santé mentale chaque année. Seulement 2400 entre eux sont admis à l'hôpital, précise Dr Enns.

Le médecin reconnaît qu'il existe des risques inhérents aux maladies mentales, « mais la maladie mentale n'est pas quelque chose qui peut être guéri dans un hôpital. »

Un urgentologue et d'autres équipes de professionnels de la santé mentale doivent poser des « jugements cliniques » quant à la libération du patient dans les heures suivant son arrivée à l'hôpital, explique-t-il, et l'équipe ne donnera pas congé à quelqu'un qui n'est pas assez compétent pour prendre ses propres décisions.

À seulement quelques heures d'une tentative de suicide, il est possible que quelqu'un soit compétent, attentif, bien orienté et en pleine connaissance des circonstances dans lesquelles il se trouve.

Dr Murray Enns, directeur médical, services de la santé mentale, ORSW

Dr Enns soutient que chaque patient reçoit un plan de suivi avant de quitter l'hôpital. En outre, les hôpitaux prennent des dispositions pour le transport des patients et communiqueront avec un proche du patient, à la demande de celui-ci.

Un nouveau groupe de travail

À la suite de la disparition de Reid Bricker, les procédures de libération des patients passent sous la loupe.

Le directeur général de l'ORSW, Milton Sussman, préside les travaux d'un groupe qui cherche, entre autres, à apporter des améliorations aux procédures actuelles.

Le groupe de travail se penchera également sur l'utilisation et le partage des informations de santé personnelles.

Avec des informations de la journaliste de CBC Jill Coubrough.

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