•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La bataille s'annonce longue pour des Acadiens qui réclament le statut de Métis

Edmond Vautour, Maurice Robichaud et Arnel Vautour

Edmond Vautour, Maurice Robichaud et Arnel Vautour, membres du groupe « Ensemble pour la justice »

Photo : ICI Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le gouvernement du Canada rejette les arguments du groupe des expropriés de Kouchibouguac, au Nouveau-Brunswick, nommé « Ensemble pour la justice ».

Un texte de Karine GodinTwitterCourriel et de Catherine DumasTwitterCourriel

Dans la déclaration de la défense déposée en cour fédérale vendredi, le ministère de la Justice du Canada rejette la reconnaissance du statut de métis acadien revendiqué par le groupe de 99 familles.

Selon Sébastien Grammond, expert en droit autochtone à l'Université d'Ottawa, le statut de métis n'a jamais été reconnu dans l'est du Canada.

« Presque toutes ces revendications-là au Nouveau-Brunswick, même au Québec, ont échoué parce que l'affaire Powley exige qu'il y ait eu un groupe métis qui ait existé au fil de temps, depuis ce qu'on appelle la mainmise effective des colons européens sur le territoire, et qu'il ait existé à titre de groupe reconnaissable. Ce que les tribunaux ont constaté jusqu'ici, c'est que même s'il y avait des individus d'ascendance mixte, aucun n'avait réussi à faire la preuve de l'existence d'une telle communauté qui aurait persisté dans le temps », explique Sébastien Grammond.

L'avocat Micheal Swinwood, qui représente le groupe de 99 familles, n'est guère étonné de la réponse du ministère de la Justice.

« Je ne pensais pas qu'après qu'on fasse une réclamation le Canada allait dire: "Ah, oui, on est avec vous. On va négocier et renverser tout ce qu'on a fait". Je ne pense pas que ça va arriver tout de suite, mais ça peut arriver à un autre point après qu'on va offrir nos témoignages des expert et tout ça. Peut-être qu'à ce point, on pourra s'entendre avec le gouvernement du Canada », affirme Me Swinwood.

La confiance règne

Le groupe Ensemble pour la justice entend défendre ses arguments lors de procédures à la Cour fédérale. Edmond Vautour, membre du groupe, croit que les preuves amassées au cours des années pourront faire pencher la balance en faveur des familles. Mais selon lui, ce qui aura le plus d'impact, c'est que le nombre de personnes qui appuient la cause ne cesse d'augmenter.

« Là, on est beaucoup de familles. On est plus fort. Mon père n'est plus tout seul et il y a plus de familles qui embarquent. Il y a encore cinq ou six familles qui m'ont dit hier qu'elles voulaient embarquer », affirme M. Vautour.

Les expropriés de Kouchibouguac tentent de faire valoir leurs droits depuis près de 45 ans. Aujourd'hui, ils se sentent plus unis que jamais, et surtout ils pensent que les choses peuvent vraiment bouger.

« Aujourd'hui, on a vu avec les droits autochtones, depuis les années 90, qu'ils ont gagné des droits, ils ont gagné des choses, et la cause des Autochtones avance très solidement », estime Arnel Vautour, membre du groupe.

« Si vous lisez le rapport, la défense, elle l'avoue que c'était des terres indigènes. Le rapport est un peu vague sur la question, mais le côté vague, on a les preuves », ajoute Maurice Robichaud, membre du groupe.

L'avocat des familles expropriées a maintenant dix jours pour donner une réponse à la défense.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !