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Les étoiles de la LNH ne récoltent pas la manne qu'elles génèrent

Gary Bettman

Gary Bettman

Photo : La Presse canadienne / John Locher

Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

BILLET - Alors que les supervedettes de la LNH convergent vers Nashville pour participer au week-end des étoiles, le temps est bien choisi pour mesurer l'évolution de leur partenariat avec les propriétaires.

Un texte de Martin LeclercTwitterCourriel

Cela fait maintenant 10 ans que les joueurs de la LNH se sont fait imposer (après un lock-out d'une saison complète) un plafond salarial qui limite le pouvoir de dépenser des équipes les plus riches et qui empêche les meilleurs joueurs de monnayer leur talent selon la réelle valeur du marché. Le plafond salarial imposé en 2005 prévoyait un partage des revenus 60 %-40 % favorisant les joueurs, mais les propriétaires ont imposé un autre lock-out en 2012 pour ramener le partage des revenus à 50 %-50 %.

Entendons-nous sur une chose : ce sont les supervedettes de la LNH qui remplissent les amphithéâtres, qui génèrent les auditoires télévisuels et qui incitent les diffuseurs à verser des milliards pour acquérir les droits de retransmission des matchs. Ce sont aussi les étoiles de la LNH qui sont le moteur des ventes de chandails et d'objets-souvenirs de tout acabit avec lesquelles la LNH engrange des centaines de millions.

Depuis 2005, le plafond salarial des équipes de la LNH est passé de 39 millions à 71,4 millions, soit une hausse de 83 %. Durant cette même période, la rémunération des 20 plus hauts salariés de la ligue n'a toutefois pas suivi la même courbe. Les 20 plus hauts salariés ont plutôt vu leurs revenus totaux passer de 133,7 millions à 197 millions, soit une augmentation de 47,3 %.

***
Du côté des propriétaires, les gains réalisés lors des lock-out de 2005 et de 2012 ont produit des résultats financiers absolument époustouflants.

Selon les données de Forbes, la valeur totale des équipes de la LNH est passée de 5,4 milliards à 15,2 milliards au cours de la dernière décennie. On parle ici d'une hausse de 181 %. Quant aux surplus d'exploitation cumulatifs des équipes, ils ont explosé de 257 % (!), passant ainsi de 125,1 millions à 446,5 millions.

À titre comparatif, la MLB génère quelque 9 milliards de revenus par année, comparativement à environ 4 milliards pour la LNH. Et la MLB traverse la période la plus rentable de toute son histoire. La valeur des équipes du baseball majeur est d'ailleurs passée de 11,3 à 36 milliards depuis 10 ans, soit une hausse de 218 %.

Pourtant, les équipes de la MLB ont dégagé en 2015 un profit cumulatif de 595,7 millions qui n'a rien d'extravagant en comparaison avec celui de la LNH. D'ailleurs, la saison dernière, aucune équipe de la MLB n'est parvenue à engranger autant de profits que le Canadien de Montréal (91,3 millions) ou les Rangers de New York (83,1 millions). Qui aurait cru qu'un jour, le Canadien et les Rangers allaient faire plus de profits que les Yankees de New York ou les Red Sox de Boston?

Quand on jette un coup d'œil à ces chiffres, il est facile de conclure que les étoiles de la LNH laissent énormément d'argent dans le tiroir et que les propriétaires profiteront de ce déséquilibre jusqu'à la fin de ce contrat de travail, dont l'échéance n'est prévue qu'en 2022.

Dans sa traditionnelle conférence de presse en fin de semaine, peu importe la faiblesse du dollar canadien, Gary Bettman dira que la LNH se porte à merveille. On comprend pourquoi.

À toute épreuve, le blogue de Martin Leclerc.

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