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Santé des réfugiés : les agences d'établissement déplorent un manque de ressources

Des enfants dans un camp de réfugiés au Liban.
Des enfants dans un camp de réfugiés au Liban. Photo: Derek Stoffel/ CBC
Radio-Canada

Les provinces de l'Ouest comptent sur les agences d'établissement pour répondre aux besoins de santé des milliers de réfugiés syriens qui s'installent au Canada, mais certaines sont débordées et manquent de ressources pour faire ce travail.

Un texte de Josée St-OngeTwitterCourriel
Suzanne Gross, du Centre mennonite pour les nouveaux arrivants à Edmonton.Suzanne Gross, du Centre mennonite pour les nouveaux arrivants à Edmonton. Photo : Emilio Avalos/ Radio-Canada

En l'absence d'une stratégie nationale, les provinces gèrent les problèmes de santé de cette population. En Alberta, tout comme en Colombie-Britannique, en Saskatchewan et au Manitoba, les réfugiés reçoivent immédiatement une couverture médicale et consultent un médecin dès leur arrivée. 

Les agences d'établissement servent de point de contact avec des professionnels de la santé, mais certaines décrient un manque de moyens.

La gestionnaire des initiatives stratégiques du Centre mennonite pour les nouveaux arrivants à Edmonton Suzanne Gross souligne que le système d'accueil n'a pas été conçu pour recevoir autant de personnes à la fois.

Avec ce grand groupe qui va venir, il va falloir augmenter notre capacité.

Suzanne Gross, gestionnaire des initiatives stratégiques, Centre mennonite pour les nouveaux arrivants

Les séquelles de la vie dans les camps de réfugiés 

La plupart des réfugiés syriens ont passé des mois, parfois des années, dans des camps de réfugiés, où les soins de santé étaient offerts sporadiquement. 

Sarah Hanafi, de la Islamic Family Social Services Association à Edmonton.Sarah Hanafi, de la Islamic Family Social Services Association à Edmonton. Photo : Emilio Avalos/ Radio-Canada

Sarah Hanafi, une étudiante en médecine qui travaille avec une agence d'établissement à Edmonton, la Islamic Family Social Services Association, constate que certains réfugiés souffrent de maladies chroniques non traitées. Elle précise que le diabète et l'hypertension figurent parmi les maladies les plus courantes.

« Ce qu'il y a de particulier avec ces gens-là, c'est qu'ils ont passé de longues périodes de leur vie dans des conditions assez instables et précaires, ce qui veut dire qu'ils n'avaient pas accès aux médicaments ou aux soins nécessaires pour gérer leur maladie, » ajoute Sarah Hanafi. 

La malnutrition peut aussi mener à des problèmes de dentition, surtout chez les enfants. 

Les priorités des provinces

Pour les gouvernements provinciaux, l'une des priorités est de mettre à jour les vaccins des réfugiés syriens. 

La ministre de la Santé de l'Alberta, Sarah Hoffman, affirme qu'en général, cette population est en bonne santé. « Avant la guerre, la Syrie avait un taux élevé d'immunisation. Ce sont donc les jeunes enfants qui ont besoin de se faire vacciner pour leur protection et celle des Canadiens », dit-elle. 

Le dépistage des troubles de santé mentale est aussi prioritaire, puisque les réfugiés ont souvent vécu des traumatismes.

Les barrières linguistiques et la santé mentale

Ayant quitté un pays en guerre, les réfugiés syriens ont souvent traversé de rudes épreuves et sont en deuil après avoir perdu leurs proches. Certains ont été victimes d'abus et de torture.

Sarah Hanafi souligne que les symptômes du trouble de stress post-traumatique ne sont pas toujours faciles à détecter.

Parfois, ça ne va pas se présenter comme une tristesse ou une dépression, mais ça va se présenter dans d'autres domaines de la vie de la personne.

Sarah Hanafi, Islamic Family Social Services Association

Les réfugiés qui ne maîtrisent pas l'anglais risquent d'avoir des difficultés à communiquer avec un médecin, ce qui complique le traitement des problèmes de santé mentale.

Selon Sarah Hanafi, l'apprentissage de l'anglais est primordial pour combattre l'isolement, qui peut mener en soi à des problèmes de santé mentale. « Il y a beaucoup qu'on puisse faire pour améliorer cette réponse et je crois qu'on y prend conscience », dit-elle à propos de l'engagement du gouvernement albertain.

Les gouvernements provinciaux ont compilé des listes de médecins qui parlent l'arabe et des services de traduction sont disponibles.

Le nombre de réfugiés accueillis dans les provinces de l'Ouest depuis novembre.Le nombre de réfugiés accueillis dans les provinces de l'Ouest depuis novembre. Photo : Radio-Canada

Alberta

Santé publique