•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L'opposition peu impressionnée par le remaniement à Québec

Pierre Karl Péladeau

Pierre Karl Péladeau

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les partis d'opposition à Québec dénoncent un manque de vision économique et de changement dans le remaniement ministériel annoncé jeudi par le premier ministre Philippe Couillard.

Le chef du Parti québécois, Pierre-Karl Péladeau, reproche au premier ministre d'avoir fait éclater les responsabilités économiques de ses ministres et de ne pas avoir établi de priorités dans ce domaine. « Pire, il a confié la responsabilité du développement économique régional, de l'occupation du territoire ainsi que des PME à deux ministres issus de la région métropolitaine », a-t-il soulevé.

Pour M Péladeau, le manque de vision se traduit aussi par l'éclatement du « trio économique » de Philipe Couillard : Jacques Daoust qui passe de l'Économie aux Transports en emportant le dossier de Bombardier avec lui, et Robert Poeti qui perd le ministère des Transports, après qu'il eut voulu encadrer le service Uber.

Pour sa part, Bernard Drainville a évoqué un « manque de profondeur » dans l'équipe libérale, manque démontré par l'arrivée d'ex-caquistes ou adéquistes, selon lui.

« Ça démontre que le parti de François Legault sert très bien les intérêts du parti et du gouvernement libéral. Certains diraient même que la CAQ sert de club-école au parti et au gouvernement libéral », a asséné le député de Marie-Victorin.

Tout comme la porte-parole de Québec solidaire, M. Péladeau a souligné à quel point les deux premières années de rigueur libérale furent difficiles pour le secteur de l'éducation.

Est-ce qu'il (Philippe Couillard) mettra fin au régime de l'austérité? Chose certaine, nous le souhaitons parce qu'il a fait très mal aux Québécois. 

Une citation de :Pierre-Karl Péladeau

M. Péladeau doute d'ailleurs des intentions du nouveau ministre de la Famille, Sébastien Proulx. « Son titulaire, qui est issu de l'ADQ, est probablement susceptible de penser que les CPE, ce n'est pas bon », a lancé le chef péquiste.

PKP : j'y suis, j'y reste

Confronté à des révélations sur des pratiques fiscales au moment où il dirigeait Québecor, le chef du PQ a assuré qu'il allait rester à la tête de son parti en vue du prochain scrutin, en 2018. « Je serai là, rassurez-vous. Absolument », a-t-il dit.

Legault s'attaque au leadership de Couillard

François Legault, en conférence de presse avec François Bonnardel et Nathalie Roy.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

François Legault, en conférence de presse avec François Bonnardel et Nathalie Roy.

Appelé à commenter le remaniement du gouvernement Couillard, le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, a dit vouloir « donner la chance au coureur », tout en s'attaquant sans détour au « manque de leadership » du premier ministre.

« M. Couillard a décidé de mettre de nouveaux visages, mais on sent quand même la même fatigue, le même manque de vision. En fait, on dirait que rien n'a changé depuis 2003. [...] Il semble n'y avoir rien de changé en économie et en éducation », a-t-il déclaré.

« Je pense que ça montre le manque de leadership et du Parti libéral et de Philippe Couillard, qui semble naviguer à vue, sans avoir vraiment de plan, de vision de ce qu'il souhaite changer en économie et en éducation. »

On dirait que M. Couillard n'est pas intéressé par l'économie, et qu'il manque d'ambition en économie. Il nous dit qu'il est satisfait des résultats du gouvernement.

Une citation de :François Legault

M. Legault a dit souhaiter « la meilleure des chances à Dominique Anglade », l'ancienne présidente de son parti, tout en soulignant que sa tâche s'annonce difficile. « Tous les Québécois souhaitent qu'elle réussisse. Mais elle ne réussira pas si le premier ministre ne s'implique pas personnellement », estime-t-il. 

« Faut passer en mode solution. On a besoin de créer des emplois payants, de réduire le fardeau fiscal de la classe moyenne », a-t-il précisé, en vantant les plus récentes propositions de son parti en faveur de la création d'un fonds manufacturier et d'une baisse des impôts.

M. Legault a aussi souligné que Pierre Moreau devient le troisième ministre de l'Éducation du gouvernement, et ce, en moins de deux ans au pouvoir. « Ça vient confirmer le manque de jugement de M. Couillard dans le choix de ses ministres de l'Éducation. »

La situation, dit-il, demeure « inquiétante » pour les parents, notamment ceux qui ont besoin de services pour leurs enfants qui ont des difficultés d'apprentissage, mais aussi pour tous les autres, qui constatent l'état « lamentable » des écoles.

« Ce remaniement ne change rien », dit Françoise David

Sceptique, la porte-parole de Québec solidaire attend de voir ce que fera le nouveau Conseil des ministres avant de croire au désir de renouveau du chef libéral.

Le premier ministre Philippe Couillard peut parler de « nouvel élan » avec son remaniement ministériel, Françoise David rétorque qu'il ne faut pas oublier toutes les compressions du gouvernement libéral durant ses deux années au pouvoir.

Toutes les coupes qui ont touché les parents, les enfants, les écoles, qui ont touché les aînés dans les soins à domicile, toutes les abolitions, de centres locaux de développement par exemple, tous ces leviers économiques [...], on ne va pas l'oublier parce qu'il y a eu un jeu de chaises musicales.

Une citation de :Françoise David

Pour Mme David, ce qui importera, ce sera la hauteur du réinvestissement promis en éducation. « Ce n'est pas une petite centaine de millions qui nous fera oublier le milliard de coupes », a pesé la porte-parole, qui voit dans ce réinvestissement le fruit des revendications du personnel et des parents. Ces derniers entendent d'ailleurs reprendre leurs chaînes humaines autour des écoles dès le 1er février.

Mme David presse aussi le nouveau ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais, d'éliminer la partie du projet de loi 70 qui conditionne l'aide sociale à la participation à un programme d'intégration. Elle espère aussi que le revenu minimum garanti, que le ministre Blais doit instaurer, sera plus élevé que l'équivalent des chèques d'aide sociale, « qui permettent à peine aux gens de survivre ».

D'autre part, Mme David met la pression sur le nouveau ministre la Famille, Sébastien Proulx, afin qu'il annule les compressions dans les centres de la petite enfance.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !