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Climat et gaz naturel ne sont pas incompatibles, dit la Colombie-Britannique

Le ministre de l'Énergie, des Mines et du Gaz naturel Rich Coleman.
Le ministre de l'Énergie, des Mines et du Gaz naturel Rich Coleman lors d'un point de presse lundi. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Tandis que Victoria tente de faire émerger le secteur du gaz naturel liquéfié (GNL) en Colombie-Britannique, de nouvelles réglementations fédérales sur les émissions de gaz à effet de serre viennent perturber les plans britanno-colombiens. Mais Victoria n'est pas inquiète et ira, dans les prochains jours, vanter les vertus du GNL auprès du gouvernement Trudeau.

Un texte d'Anne-Diandra LouarnTwitterCourriel

« Franchement, nous n'avons pas peur! » Excès de confiance ou détermination sans faille, le ministre britanno-colombien du Développement du gaz naturel, Rich Coleman, sera à Ottawa début février pour rencontrer le ministre fédéral des Ressources naturelles, James Carr, et la ministre fédérale de l'Environnement, Catherine McKenna.

Au menu : des discussions autour des mesures que le fédéral voudrait imposer dans le cadre de sa lutte contre les changements climatiques. La première ministre britanno-colombienne, Christy Clark, fera aussi le déplacement, accompagnée par sa ministre provinciale de l'Environnement, Mary Polak.

Une délégation de haute importance qui se dit convaincue que les projets de GNL en Colombie-Britannique respecteront bien les nouvelles réglementations environnementales du gouvernement Trudeau. « N'oublions pas que nous sommes ceux qui avons créé la première taxe carbone. Nous sommes en avance sur le mouvement et avons mis en place des règles pour que notre GNL soit le plus propre du monde », martèle Rich Coleman.

D'après le ministre, une période de transition est à prévoir pour les projets actuellement à l'étude, mais aucune compagnie investie dans le secteur ne devrait avoir à repartir de zéro et à reprendre l'ensemble de ses démarches.

Le projet de terminal de GNL à Prince Rupert sur la sellette?

Conformément à l'une des promesses de campagne de Justin Trudeau, Ottawa a annoncé des changements sur les procédures d'évaluation environnementales des différents projets énergétiques au pays. Les contours doivent être précisés rapidement.

Les projets de pipeline Énergie Est, de TransCanada, et Trans Mountain, de Kinder Morgan, sont les premiers concernés. Mais le futur terminal de GNL de la compagnie Pacific NorthWest LNG près de Prince Rupert, au nord de la Colombie-Britannique, pourrait aussi avoir à rendre des comptes au nouveau gouvernement.

« Nous nous engageons à avoir une discussion constructive et basée sur des faits scientifiques avec le gouvernement canadien », a réagi Pacific NorthWest LNG dans une déclaration écrite. Selon Rich Coleman, l'Agence canadienne d'évaluation environnementale rendra un rapport sur le projet dans les prochaines semaines et Ottawa pourrait ensuite trancher d'ici la fin mars. « Nous avons des retours du fédéral qui laissent à penser que c'est tout à fait faisable », assure-t-il.

Pacific NorthWest LNG doit aussi confirmer son investissement dans ce projet d'une valeur de 36 milliards de dollars. Celui-ci doit générer 4500 emplois dans la construction et 9 milliards de dollars de revenus pour la province.

Les environnementalistes pour une « décarbonisation » de l'économie

Mais en face, l'opposition farouche des environnementalistes assure que la future industrie du GNL empêchera la Colombie-Britannique d'atteindre ses objectifs de réduire d'ici à 2020 d'un tiers ses émissions de gaz à effets de serre par rapport au niveau de 2007.

Selon une récente étude d'une étudiante-chercheuse à l'Université de Victoria réalisée pour l'organisme Sierra Club, le terminal de GNL à Prince Rupert émettra presque 11 millions de tonnes de gaz à effet de serre d'ici à 2030.

Dans une lettre ouverte publiée mercredi, 74 organisations environnementales appellent Ottawa à légiférer pour obtenir une « décarbonisation » totale de l'économie en laissant les ressources naturelles du pays dans le sol. C'est la condition sine qua non, peut-on lire, pour que le Canada respecte les engagements pris lors de la conférence sur le climat à Paris en décembre dernier. Près de 200 pays ont accepté de limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré par rapport à l'ère préindustrielle.

« C'est scientifique, il faut laisser le carbone sous terre et entamer la transition énergétique. Cette réalité doit être embrassée par le gouvernement Trudeau et les premiers ministres provinciaux », a écrit Steven Guilbeault, porte-parole d'Équiterre.

« Nous n'avons plus beaucoup de temps pour passer à 100 % d'énergies renouvelables, renchérit Mike Hudema, directeur de la campagne climat et énergie à Greenpeace Canada. Et nous n'avons pas non plus les moyens de construire de nouveaux oléoducs qui nous envoient dans la mauvaise direction », conclut-il.

Carte des projets de pipelines de GNL en C.-B. Photo : Radio-Canada

Colombie-Britannique et Yukon

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