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5 courtes histoires vécues à lire en moins d'une heure

Lecture

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Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Vous avez envie de sortir ses sentiers battus? Ou tout simplement vous n'avez ni le temps ni le courage de lire une brique? Voici cinq courtes histoires vécues émouvantes, toutes finalistes du Prix du récit Radio-Canada 2015, et qui se lisent en moins d'une heure. Bonne lecture!

1. Le singe joyeux dans la tapisserie, de Simon Brousseau : l'histoire d'un homme qui boit un café en s'interrogeant sur la possibilité du bonheur.

Il n'y a pas longtemps, dans un café bondé de jeunes vaguement bohèmes, d'étudiants déglingués et de végétariens possiblement anarchistes, je tenais un livre en regardant distraitement autour de moi et je me suis demandé, peut-être à cause de la joie diffuse qui régnait, quelle était la personne la plus heureuse que j'ai connue, et chaque fois qu'un visage prenait forme dans l'espace flou de ma mémoire, celui d'une copine du secondaire perdue de vue il y a déjà dix ans ou celui, aux contours plus précis, d'un ami parti trouver l'aventure au Chili, je me disais que ce n'était pas tout à fait ça et j'ai dû admettre, un peu malgré moi, que je n'avais pas connu une seule personne dont je pouvais dire avec certitude qu'elle était absolument satisfaite de son sort.

Une citation de :Extrait du Singe joyeux dans la tapisserie, de Simon Brousseau

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2. Go go go!, d'Anne De Rome : l'histoire d'une équipe médicale qui tente de sauver un jeune gardien de but qui a reçu un coup de patin dans le cou.

Une salle d'urgence, un mois de mars au début des années 1980. J'y travaille comme infirmière au triage. C'est un soir de hockey à la télévision, l'ambiance s'annonce calme. Je prends une pause pour rêvasser. Il est vingt heures, j'imagine mes enfants au lit, je souris. Un sourire interrompu par la centrale 911 qui nous avise de l'arrivée d'un jeune hockeyeur en arrêt cardio-respiratoire. Il a reçu un coup de patin au niveau du cou et saigne abondamment.

Une citation de :Extrait de Go, go, go!, d'Anne De Rome

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3. Un hibou, un Égyptien et l'étrangèrede Chantal Garand : l'histoire de trois êtres qui cherchent leur place dans l'univers. 

J'ai cessé de penser au retour. Peut-être le jour où j'en avais le plus envie et que l'évidence s'est imposée; on a beau avoir la tête pleine d'échevelures qui s'agitent dans le vent, les semelles de nos bottes finissent toujours par former des racines. C'est la loi du grave.

J'ai été enlevée par un Viking. Ce n'est pas avec de l'hydromel qu'il m'a séduite, mais avec la façon qu'il avait de balayer l'univers du regard, de faire du globe terrestre une petite boule malléable et de vider ses poches sans qu'on y retrouve une clé.

J'ai quitté Montréal.

Une citation de :Extrait d'Un hibou, un Égyptien et l'étrangère, de Chantal Garand

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4. ÇAde Natalie Laguë : le récit poignant de la fin inexorable d'un père malade, racontée par sa fille.

J'ai assis mon père dans son fauteuil roulant, au bout de la table, lui ai donné un verre d'eau. Il ne sait plus écrire, mais me demande tout de même du papier et un crayon. Je m'éloigne. Je prépare ses médicaments. Par habitude, parce qu'il faut toujours vérifier ce qu'il fait, je relève la tête. Il a plongé la pointe du crayon dans l'eau et mis sa bouche à l'autre extrémité. Par quel tour d'esprit, quelle logique inconnue de moi, son crayon est-il devenu paille à boire?

C'est encombrant la maladie. ÇA s'immisce partout. ÇA vire le corps cul par-dessus tête et l'esprit sens dessus dessous. Et ÇA finit par prendre tout ce qu'il y a à prendre.

Une citation de :Extrait de ÇA, de Natalie Laguë

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5. Elle s'appelait Anica Zovak, de Martine Noël-Maw : l'histoire d'une petite fille qui découvre l'Holocauste par le tatouage sur le bras d'une des clientes de sa mère couturière.

À Noranda, elle faisait partie du lot de « Polacks » immigrés après la Deuxième Guerre mondiale. On ne faisait pas dans la nuance dans cette petite ville minière où j'ai grandi. Quiconque y était débarqué à la fin des années 1940 pour travailler à la mine de cuivre ou ouvrir un commerce à l'ombre de ses cheminées était mis dans le même panier : il ou elle baragouine l'anglais avec un accent étranger? N'a ni la verve des Italiens ni les yeux bridés des Chinois Allez hop! Un Polack!

Une citation de :Extrait de Elle s'appelait Anica Zovak, de Martine Noël-Maw

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