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Israël : chanter pour la paix, sans faire consensus pour autant

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Idan Raichel en entrevue à Central Park (New York), le 17 octobre 2015. « J'espère que les gens ouvriront leurs cœurs pour nous entendre. Dans des zones de conflits, il ne faut pas chercher la vérité parce qu'elle a trop d'angles différents. L'empathie, l'espoir et la foi; il faut se laisser porter par ça. La dernière chose à disparaître est l'espoir. »

Idan Raichel en entrevue à Central Park (New York), le 17 octobre 2015. « J'espère que les gens ouvriront leurs cœurs pour nous entendre. Dans des zones de conflits, il ne faut pas chercher la vérité parce qu'elle a trop d'angles différents. L'empathie, l'espoir et la foi; il faut se laisser porter par ça. La dernière chose à disparaître est l'espoir. »

Photo : ICI Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Tout a commencé par un accordéon, un cadeau de son grand-père. Idan Raichel n'avait pas encore 10 ans et il était loin de se douter que ses premières notes allaient le projeter quelques décennies plus tard sur la scène mondiale comme l'un des artistes les plus accomplis d'Israël.

Un texte d'Eric Le Reste, de Second regard TwitterCourriel

Quand je lui ai demandé ce qui l'avait inspiré à créer son premier album musical, il m'a répondu avec un grand sourire : « Tu commences à travailler sur ton premier album le jour de ta naissance. Mais ça, tu ne le sais pas. Ça commence le jour où ta grand-mère te chante des berceuses! »

Au début de sa carrière, il ne pouvait imaginer le succès qu'il allait obtenir en 2002, en réunissant autour de lui près de 150 chanteurs et musiciens dans le cadre d'un projet unique en Israël qui deviendra sa signature : The Idan Raichel Project. Un métissage sonore dans lequel on retrouve des sonorités issues de ses racines familiales d'Europe de l'Est et de l'ancienne URSS et, surtout, des cultures importées en Israël par les vagues d'immigrants juifs d'Afrique et d'Amérique latine.

Mais ce projet a tout à coup dépassé la scène musicale : « Nous créons des ponts entre ces cultures » affirme-t-il, ajoutant que la clé du succès de son projet, au-delà de la musique, reste l'acceptation des autres et l'appréciation des différences entre nous.

Depuis, il voyage avec ses chanteurs et ses musiciens à travers le monde. Il s'associe toujours avec d'autres grands artistes, comme le chanteur malien Vieux Farka Touré, avec qui il a enregistré deux albums.

Idan Raichel, de confession juive, marié à une catholique autrichienne, n'hésite pas à monter sur scène avec des artistes vedettes musulmans du Pakistan, de Palestine et d'Afrique. Plusieurs y verront un véritable pont d'espoir entre les religions, qui ne font pas toujours bon ménage au Moyen-Orient. Mais d'autres restent sceptiques et l'accusent de participer à une campagne de propagande du gouvernement israélien pour détourner l'attention du public de ses violations des droits des Palestiniens.

C'est ce que scandaient des dizaines de manifestants devant la salle de concert de New York où j'ai rencontré Idan Raichel. Des manifestations anti-Israël auxquelles il est habitué et qui accompagnent presque tous ses concerts, me disait-il, surtout aux États-Unis. Même s'il ne cache pas son attachement à son pays natal et son appui patriotique à l'armée israélienne, il affirme ne vouloir faire que de la musique et non de la politique.

« Quand Vieux Farka Touré, qui vient d'un pays musulman ravagé par Al-Qaïda, chante sur les ondes des radios populaires d'Israël, c'est ça qui ouvre l'esprit et le cœur des gens. Et c'est ça qui crée l'espoir. »

New York, le 16 octobre 2015. Des manifestants devant scandent : « Musique pour la libération et non pour blanchir l'occupation! »Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

New York, le 16 octobre 2015. Des manifestants devant scandent : « Musique pour la libération et non pour blanchir l'occupation! »

Photo : ICI Radio-Canada

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