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Deux poids, deux mesures : un groupe winnipégois réclame le traitement égal des réfugiés

À Winnipeg, la réfugiée congolaise et mère de cinq enfants Maria Musenga devra rembourser un prêt fédéral de 9000 $ avant qu’elle puisse faire venir sa fille de l’Afrique.

À Winnipeg, la réfugiée congolaise et mère de cinq enfants Maria Musenga devra rembourser un prêt fédéral de 9000 $ avant qu’elle puisse faire venir sa fille de l’Afrique.

Photo : CBC

Radio-Canada

Un centre d'aide pour les nouveaux arrivants à Winnipeg implore Ottawa de traiter les réfugiés de façon équitable, peu importe leur pays d'origine.

Les 25 000 réfugiés syriens accueillis ou attendus sous le gouvernement de Justin Trudeau sont exemptés des frais de transport, mais pas ceux qui sont arrivés avant le jour de l'assermentation des libéraux, ni ceux en provenance d'autres pays.

Aileen Krush de Supporting Employment and Economic Development (SEED), organisme à but non lucratif consacré à la lutte contre la pauvreté et à l'installation des nouveaux arrivants à Winnipeg, dit qu'elle est reconnaissante que le gouvernement fédéral efface les dettes des réfugiés syriens. Cependant, elle souligne que les réfugiés d'autres pays méritent tout autant la clémence accordée aux Syriens.

Aileen Krush, de l'organisme winnipégois SEED, affirme que ce sont les histoires comme celle de la famille Musenga qui la font pleurer.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Aileen Krush, de l'organisme winnipégois SEED, affirme que ce sont les histoires comme celle de la famille Musenga qui la font pleurer.

Photo : CBC

La Winnipégoise travaille actuellement avec la réfugiée congolaise Maria Musenga pour aider la femme déplacée et ses quatre enfants à rembourser un prêt de 9000 $, sans quoi, elle ne pourrait faire venir sa fille d'Afrique.

« La première chose à laquelle je pense quand j'ouvre les yeux le matin, c'est l'argent que je dois au Canada. Ensuite, je pense à ma fille », dit Maria Musenga, par l'intermédiaire de l'interprète Jean-Pierre Kisama, traduisant du swahili, la langue maternelle de Mme Musenga.

Naomi Musenga, qui fête ses 14 ans vendredi, est paralysée d'un côté et souffre de malnutrition. À l'heure actuelle, elle habite un hôpital en Ouganda, loin de sa mère et ses quatre frères et sœurs.

En fait, [Maria Musenga] a beaucoup de soucis, et les soucis amènent beaucoup de stress. Il arrive parfois qu'elle ne mange pas toute la journée. Elle est à bout.

Jean-Pierre Kisama, interprète de Maria Musenga

« Depuis qu'elle est au Canada, la santé de sa fille n'est pas la moindre de ses préoccupations, constate Aileen Krush. En plus de faire vivre ses quatre enfants ici, [Maria] devait commencer à repayer son prêt fédéral dans les 30 jours suivant leur arrivée. »

Deux ans après leur atterrissage sur le sol canadien, la famille Musenga a réussi à rembourser près de 5900 $ de leurs frais de transport. Toujours est-il que la jeune Naomi ne pourra retrouver sa famille avant que la dette d'environ 9000 $ ne soit payée dans son intégralité.

Ces [prêts fédéraux] déchirent les familles.

Aileen Krush

 En outre, le gouvernement perçoit des intérêts sur les prêts de transport, alourdissant le fardeau pour les réfugiés qui tentent de refaire leur vie ici, après avoir souvent tout abandonné dans leur pays d'origine.

Une dette moyenne de 3000 $

Une révision faite par le gouvernement fédéral révèle qu'environ 90 % des réfugiés doivent rembourser des emprunts reçus en vertu du Programme des prêts aux immigrants. Leur dette se chiffre en moyenne à 3000 $, plus les intérêts.

Lorsque le gouvernement Trudeau est arrivé au pouvoir, il a décidé de prendre en charge les frais de voyage et d'examens médicaux des réfugiés syriens arrivés après le 4 novembre, soit la date de son assermentation.

Ceux originaires d'autres pays ainsi que les Syriens arrivés avant cette date doivent toujours assumer ces frais.

Le ministre de l'Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, John McCallum, a promis d'examiner de près le système.

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