•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

12 médecins sanctionnés pour comportements inappropriés en Saskatchewan depuis 2000

L'enquête de CBC révèle que les médecins sanctionnés se voient souvent accorder une seconde chance.

L'enquête de CBC révèle que les médecins sanctionnés se voient souvent accorder une seconde chance.

Photo : ICI Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

En Saskatchewan, 48 médecins ont été sanctionnés au cours des 15 dernières années, dont 12 pour des comportements inappropriés envers leurs patients, révèle une enquête de CBC.

Ces 12 Saskatchewanais font partie de 250 médecins à travers le pays qui se sont vu reprocher, selon l'examen de leurs dossiers disciplinaires, des actes comme des agressions sexuelles, des attouchements ou des relations personnelles entre 2000 et 2015. Parmi eux, moins du tiers ont perdu leur licence et 185 ont été autorisés à continuer à pratiquer la médecine au pays.

CBC a aussi identifié 28 médecins qui ont fait face à des mesures disciplinaires plus d'une fois pour des comportements inappropriés avec leurs patients. Cinq d'entre eux continuent leur pratique.

Plus de transparence demandée

Ces données choquent la professeure à l'Université de Winnipeg Marilou McPhedran, qui se spécialise dans les cas d'abus sexuels auprès des patients, mais elles ne la surprennent pas. Mme McPhedran souhaite plus de transparence en ce qui a trait aux sanctions imposées aux médecins à travers le pays.

En 1991, un groupe de travail qu'elle dirigeait a recommandé l'instauration d'une banque de données à cet effet, qui n'existe toujours pas à ce jour. Elle ajoute que l'information disponible à propos des médecins varie de province en province.

En Saskatchewan, le Collège des médecins et des chirurgiens ne peut pas rapporter des cas d'abus sexuels à la police, comme cela se fait en Ontario, puisqu'il faut le consentement du patient pour partager cette information personnelle relative à la santé de l'individu. Le Collège affirme tout de même fournir les informations aux gens qui souhaitent porter plainte contre des médecins dans des cas d'agression.

Les patients ont par ailleurs la possibilité de consulter eux-mêmes le site Internet de l'organisation pour voir la liste des médecins sanctionnés et les gestes reprochés.

Le cas du Dr Amjad Ali

Le Dr Amjad Ali, médecin à Regina, a été sanctionné par le Collège des médecins et des chirurgiens de la Saskatchewan, mais il a été autorisé à continuer sa pratique.

Il a d'abord été sanctionné en 2004 pour des remarques à caractère sexuel à l'endroit de deux patientes. Le médecin, par le biais de son avocat, avait nié les accusations lors des audiences.

Le Collège des médecins et chirurgiens de la Saskatchewan l'avait forcé à suivre un programme éducatif de réhabilitation. Il était toujours autorisé à pratiquer, mais le Collège avait demandé à ce qu'un tiers soit présent lorsqu'une femme est dans son bureau et qu'une affiche dans la salle d'attente le mentionne.

Sept ans plus tard, il a été sanctionné une seconde fois par le Collège pour des comportements inappropriés envers trois patientes. Deux patientes ont affirmé qu'il leur avait demandé de s'engager dans des relations amoureuses avec lui et une troisième s'est plainte qu'il lui ait révélé des détails sur sa vie amoureuse.

Le médecin avait plaidé coupable à une seule des accusations qui pesaient contre lui, mais il a été reconnu coupable des trois. Son droit de pratique a été révoqué et il a dû payer une amende. Il a par la suite porté la décision en appel, et la décision le concernant n'a toujours pas été rendue.

Enfin, selon le site Internet du Collège des médecins, le Dr Amjad Ali a de nouveau plaidé coupable à cinq nouvelles accusations en 2013, notamment pour avoir pratiqué sans licence et avoir facturé des honoraires exagérés pour des prescriptions de marijuana.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !