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Elizabeth May à l'ONÉ : « le projet Trans Mountain doit mourir ici et maintenant »

Elizabeth May

Elizabeth May

Photo : La Presse canadienne / Chad Hipolito

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La chef du Parti vert Elizabeth May a présenté ses arguments contre le projet d'expansion du pipeline Trans Mountain de la compagnie Kinder Morgan lors des audiences de l'Office national de l'énergie (ONÉ) à Burnaby, près de Vancouver.

Un texte de Anne-Diandra LouarnTwitterCourriel

Dans son discours de 45 minutes, Elizabeth May a voulu mettre l'accent sur les défaillances de Kinder Morgan en matière d'évaluation environnementale. « Ils n'ont conduit qu'une seule étude de 10 jours et n'avaient pas le matériel adéquat. Les personnes ayant réalisé l'étude, dans leurs conclusions, ont recommandé de reproduire l'étude dans de meilleures conditions. Ça n'a pas été fait », affirme l'élue de Saanich-îles du Golfe qui estime, en outre, que l'ONÉ n'est pas « compétent » pour juger les évaluations environnementales.

Selon elle, Kinder Morgan ne peut pas se reposer sur la technologie et les systèmes de détection en place pour répondre aux risques de déversements ou de fuites de pipeline. « Nous savons que 81 % du déversement dans le fleuve Kalamazoo dans le Michigan s'est produit après le déclenchement des alarmes parce que les employés ont choisi de les ignorer. Il faut prendre en compte l'erreur humaine », a-t-elle déclaré à titre de comparaison.

Elizabeth May implore l'ONÉ

Autre argument soulevé par Elizabeth May : le changement climatique. « Nous venons de signer les accords de Paris qui visent une limitation du réchauffement climatique non pas à 2 degrés, mais 1,5 degré. Nous devons nous diriger vers un avenir différent pour l'énergie », a-t-elle martelé.

Et de conclure en interpellant le conseil de l'ONÉ : « Je vous implore, je vous supplie de ne pas recommander le projet Trans Mountain à Ottawa. Il doit mourir ici et maintenant ». S'il est approuvé, le projet Trans Mountain permettra de tripler la capacité de l'oléoduc existant pour acheminer quotidiennement 890 000 barils de produits pétroliers depuis l'Alberta vers le port de Burnaby. L'ONÉ devrait dire au gouvernement fédéral s'il approuve ou non le projet le 20 mai prochain. Ottawa aura ensuite trois mois pour rendre sa décision.

Aaron Bruce lors des audiences de l'Office national de l'énergie au sujet de Trans Mountain.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Aaron Bruce lors des audiences de l'Office national de l'énergie au sujet de Trans Mountain.

Photo : Capture/ONÉ

Des membres des Premières Nations ont aussi pris la parole et notamment Aaron Bruce, conseiller juridique pour la nation Squamish, qui a prononcé un discours de 45 minutes principalement autour des valeurs autochtones incompatibles avec le projet Trans Mountain. « Nous ne parlons pas d'un territoire. C'est de notre maison qu'il s'agit. (...) L'amour pour notre terre est comme le vent, toujours présent, il n'ira nulle part », a-t-il déclaré au bord des larmes.

Aaron Bruce demande expressément que soit interrompus le projet et les audiences de l'ONÉ pour laisser le temps au gouvernement fédéral de réformer les procédures d'évaluation tel que Justin Trudeau l'a promis pendant sa campagne. « Prendre en compte la voix des Premières Nations est une obligation constitutionnelle. Elle actuellement, elle n'est pas respectée », a-t-il lancé, ajoutant que l'ONÉ avait désormais l'occasion de redresser la barre en arrêtant les audiences et en considérant l'autorité des Premières Nations dans ce dossier.

Pas d'accès public aux audiences

Le porte-parole autochtone a également regretté que les médias et le public ne soient pas autorisés dans la salle des audiences, même si une caméra diffuse en direct sur Internet les discussions.

L'Association des libertés civiles de la Colombie-Britannique (BCCLA) a publié une lettre ouverte demandant à l'ONÉ d'ouvrir l'accès aux audiences « au nom du principe de transparence de la justice ».

BCCLA dénonce les chaises vides de la salle des audiences de l'ONE et estime qu'empêcher l'accès au public pourrait être « illégal ». L'ONE a fait le choix de fermer ses portes pour « limiter de potentielles distractions ».

Pour contourner l'obstacle, l'organisme Dogwood initiative a installé un ordinateur dans la rue, près du lieu des audiences, pour diffuser en direct et entouré de quelques militants anti-pipeline, les interventions des Premières Nations et d'Elizabeth May.

Kinder Morgan affirme avoir consulté 133 Premières Nations britanno-colombiennes et albertaines, mais n'a publié qu'une trentaine de lettres de soutien, sans préciser si ces communautés se trouvaient sur la trajectoire du pipeline.

Les audiences doivent se poursuivre jusqu'au 29 janvier avant d'être déplacées quelques jours à Calgary.

Des militants anti-pipeline rassemblés dans la rue pour regarder les audiences de l'ONÉ inaccessibles au public depuis un ordinateur.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des militants anti-pipeline rassemblés dans la rue pour regarder les audiences de l'ONÉ inaccessibles au public depuis un ordinateur.

Photo : Kai Nagata/Dogwood initiative

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