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2015, de loin l'année la plus chaude enregistrée dans le monde... mais pas au Canada

La planète Terre

La planète Terre

Photo : iStock

Radio-Canada

2015 a été de loin l'année la plus chaude jamais enregistrée au plan mondial, ont annoncé mercredi deux agences gouvernementales américaines, la NASA et la NOAA (Agence nationale océanique et atmosphérique). Mais Environnement Canada indique que le pays fait figure d'exception.

Selon les données des agences américaines, la température moyenne mondiale a été de 0,90 degré Celsius supérieure à la moyenne du XXe siècle, et elle a battu le précédent record, établi par l'année 2014, de 0,16°C. C'est la quatrième fois qu'un record est battu pour la température moyenne mondiale depuis le début du XXIe siècle, indiquent ces deux agences dans un résumé de leur rapport annuel.

« 2015 a été remarquable, même dans le contexte d'une tendance plus large au réchauffement sur le long terme », a déclaré Gavin Schmidt, directeur de l'institut d'études spatiales Goddard de la NASA.

Chaque année ne sera pas plus chaude que la précédente

Mais bien que 2014 et 2015 aient été des années chaudes, cela ne signifie pas pour autant qu'un autre record sera nécessairement enregistré en 2016, explique la climatologue Valérie Masson-Delmotte, membre du bureau du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC).

En effet, bien que le réchauffement soit « inéluctable, chaque année ne sera pas plus chaude que la précédente », dit la climatologue.

« La température fluctue d'une année à l'autre, d'une décennie à l'autre, d'expliquer Valérie Masson-Delmotte. Ce qui est remarquable, c'est la tendance d'ensemble au réchauffement sur plusieurs dizaines d'années. »

On ne s'attend pas à ce que chaque année soit plus chaude que la précédente, mais le climat se réchauffe, il va continuer à se réchauffer quoi qu'on fasse pendant quelques dizaines d'années et il va rester plus chaud pendant plusieurs siècles.

Valérie Masson-Delmotte qui est membre du bureau du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC)

La scientifique explique aussi que le climat va se réchauffer et ce, même si on cessait sur-le-champ de rejeter des gaz à effet de serre. En effet, il y a déjà une perturbation dans l'atmosphère, à laquelle réagit le climat. Cela s'explique de la manière suivante :

  • le CO2 émis reste longtemps dans l'atmosphère: entre 10 % et 30 % des émissions d'aujourd'hui continueront à agir pendant au moins 1000 ans;
  • quand on perturbe le climat, on déclenche des phénomènes amplificateurs comme un recul de la banquise et la perte de son effet miroir;
  • on ne reviendra pas en arrière car la plupart de la chaleur supplémentaire n'est pas stockée dans l'atmosphère mais dans les océans, à plus de 90 %.

C'est la faute à El Niño

La forte augmentation constatée l'an dernier est due en partie à El Niño, phénomène météorologique qui a des répercussions dans le monde entier et survient tous les deux à sept ans, et dont le dernier épisode est particulièrement puissant. Mais, selon les scientifiques, les activités humaines, notamment les combustibles fossiles, ont été le principal facteur à l'origine de cette poussée du mercure.

« Nous n'aurions pas assisté à un réchauffement record sans une tendance sur le long terme », a dit Schmidt.

Le dernier épisode El Niño a débuté en 2015 et doit durer jusqu'au printemps 2016.

Le Canada, rebelle climatique

Au Canada, la dernière année a seulement été la 11e plus chaude depuis que les températures sont compilées, a révélé Environnement Canada.

De manière générale, la température moyenne au Canada a connu une hausse de 1,3 degré Celsius comparativement à la moyenne historique des 68 dernières années.

Cette moyenne nationale cache cependant des réalités régionales plus étonnantes. Les provinces atlantiques sont ainsi l'une des deux seules régions du globe à avoir vécu des températures plus froides qu'à l'habitude, l'autre région étant un petit secteur du sud de l'Argentine.

Il faut dire que l'hiver a été particulièrement froid dans l'Est canadien.

Quelques mois plus tard, le centre du pays vivait son automne le plus chaud depuis que les températures sont compilées.

N'eût été des températures automnales particulièrement douces, l'est du Canada aurait connu une année anormalement froide, croit le météorologue David Phillips, d'Environnement Canada.

L'année 2015 a été particulièrement chaude en Colombie-Britannique et au Yukon, dans les Prairies canadiennes ainsi que dans les Territoires du Nord-Ouest.

Avec les informations de Reuters, Agence France-Presse, et La Presse canadienne

Environnement