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13 salons de massage soupçonnés d'offrir des services sexuels dans Rosemont-La Petite-Patrie

Le reportage de François Cormier

Les autorités soupçonnent 13 salons de massage érotique d'offrir des services sexuels et de faire affaire avec des prostituées, dans l'arrondissement de Rosemont-La Petite-Patrie, à Montréal. Un groupe de citoyens est d'ailleurs exaspéré de voir que l'un d'entre eux a pu obtenir un permis municipal pour s'installer dans un quartier résidentiel.

Un texte de François CormierTwitterCourriel

Jocelyn Bélair demeure depuis 21 ans dans Rosemont-La Petite-Patrie, un arrondissement également très populaire auprès des familles et des jeunes professionnels. Depuis deux ans, un nouveau voisin s'est installé près de chez lui, le salon de massage Jasmine.

« Il y a trois écoles autour. Je ne pense pas que ce soit le meilleur endroit pour un bordel », estime Jocelyn Bélair. « On a des jeunes femmes, des gens qui font du jogging. Moi j'ai peur pour leur sécurité », poursuit-il.

Jocelyn Bélair fait partie d'un groupe de citoyens qui a amorcé des démarches, il y a plusieurs mois, pour sensibiliser les élus du secteur à leur cause. « On ne sait plus à qui parler. On ne sait plus si on parle au bon palier de gouvernement. S'il faut aller au provincial ou au fédéral », dit-il.

Que font les autorités municipales?

Le maire de Rosemont-La Petite-Patrie, François W. Croteau, assure que les autorités municipales travaillent avec les policiers et se penchent sur le problème. Au total, 44 établissements ont obtenu un permis de salon de massage. Certains sont tenus par des massothérapeutes reconnus par une association professionnelle. D'autres, 13 selon ce que soupçonnent les policiers, font plutôt dans le massage érotique.

M. Croteau indique que les moyens de l'arrondissement sont limités pour sévir contre un salon de massage. « Quand le commerçant vient faire sa demande, nous ne pouvons pas présumer que le commerçant fera des activités illégales », explique le maire d'arrondissement. « Dans ce cas, il faudrait envoyer un inspecteur de la Ville se faire masser pour illustrer qu'il y a prostitution. On ne peut pas faire ça. Il faut travailler avec la police. »

Selon l'arrondissement, les policiers n'interviendraient pas dans cet établissement parce qu'il n'y aurait pas de traite de personnes, de proxénétisme ou de prostitution juvénile. Mardi, Radio-Canada n'a pas été en mesure d'obtenir une entrevue avec le Service de police de la Ville de Montréal.

Le conseiller municipal d'Équipe Coderre pour Montréal, Marc-André Gadoury, presse toutefois le maire d'arrondissement d'agir et l'accuse de se traîner les pieds. « Il ne semble pas avoir la volonté de régler le problème. Les citoyens le demandent depuis longtemps. Les solutions sont connues. Maintenant, il faut que le maire d'arrondissement passe à l'action », lance Marc-André Gadoury.

Prostitution : un propriétaire de salon qui ne s'en cache pas

Le propriétaire du salon Jasmine ne cache pas que des prostituées travaillent dans son établissement. Il prévient par contre qu'il ne demande pas aux filles de se prostituer. Elles sont engagées pour faire des massages, mais elles peuvent aller plus loin, une fois rendues dans la chambre avec le client.

« Les policiers sont au courant. C'est la première chose que je leur ai dite quand ils sont venus me voir il y a quelques années [dans mon ancien établissement], c'est qu'il y en avait », concède Frédéric Archambault.

Le propriétaire est d'accord avec ses voisins : un salon de massage érotique ne devrait pas avoir pignon sur rue dans un quartier résidentiel. « Selon moi, chaque arrondissement devrait avoir un secteur où les salons de massages sont tolérés. Il ne faudrait pas que nous soyons tous confinés au centre-ville », poursuit-il.

Société