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Sévir contre les salons de massage érotique est plus complexe que prévu à Montréal

Une enseigne d'un salon de massage

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

En novembre 2013, lors de son arrivée au pouvoir, l'un des premiers engagements du maire Denis Coderre était de sévir contre les salons de massage érotique. Deux ans plus tard, l'administration municipale concède que l'opération s'est avérée plus complexe que prévu.

Un texte de François CormierTwitterCourriel

Lors d'une entrevue à Radio-Canada, la vice-présidente du comité exécutif et responsable de la sécurité publique, Anie Samson, insiste pour dire que des gestes ont été posés. « J'ai fait une tournée des gens impliqués. J'ai parlé aux salons de massage érotique, à leur association, aux organismes qui représentent les filles et j'ai rencontré ceux qui étaient contre les salons de massage », explique Mme Samson.

L'administration Coderre s'est aperçue que certaines prémisses sur lesquelles elle avait forgé son opinion étaient moins importantes qu'elle ne le croyait. « On pensait au début que c'était de la traite des femmes partout dans les salons de massage érotique. On s'est rendu compte que 90 % des femmes étaient là de façon volontaire, illustre Anie Samson. On pensait aussi qu'il y avait beaucoup de mineures. Il n'y avait pas beaucoup de mineures. »

Les policiers agissent sur certains cas précis

Autre élément changeant la donne : le jugement de la Cour suprême qui a invalidé les dispositions du Code criminel encadrant la prostitution. Les policiers de Montréal agissent donc maintenant dans certains cas précis.

« Nous nous sommes entendus avec le Service de police. C'est tolérance zéro avec les jeunes mineures, pour la traite des femmes et aussi pour tout ce qui est échange de drogues », explique Anie Samson.

Les arrondissements appelés à intervenir

L'administration Coderre appelle les arrondissements à envoyer des inspecteurs si on soupçonne que les activités d'un commerce ne correspondent pas au permis délivré. « Actuellement, ce sont des pouvoirs des arrondissements, indique Anie Samson. Les citoyens doivent faire des plaintes. Ils doivent parler à leurs élus. »

Le maire de l'arrondissement de Rosemont-La Petite-Patrie, François William Croteau, nuance en expliquant qu'il est difficile d'envoyer des inspecteurs dans un salon de massage pour constater que les services sont de nature sexuelle.

« Je vous donne l'exemple d'un restaurant avec serveuses sexy. C'est facile de faire la démonstration qu'il y a bien une activité non conforme. On entre dans les restaurants et on voit une serveuse dénudée. Dans le cas d'un salon de massage, pour en faire la démonstration, il faut constater l'activité. On ne peut pas envoyer un inspecteur faire le travail de la police », dit-il.

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