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Crise migratoire : Donald Tusk lance un ultimatum à l'UE

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, lors d'un point de presse en Belgique (archives).

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, lors d'un point de presse en Belgique (archives).

Photo : Eric Vidal / Reuters

Reuters
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'Union européenne n'a « pas plus de deux mois » pour maîtriser la crise migratoire ou elle devra tirer un trait sur l'espace Schengen de libre circulation, a déclaré mardi le président du Conseil européen, Donald Tusk, devant le Parlement européen.

« Le conseil du mois de mars sera la dernière possibilité pour voir si notre stratégie fonctionne. Si ce n'est pas le cas, nous ferons face à des conséquences très graves, par exemple l'effondrement de Schengen », a-t-il dit.

Donald Tusk a également mis en garde contre le risque d'échec du « projet politique » européen si l'ensemble communautaire ne parvient pas à exercer un contrôle efficace à ses frontières extérieures.

L'Europe se heurte depuis l'année dernière à la plus grave crise migratoire qu'elle ait connue depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale.

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a tenu des propos tout aussi alarmistes en appelant les États membres à appliquer les propositions de son collègue : création d'un corps de gardes-frontières européen, centres de contrôle aux frontières extérieures et délocalisation des réfugiés au sein des États membres.

La Hongrie, la Slovénie, l'Autriche, le Danemark et la Suède ont déjà rétabli des contrôles aux frontières.

« À frontières communes, gestion commune. Si nous ne comprenons pas cela, Schengen n'y survivra pas. »

— Une citation de  Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne

« La Commission [européenne] a déjà présenté tous les éléments nécessaires pour gérer avec efficacité la crise des réfugiés », a-t-il estimé en lançant un appel aux États pour qu'ils les mettent maintenant en oeuvre et retrouvent « l'esprit pionnier de la construction européenne ».

Les eurodéputés ont eux-mêmes souligné le peu de résultats qui ont suivi les décisions des Vingt-Huit avec, selon Guy Verhofstadt, président du groupe Libéral et démocrate, « 290 réfugiés délocalisés sur 160 000 [prévus] et 3000 nouveaux migrants arrivant chaque jour aux frontières de la Grèce ».

« Mais j'en ai marre d'entendre ça, nous n'avons pas besoin de plus d'analyses, nous avons besoin d'action. »

Vague de froid pour les petits réfugiés

À la gare de train de Presevo, en Serbie, une migrante serre son bébé dans ses bras en attendant le train qui la mènera jusqu'en Croatie.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

À la gare de train de Presevo, en Serbie, une migrante serre son bébé dans ses bras en attendant le train qui la mènera jusqu'en Croatie.

Photo : Marko Djurica / Reuters

Pendant ce temps, des milliers d'enfants qui cheminent sur la route des réfugiés entre la Turquie et l'Europe du Sud-Est risquent de mourir de froid dans les 15 jours à venir, a annoncé mardi l'UNICEF.

L'Organisation météorologique mondiale (OMM) annonce des températures inférieures à la normale et de lourdes chutes de neige au cours des deux prochaines semaines dans l'est de la péninsule des Balkans, en Turquie, dans l'est de la Méditerranée, ainsi qu'en Syrie, au Liban, en Israël et en Jordanie.

« De nombreux enfants qui sont en route n'ont pas de vêtements adéquats ni l'accès à une nourriture correcte », a déclaré lors d'un point de presse Christophe Bouliérac, porte-parole du Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF).

Prié de dire si les enfants pourraient mourir de froid, il a déclaré : « Le risque est clairement très, très élevé. »

Selon l'association humanitaire Save the Children, les enfants accostent sur l'île grecque de Lesbos vêtus de simples t-shirts et sont trempés après avoir voyagé sur des canots pneumatiques impropres à la navigation en mer.

L'association ajoute avoir été informée par les travailleurs humanitaires du centre de réception frontalier de Presevo, en Serbie, qu'il y avait là-bas une épaisseur de 15 cm de neige.

« Les enfants arrivent les lèvres bleues, en grande détresse et tremblant de froid. »

— Une citation de  Save the Children, par voie de communiqué

Les températures devraient chuter à -20 °C à Presevo et à -13 °C à la frontière entre la Grèce et la Macédoine.

Les enfants ont représenté l'an dernier un quart du million de migrants et de réfugiés arrivés en Europe par la Méditerranée.

Selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), un peu plus de 1700 personnes arrivent chaque jour en Grèce en ce mois de janvier, soit un peu moins de la moitié du flux constaté en décembre (3500).

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