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Adoption et santé mentale : la députée Agnès Maltais interpelle Québec

Agnès Maltais et Luc Vigneault

Agnès Maltais et Luc Vigneault

Photo : ICI Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La députée Agnès Maltais réclame l'intervention du ministre de la Santé et des Services sociaux afin qu'un couple qui s'est fait refuser la possibilité de devenir famille d'acceuil puisse obtenir une évaluation psychosociale.

Luc Vigneault et Nathalie Hébert multiplient les démarches depuis près de 5 ans afin d'adopter un enfant québécois par le biais du programme québécois de banque mixte.

Mais le Centre jeunesse de Québec a rejeté la candidature du couple parce qu'ils ont tous deux souffert de problème de santé mentale par le passé. Le dossier a été refusé avant l'étape de l'évaluation psychosociale.

« Pour moi, c'est inacceptable en 2016 que des gens qui sont rétablis, qui sont fonctionnels, qui travaillent, qui vont bien, qu'on leur interdit d'avoir une évaluation sur la base de préjugés », dénonce Luc Vigneault, qui travaille justement à la réinsertion des personnes souffrant de troubles mentaux.

M. Vigneault est pair aidant à l'Institut universitaire de santé mentale de Québec. Il a été diagnostiqué schizophrène il y a plusieurs années, mais contrôle bien les symptômes de sa maladie. 

La députée de Taschereau parle de « stigmatisation » et y voit un cas possibl de « discrimination ». 

« Pourquoi est-ce que ces deux personnes n'ont jamais eu droit à une évaluation psychosociale comme tous les parents qui veulent accéder à la banque mixte? D'après tous les documents qu'on a, c'est parce qu'ils ont eu un passé en santé mentale », soutient Agnès Maltais.

La députée demande au ministre de la Santé, Gaétan Barrette, et à la ministre déléguée à la Réadaptation, à la Protection de la jeunesse et à la Santé publique, Lucie Charlebois, d'intervenir, rappelant la politique du gouvernement de « combattre les préjugés sur la maladie mentale ».

Des lettres ont déjà été envoyées à la ministre, sans succès.

Agnès Maltais demande que le couple puisse subir rapidement une évaluation psychosociale et que celle-ci soit réalisée dans un autre centre jeunesse que celui de Québec afin d'en assurer la neutralité.

Appui de psychiatres

Lors d'un point de presse lundi, deux psychiatres et collègues de Luc Vigneault ont témoigné en faveur du couple, qui est totalement apte selon eux à devenir parent d'un enfant issu de la Direction de la protection de la jeunesse.

La Dre Marie-Josée Pouliot, chef médical du programme de psychiatrie périnatle, croit que les difficultés que leur couple a traversées représenteraient même un atout.

« Des gens qui ont traversé des moments difficiles dans leur vie, qui ont eu des dépressions, des troubles anxieux, des troubles bipolaires, même de la schizophrénie, et qui vont très bien présentement, sont souvent les personnes les plus capables de saisir les besoins d'un enfant qui a des difficultés », estime la psychiatre.

Luc Vigneault déplore « l'incohérence » du gouvernement, alors qu'il est employé d'un établissement chapeauté par le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS), lequel gère aussi le Centre jeunesse de Québec.

« J'ai de la misère à rentrer travailler à l'hôpital présentement et de dire que notre beau CIUSSS me stigmatise, moi qui est engagé par eux aussi pour aider mes pairs à se rétablir. C'est une incohérence. »

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