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Des couples voient leur rêve d’avoir un enfant compromis par la loi 20

La procréation assistée soulève des enjeux éthiques nouveaux.

Photo : CBC

Radio-Canada

L'adoption de la loi 20 qui restreint l'accès au programme public de procréation assisté, en novembre, rend le rêve de plusieurs couples infertiles plus difficile à réaliser.

La loi met fin à la gratuité du programme de procréation assistée et remplace celui-ci par un système de crédits d'impôt pour les familles à faible revenu. La gratuité ne sera maintenue que lorsque la fertilité est compromise, par exemple lorsqu'une personne subit des traitements de chimiothérapie, et pour les services d'insémination artificielle rendus par un médecin.

Un couple de Chibougamau, Valérie Bérubé-Dallaire et François Déry, a eu recours à la procréation assistée pour sa première fille, Léa. Les parents rêvent d'un deuxième enfant, mais ils doivent maintenant payer 700 dollars à chaque tentative et se rendre à la seule clinique de fertilité du Saguenay-Lac-Saint-Jean, dans l'arrondissement de Chicoutimi.

« On part de Chibougamau tous les mois pour éventuellement faire un frère ou une sœur à notre petite Léa, raconte Valérie Bérubé-Dallaire. C'est un pensez-y-bien. Il faut se dire on y va tu, on y va tu pas? Puis la route de Chibougamau aussi, ce n'est pas gratuit. Tu sais un 700 à 800 dollars sur un budget familial, ça paraît. »

Valérie Bérubé-Dallaire et François Déry racontent leurs démarches


Pour les couples qui doivent se rendre jusqu'à la méthode plus poussée de fécondation in vitro, les coûts dépassent 10 000 dollars.

« On parle d'une stimulation des ovaires en incluant les médicaments, les échographies, les transferts d'embryons, précise la gynécologue responsable de la clinique de fertilité, Catherine Simard. Mais par la suite, si le couple n'a pas d'embryons congelés qui ont résulté de la fécondation in vitro et qu'il faut refaire un autre cycle, il faut repayer encore un 10 000 dollars. »

Québec a toutefois mis en place des mesures transitoires. Ainsi, les couples qui étaient dans un processus de procréation assistée avant le 10 novembre ont encore droit à la gratuité.

Pour l'instant, la clientèle est demeurée stable à la clinique de fertilité de Chicoutimi qui a reçu 712 patientes entre avril 2014 et mars 2015. Parmi elles, 559 ont eu recours à un donneur et 140 femmes ont utilisé la fécondation in vitro.

On fait autant de consultations qu'avant, on voit autant de gens qu'avant. Par contre, c'est certain que les fécondations in vitro vont éventuellement diminuer.

Dre Catherine Simard, responsable de la clinique de fertilité

Valérie Bérubé-Dallaire et François Déry se donnent quelques mois pour tenter de réaliser leur rêve. Ils savent cependant qu'ils ne pourront assumer les coûts des inséminations indéfiniment.

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Saguenay–Lac-St-Jean

Santé