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Une sauveteuse de chien sonne l'alarme dans les réserves autochtones

Jasmine Colucci a publié des photos dans sa page Facebook de chiens en détresses.

Jasmine Colucci a publié des photos dans sa page Facebook de chiens en détresses.

Photo : Jasmine Colucci

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Une sauveteuse de chien, qui a visité un bon nombre de Premières Nations du Manitoba, demande au gouvernement provincial d'agir afin d'aider les communautés autochtones en région éloignée avec leurs problèmes de chiens errants.

Jasmine Colucci, qui travaille pour K-9 Advocates Manitoba, a effectué des opérations de sauvetage de chien en janvier dans les réserves autochtones de Dakota Tipi, Sandy Bay, Norway House et Long Plain.

Elle a pris des photographies de chiens congelés et de chiens abattus d'une balle dans la tête. D'autres photographies montrent des chiens errants qui trouvent refuge dans les dépotoirs.

« Il y a des chiens partout. Ils sont maigres, très maigres. Ils ont des vers, des parasites et vivent parmi les ordures. »

— Une citation de  Jasmine Colucci

Jasmine Colucci affirme avoir vu des chiens chasser des rats dans les dépotoirs. Elle dit aussi avoir vu des chiots se faire manger par de gros rats.

Accompagnée de son assistant, David Brooker, elle se rend dans les communautés plusieurs fois par semaine afin d'offrir de l'aide aux membres qui en demandent.

Plusieurs organismes comme K-9 Advocates Manitoba existent dans la province et tous sont dépassés par la situation.

La plupart des communautés autochtones n'ont pas de règlement municipal ou de système en place afin de contrôler la population de chiens.

En seulement quatre mois, Jasmine et David ont secouru 150 chiens. Le duo aimerait maintenant faire de la prévention, mais pour le moment leur priorité est de répondre aux urgences.

Une situation qui inquiète les chefs des Premières Nations

Le chef de la première nation de Long Plain, Dennis Meeches, dit qu'il a instauré un règlement qui interdit d'avoir plus d'un chien par résidence, mais les membres ne respectent pas tous l'interdiction.

La communauté de Long Plain avait une entente avec une entreprise de Portage-la-Prairie, qui venait sur la réserve pour attraper les chiens, mais les propriétaires des animaux étaient agressifs avec eux et ils ont décidé de ne plus venir.

Le chef affirme que les chiens errants sont plus nombreux que jamais sur la réserve et il craint qu'un chien n'attaque un membre.

Un manque de ressource

En vertu de la Loi sur le soin des animaux, la province doit s'assurer que les propriétaires de chiens traitent bien leurs animaux et qu'ils ne sont pas maltraités ou négligés.

La population peut dénoncer un mauvais traitement au Bureau du vétérinaire en chef qui sera responsable d'ouvrir une enquête. Selon Jasmine Colucci, la demande est trop grande et il n'est pas possible de faire un suivi adéquat de tous les cas.

Seulement quatre officiers sont en poste à temps plein dans la province du Manitoba, alors qu'il existe des milliers de chiens dans les communautés éloignées.

Un porte-parole de la province affirme qu'il existe d'autres personnes qui peuvent faire respecter la loi, y compris la police, mais qu'une plainte doit être faite avant.

25 $ par queue

Certaines Premières Nations ont implanté un système d'abattage et de récompense qui rapporte 25 $ dollars par queue de chien rapportée. Le chef de Long Plain, Dennis Meeches, soutient que ce n'est pas le cas dans sa réserve, mais que cela existe ailleurs.

Il affirme qu'il tente de travailler avec les aînés, les chefs et les conseils de bande des autres communautés afin de minimiser le nombre de chiens abattus.

Jasmine Colucci croit que cet argent pourrait être utilisé dans un programme de stérilisation pour les chiens.

Le chef de la Première Nation Dakota Tipi, David Pashe, doute que cette approche puisse fonctionner dans sa communauté.

« Beaucoup de gens ici adorent les chiens. Ils n'aiment pas voir des chiens se faire stériliser. Pour beaucoup d'Autochtones, le chien est un animal sacré. »

— Une citation de  David Pashe

Jasmine Colucci croit qu'un programme de stérilisation serait efficace seulement si l'accès à un vétérinaire est facile et qu'ils peuvent se le permettre financièrement.

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