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Stress post-traumatique : un autre ambulancier au Nouveau-Brunswick se confie

Le reportage de Nicolas Steinbach
Radio-Canada

Un autre ambulancier au Nouveau-Brunswick, Camille Tremblay, prend la parole au sujet du stress post-traumatique à la suite de la sortie récente d'un collègue.

Un reportage de Nicolas Steinbach TwitterCourriel

Le travailleur paramédical Serge Brideau a démissionné la semaine dernière. Il a alors dénoncé un manque de soutien d'Ambulance Nouveau-Brunswick pour les ambulanciers qui souffrent de maladie mentale.

Un autre ambulancier, Camille Tremblay, de Kedgwick, qui compte plus de 20 ans d'expérience chez Ambulance N.-B., témoigne à son tout du stress post-traumatique. Il a pris sa retraite l'automne dernier. Déjà au mois d'août, il n'en pouvait plus.

« Aller au point où j'avais même, en dernier, peur de me rendre au travail, peur d'avoir des appels. Le 15 août, je m'étais rendu à l'hôpital parce que je ne me sentais pas bien. Je pensais que je faisais une crise [cardiaque]. C'était l'angoisse, c'était une peur vraiment. D'une chose à l'autre, les médecins ont dit: "Je pense que c'est le temps que tu prennes [une pause]". Je me suis aperçu que je ne pouvais plus penser à retourner au travail », explique Camille Tremblay.

Camille Tremblay, contrairement à Serge Brideau, ne blâme pas Ambulance N.-B., mais il estime qu'il y a un réel manque de sensibilisation au syndrome de stress post-traumatique et de soutien.

S'il y a un problème ou quelque chose, c'est plutôt l'encadrement après avoir subi un traumatisme quelconque, [l'appui] après le post-traumatique.

Camille Tremblay, ancien ambulancier

Des ambulanciers du Nouveau-Brunswick quittent la profession

Camille Tremblay croit qu'Ambulance N.-B. a un rôle à jouer en la matière, tout comme les travailleurs paramédicaux qui rompent le silence sur le stress post-traumatique.

« Il y a des gens qui [démissionnent], qui ne donnent des fois pas nécessairement la bonne raison pour laquelle ils partent. Je peux dire que juste dans notre coin, il y a quatre ou cinq personnes qui ont arrêté. Je suis pas mal certain que si on était là, qu'on allait chercher le pourquoi, ce serait pas mal la raison. À un moment donné, tu ne peux plus en prendre. Là, je parle de gens qu'on connaît. On est quoi dans la province, 700? Je peux vous dire qu'il y en a que ça fait longtemps qu'ils font ça, qui prennent du temps [de congé], qui pensent pouvoir revenir, mais qui ne veulent pas nécessairement mettre le doigt sur le bobo », ajoute Camille Tremblay.

Serge Brideau a aussi parlé la semaine dernière des ambulanciers qui s'en vont.

Serge BrideauSerge Brideau Photo : ICI Radio-Canada/Nicolas Steinbach

« Les gens, les jeunes, nos jeunes bons ambulanciers qui arrivent, qui sont là après un an ou deux ans, et ils voient la situation : "Bien là, je ne suis pas encore pris ici. Je suis en début de carrière. Je peux [postuler] pour la GRC, pour être pompier, pour la Garde côtière". Ils s'en vont. [...] Ils vont travailler dans d'autres provinces, ou ailleurs dans l'ouest du pays, les jeunes qui peuvent le faire. Les ambulanciers que ça fait plus longtemps qu'ils sont là, qui sont établis, d'excellents ambulanciers, souvent leur situation [familiale] et économique fait qu'ils sont pris », a expliqué Serge Brideau.

Selon l'Association des paramédics du Nouveau-Brunswick, une stratégie provinciale sur la santé mentale et les premiers répondants devrait voir le jour en 2016.

Le projet de loi 15, qui poursuit son chemin à l'Assemblée législative du Nouveau-Brunswick depuis le début de 2015, doit reconnaître que le syndrome de stress post-traumatique est un problème causé par l'accomplissement de fonctions, et il permettrait aux premiers répondants d'obtenir des traitements.

D'après le reportage de Nicolas Steinbach

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