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Les vagues déferlent sur Percé.

Les vagues déferlent sur Percé.

Photo : Radio Gaspésie Ariane Aubert Bonn

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le phénomène est familier aux populations côtières, notamment dans l'Est-du-Québec. La crue des eaux menace une fois de plus les propriétés aux abords du fleuve Saint-Laurent, mais comment définir les grandes marées? Comment sont-elles provoquées?

Un texte de Sébastien DesrosiersTwitterCourriel

Bon an mal an, des événements qu'on appelle grandes marées frappent les régions côtières. Des chercheurs, pour la plupart à l'Institut des sciences de la mer de Rimouski (ISMER), ont récemment publié un article dans la revue scientifique Le Naturiste canadien, où ils tentent de démystifier le phénomène et de déterminer à quoi on fait référence quand on parle de grandes marées.

Selon tous les calculs, les événements du 6 décembre 2010 répondent aux critères. Cette journée-là, la marée a augmenté de plus de quatre mètres en l'espace de 24 heures.

L'équipe de chercheurs démontre que l'addition de deux marées distinctes provoque de tels phénomènes.

Les grandes marées surviennent lorsque les mauvaises conditions météorologiques s'ajoutent à la marée haute.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les grandes marées surviennent lorsque les mauvaises conditions météorologiques s'ajoutent à la marée haute.

Photo : ICI Radio-Canada

Marée astronomique ou marée d'eaux vives

La variation du niveau d'eau est influencée périodiquement par les astres. « Lorsque la Lune est pleine, ça veut dire qu'elle est en opposition par rapport à la Terre et au Soleil, l'effet de marée sur le niveau de la mer est maximum. On a des marées de vives-eaux, où les marées hautes sont plus hautes et les marées basses sont plus basses », explique Dany Dumont, professeur-chercheur en océanographie physique à l'ISMER.

« La même chose se passe lorsque la Lune est nouvelle, donc lorsqu'elle est entre la Terre et le Soleil », précise-t-il. « Ça se passe deux fois par mois, grosso modo. »

Lorsque les astres sont alignés, la marée haute est susceptible d'être plus élevée. Les marées de vives-eaux et les marées de mortes-eaux se succèdent selon le cycle de la Lune.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Lorsque les astres sont alignés, la marée haute est susceptible d'être plus élevée. Les marées de vives-eaux et les marées de mortes-eaux se succèdent selon le cycle de la Lune.

Photo : ICI Radio-Canada

Selon les données compilées par l'équipe de chercheurs, les marées sont également plus fortes aux solstices qu'aux équinoxes. Or, le solstice d'hiver était il y a moins d'un mois, le 21 décembre.

La marée astronomique est donc un phénomène prévisible, dont l'effet est toutefois combiné aux conditions météorologiques, qui elles, sont imprévisibles.

Marée météorologique ou marée de tempête

Le vent et la pression atmosphérique sont les deux éléments majeurs qui influencent la marée météorologique. « Lorsqu'il y a des forts vents, il peut y avoir accumulation. Le vent pousse l'eau sur la côte en quelque sorte », explique Dany Dumont. « Il peut y avoir une élévation d'eau à un certain endroit si les vents se rencontrent, et cette élévation-là peut se propager comme une onde et affecter d'autres endroits. »

« L'atmosphère exerce elle aussi une pression à la surface de l'eau, qui n'est pas uniforme partout », ajoute-t-il. « Lorsqu'à un certain endroit la pression est plus faible, le niveau d'eau peut augmenter. »

Le niveau d'eau moyen est influencé par...

  • Le mouvement des astres
  • Les vents
  • La pression atmosphérique

Récemment, il y a eu occurrence de ces trois phénomènes là. Aux moments de la journée où il y a eu une marée haute, il y a eu une dépression, donc affaiblissement des presses atmosphériques, et il y a également eu des très forts vents plus tard.

Dany Dumont, professeur-chercheur, Institut des sciences de la mer de Rimouski

« Tous les ingrédients sont là », soutient le chercheur en océanographie physique. « En plus, les vents génèrent des vagues sur l'océan qui peuvent s'ajouter au niveau d'eau moyen. »

Dans l'estuaire du Saint-Laurent, les plus forts vents viennent principalement du nord-est.

L'absence de glace rend les côtes vulnérables

La glace a un effet protecteur sur les rives. Les températures plus douces des mois de novembre et décembre ont pourtant empêché l'eau de geler sur une partie des zones côtières.

« Quand il y a de la glace, le vent va générer beaucoup moins de vagues au large, parce qu'il a besoin de souffler sur l'eau », soutient M. Dumont. « S'il génère des vagues et que ces vagues-là arrivent à la côte et qu'il y a de la glace, mettons sur quelques centaines de mètres, cette glace-là va avoir un effet atténuateur très fort sur les vagues qui arrivent. »

Le fleuve menace Saint-UlricAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le fleuve menace Saint-Ulric

Photo : ICI Radio-Canada/Geneviève Génier-Carrier

Des conditions hivernales plus clémentes sont donc susceptibles d'entraîner leur lot de problèmes pour les municipalités côtières.

Alors, que sont les grandes marées?

« On en est venu à la conclusion qu'il existe trois significations différentes, dépendamment de qui on est », explique Dany Dumont.

L'expression « grandes marées » peut évoquer au moins trois concepts différents :

  1. Pour les riverains de l'estuaire du Saint-Laurent, l'expression peut faire allusion à des niveaux d'eau anormalement élevés qui pourraient risquer de créer des inondations;
  2. Pour d'autres, l'expression peut faire allusion à des niveaux d'eau anormalement bas, au contraire. On peut penser aux randonneurs qui traversent à pied jusqu'à l'île Saint-Barnabé, au large de Rimouski, lorsque c'est possible quelquefois par année;
  3. Pour les océanographes et géomorphologues, l'expression peut se rapporter à un marnage anormalement grand, c'est-à-dire la différence entre une marée haute et une marée basse consécutive. Un tel phénomène traduit l'énergie que contient la marée.

* Source : Le point sur les marées d'équinoxes dans l'estuaire du Saint-Laurent (2016), Daniel Bourgault et al.

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