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La C.-B. s'oppose formellement au projet de pipeline Trans Mountain

Le projet de pipeline Trans Mountain de Kinder Morgan consiste à installer un deuxième oléoduc reliant Edmonton au Grand Vancouver.
Le projet de pipeline Trans Mountain de Kinder Morgan consiste à installer un deuxième oléoduc reliant Edmonton au Grand Vancouver. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

La ministre de l'Environnement de la Colombie-Britannique, Mary Polak, a annoncé lundi que la province recommande à l'Office national de l'énergie (ONE) de rejeter le projet de Kinder Morgan de doubler son pipeline Trans Mountain entre l'Alberta et la Colombie-Britannique.

Mary Polak estime que la compagnie Kinder Morgan n'est pas en mesure de prouver qu'elle pourra remédier à un déversement de pétrole en cas de fuite.

La ministre de l'Environnement rappelle que tout projet énergétique doit se soumettre à cinq conditions avant d'être approuvé par son gouvernement.

Cette décision ne ferme pas la porte à une autre proposition de Kinder Morgan qui pourrait éventuellement répondre à nos exigences.

Mary Polak, ministre de l'Environnement de C.-B.

En 2012, la première ministre Christy Clark avait énoncé ces cinq conditions, dont deux visent la capacité du promoteur de tout projet d'intervenir en cas de déversement sur terre et sur mer et de remédier aux conséquences.

Les cinq conditions de la C.-B. pour la construction de nouveaux pipelines :

  • Le projet doit être approuvé par le processus d'évaluation environnementale;
  • Le projet doit comprendre la mise en place d'un système de pointe à l'échelle mondiale pour l'intervention, la prévention et la reprise des activités en cas de déversement près des côtes ou dans les eaux au large de la province;
  • Le projet doit comprendre la mise en place d'un système de pointe à l'échelle mondiale pour l'intervention, la prévention et la reprise des activités en cas de déversement en sol britanno-colombien;
  • Le projet doit satisfaire à la loi en ce qui a trait aux Premières Nations, à leurs droits territoriaux, à leur participation et à leur consultation;
  • La Colombie-Britannique doit profiter financièrement du projet proposé à la hauteur des risques auxquels la province, son environnement et ses contribuables s'exposent.

Dans sa soumission à l'Office national de l'énergie, la ministre Mary Polak conclut que les informations soumises par Kinder Morgan ne démontrent pas l'existence d'un plan d'intervention de classe mondiale en cas de déversement.

Décision applaudie en C.-B.

Le maire de Vancouver Gregor Robertson, qui s'oppose au projet depuis ses débuts, a rapidement réagi par communiqué affirmant qu'il s'agissait « d' une nouvelle bienvenue ».

L'augmentation du trafic maritime dans nos eaux et le risque de déversement avec son impact sur notre environnement et notre économie n'en valent pas la peine.

Gregor Robertson, maire de Vancouver

De nombreux organismes environnementaux se réjouissent également de l'annonce. La société environnementale Living Oceans rappelle que des études prouvent la difficulté de nettoyer le bitume qui s'est écoulé dans l'eau.

De son côté, Green Peace attend maintenant de voir la position que prendra Ottawa dans ce dossier.

Monsieur Trudeau devra s'en tenir à sa parole et à cette logique-là qui est une logique de base pour les projets de cette ampleur-là que les communautés doivent être consultée et s'il n'y a pas d'acceptabilité sociale il devrait rejeter le projet et pour l'instant c'est très clair qu'il n'y a pas d'acceptabilité sociale.

Patrick Bonin, porte-parole de Green Peace

Kinder Morgan demeure optimiste

La compagnie Kinder Morgan répond qu'elle continue à collaborer avec la Colombie-Britannique et qu'elle a fait des progrès pour éventuellement décrocher l'approbation de la province.

Selon le constructeur de pipelines, il lui est impossible de souscrire aux cinq conditions de la Colombie-Britannique à lui seul, car certaines conditions ne peuvent être respectées qu'avec la collaboration des Premières Nations.

Kinder Morgan maintient que si l'Office national de l'énergie approuve son projet, il sera exécuté avec le plus grand soin envers l'environnement, le soutien des Premières Nations et des retombées économiques durables pour les Britanno-Colombiens, les Albertains et les Canadiens.

Le projet de 6,8 milliards de dollars est toujours entre les mains de L'Office national de l'énergie qui doit présenter ses recommandations au gouvernement fédéral en mai.

Colombie-Britannique et Yukon

Politique provinciale