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Programme d'aide aux vignobles québécois : un vigneron de l'Estrie furieux des changements unilatéraux

Les précisions de Marie-Ève Lacas
Radio-Canada

Des vignerons de l'Estrie dénoncent le changement apporté à un programme de crédit visant à soutenir la commercialisation des vins québécois. Sans préavis, Québec a réduit le chèque des deux tiers du montant prévu.

En décembre, le ministre de l'Agriculture, Pierre Paradis, a fait parvenir une lettre à l'ensemble des vignerons pour les aviser du changement au programme, qui devait être d'une durée de trois ans. Avant cet avis, les vignerons ignoraient que le chèque attendu allait être réduit. Les plus gros vendeurs à la Société des alcools du Québec (SAQ) n'ont donc reçu qu'une fraction de ce qu'ils comptaient recevoir.

Le prix des vins québécois est majoré par la SAQ , et pour inciter les vignerons à offrir leurs produits, le programme remboursait une partie de cette majoration aux producteurs.

Charles-Henri de Coussergues, copropriétaire du vignoble de l'Orpailleur, à Dunham, évalue ses pertes à 200 000 $. Il est furieux que le gouvernement ait non seulement brisé une entente avec les vignerons, mais que cette annonce se soit faite à la fin de l'année, une fois toutes les dépenses engagées.

Une parole du gouvernement, pour nous, c'était une parole fiable. Alors, on a engagé beaucoup de frais, beaucoup de promotions dans les magasins de la SAQ pour acheter de la publicité, pour acheter des espaces tablettes.

Charles-Henri de Coussergues, copropriétaire du vignoble de l'Orpailleur

Des avantages comme partout ailleurs

Charles-Henri de Coussergues, qui est dans l'industrie depuis 34 ans, soutient que les autres provinces ont investi à long terme dans différents programmes, et cela a fait ses preuves.

« On voit les retombées économiques dans les endroits où on plante de la vigne, où on ouvre des écoles de viticulture. Et nous au Québec, on nous donne des petits programmes pour un ou deux ans, et on ne les honore pas jusqu'au bout. »

On se bat depuis 30 ans pour avoir les mêmes droits que nos collègues canadiens, et on n'y arrive pas.

Charles-Henri de Coussergues

M. de Coussergues estime qu'il n'y a pas de volonté politique pour développer l'industrie, même s'il y a « un marché énorme ». Il déplore que le Québec ne réduise pas la majoration des prix sur les produits locaux, pour leur permettre d'être plus compétitifs.

On ne veut pas être des assistés sociaux de l'État. On veut juste avoir des avantages comme le font d'autres provinces, d'autres pays. Des avantages fiscaux par rapport aux produits étrangers.Charles-Henri de Coussergues Photo : ICI Radio-Canada

Selon M. de Coussergues, l'industrie a beaucoup investi au cours des dernières années pour mousser les produits québécois à la SAQ, ce qui a eu pour effet de faire exploser les ventes. Ces compressions mettent toutefois en péril la dynamique de vente des vins québécois en SAQ.

Différents moyens de pression

Le gouvernement québécois n'a toujours pas répondu aux demandes de rencontre de la part des vignerons.

Charles-Henri de CousserguesCharles-Henri de Coussergues Photo : L'Orpailleur

Selon M. de Coussergues, différents moyens de pression sont envisagés par les producteurs pour dénoncer les coupes dans le programme, notamment la vente de leurs produits sur la place publique.

Les vignerons devraient d'ailleurs avoir des discussions, cette semaine, sur les actions à venir.

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