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Pour l'art et l'environnement : une barque faite de barquettes de polystyrène

L'assemblage des constituants du bateau s'est effectué samedi

L'assemblage des constituants du bateau s'est effectué samedi

Photo : Courtoisie Élise Dubé

Radio-Canada

Avec son projet FPSO, l'artiste gaspésienne Élise Dubé a trouvé le moyen de détourner des milliers de barquettes de polystyrène des sites d'enfouissement en les intégrant dans une sculpture.

Un texte de Brigitte DubéTwitterCourriel

D'après une entrevue réalisée par Isabelle Lévesque, à l'émission « Bon pied bonne heure ». Écouter ici

Depuis un an, Élise Dubé de Petite-Vallée en faisait la cueillette auprès de gens du public qui les accumulaient pour elle.

Elle les découpait pour en faire une fibre à amalgamer à un ouvrage tissé avec lequel elle a créé... un bateau. « Une fois que c'est découpé, ça peut ressembler à des algues », observe-t-elle.

Les barquettes ont été découpées, devenant une fibre à intégrer à un ouvrage tisséAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les barquettes ont été découpées, devenant une fibre à intégrer à un ouvrage tissé

Photo : Courtoisie Élise Dubé

Élise Dubé a tissé cinq grandes lisières de 12 pieds de longueur par 28 pouces de largeur. « Le métier était monté avec de la fibre de coton en trame et je déposais de petites poignées de fibres tranchées entre les fils à l'horizontale », précise-t-elle.

Corvée d'assemblage

Samedi, l'artiste a invité le public à une corvée d'assemblage; une sorte de happening où les participants l'ont aidée à bourrer chacune de ces lisières avec d'autres barquettes déchiquetées. Les lisières ont ensuite été cousues et assemblées pour donner une sorte de barque primitive.

Plus d'une vingtaine de personnes de tous âges ont participé à l'assemblageAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Plus d'une vingtaine de personnes de tous âges ont participé à l'assemblage

Photo : Courtoisie Élise Dubé

L'effet est magnifique! Ça donne une espèce de boat people, un petit esquif de réfugiés un peu rafistolé, bricolé avec les moyens du bord. C'est tout à fait l'esthétique que je recherchais.

Élise Dubé, artiste

Une histoire de pétrole

Ce projet artistique à portée environnementale a germé lentement dans la tête d'Élise Dubé. « En 2014, les prix du pétrole ont baissé, raconte-t-elle. J'avais vu qu'on laissait des surplus en attente d'acheteurs sur des navires appelés unités flottantes de production, de stockage et de déchargement (en anglais Floating Production, Storage and Offloading ou FPSO). »

Je trouvais incompréhensible de voir qu'à Gaspé, on creusait pour trouver du pétrole alors qu'il y en avait qui flottait sur les mers.

Élise Dubé, artiste

Élise Dubé rappelle que le polystyrène met 500 ans à se décomposer et que le recyclage demeure restreint parce que le transport coûte cher. « Je voulais amorcer une réflexion sur ce qu'on laisse derrière nous », dit-elle.

L'assemblage des constituants du bateau s'est effectué samediAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'assemblage des constituants du bateau s'est effectué samedi

Photo : Courtoisie Élise Dubé

J'invite le public dans une fuite imaginaire intemporelle où destins gaspésien, pétrolier et écologique vont s'entrecroiser.

Élise Dubé, artiste

En impliquant la communauté dans son projet, Élise Dubé voulait aussi créer un espace de médiation et de rencontre avec les participants. Pour elle, le moment fort de sa démarche a eu lieu au moment de l'assemblage, avec les gens de la communauté. « Les gens en ont fait leur projet », remarque-t-elle, ravie.

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