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Charlie Hebdo : un caricaturiste de la première heure de passage à Sherbrooke

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Un caricaturiste de la première heure de Charlie Hebdo, Jacques Faure
Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

De passage à Sherbrooke pour y visiter son fils, l'un des caricaturistes de la première heure de Charlie Hebdo, Jacques Faure, se souvient de ses anciens collègues, tués il y a un an aujourd'hui par un commando jihadiste.

Un texte de Geneviève ProulxTwitterCourriel

L'attaque contre les locaux de Charlie Hebdo à Paris, le 7 janvier 2015 a fait 11 morts, dont les dessinateurs Cabu, Wolinski, Charb, Honoré et Tignous. Jacques Faure craint maintenant qu'ils ne sombrent dans l'oubli. C'est pourquoi il considère qu'il faut continuer de publier leurs dessins.

« C'est très, très grave. Je ne vois pas du tout de porte de sortie. Pour moi, ça va de pire en pire », dit le dessinateur de 87 ans.

Pour lui, il est primordial de garder ces oeuvres vivantes.

Il faut continuer à publier leurs dessins. Il faut retrouver leurs dessins. Il y en a partout dans les salles de rédaction. Il faut les ressortir, les publier. Il ne faut pas qu'on les oublie.

Jacques Faure, caricaturiste

Faire de la caricature amène toujours son lot de critiques. Lui-même s'est souvent retrouvé au coeur de nombreuses tempêtes.

Citation de Jacques Faure : « Dieu sait si on a dessiné sur des curés, les juifs, les musulmans. Mais ce n'est toujours bien qu'une caricature. Si les gens ne peuvent pas rigoler un peu, ce n'est même plus la peine de vivre! »Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le caricaturiste Jacques Faure

Photo : ICI Radio-Canada

Jamais il n'aurait pensé perdre des amis, des confrères en raison de leurs dessins. « Ah! non! Certainement pas! Pour moi, ç'a toujours été un amusement. Depuis les années 1960 où j'ai commencé à travailler avec le dessin, je suis en vacances. Je suis toujours en vacances. On me paye pour ça. C'est formidable! » soutient M. Faure.

M. Faure croit aussi que le métier de caricaturiste a évolué et qu'il serait impossible de faire le même métier qu'à ses débuts en 1947. « Même dans les dessins. Celui-ci [on y voit une femme seins nus], c'était publié quotidiennement dans les journaux de Paris. Maintenant, vous n'en voyez plus parce qu'il y a une paire de seins. Ça m'inquiète. Si je recommençais aujourd'hui, je ne sais même si je pourrais en faire mon métier parce qu'il n'y a presque plus de journaux qui publient des dessins. Quand j'ai commencé, dans les années 1950, je n'avais pas assez de dessins pour faire la tournée des journaux qui publiaient des dessins. Maintenant, il y a deux journaux en France qui le font. C'est fini. »

La vague de sympathie soulevée par les meurtres et par l'attaque à la liberté d'expression qu'ils représentaient a permis au petit journal satirique de survivre financièrement. La situation économique a changé considérablement depuis l'attentat. Charlie Hebdo, qui tirait le diable par la queue, avec des pertes de 100 000 euros en 2014, dispose maintenant d'un fonds de 20 millions d'euros, grâce à divers dons et à la vente de 7,5 millions d'exemplaires du numéro spécial post-attentats, traduit en 16 langues. Le nombre d'exemplaires vendus en kiosque chaque semaine a été multiplié par cinq et atteint maintenant les 100 000. De même, 180 000 personnes y sont maintenant abonnées, contre 10 000 à la fin 2014.

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