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Québec veut rediriger les médecins de famille vers les cliniques

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Un médecin de famille ausculte un enfant.

Un médecin de famille ausculte un enfant.

Photo : iStock

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le gouvernement du Québec compte réduire de 20 % le nombre de médecins de famille qui travaillent dans les hôpitaux de la province.

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, veut rediriger les omnipraticiens vers les cliniques pour améliorer l'accès aux soins de première ligne.

Ainsi, les nouveaux médecins qui s'apprêtent à commencer leur pratique seront obligés de travailler dans des cliniques plutôt que dans des hôpitaux. Et les établissements de santé qui voudront embaucher des omnipraticiens devront obtenir une dérogation ministérielle.

Selon le ministre Barrette, ces mesures devraient améliorer l'accès à un médecin de famille dans les cliniques. Il explique aussi que cette réduction se fera en prenant en compte les besoins spécifiques de chaque secteur.

« Les règles, ça doit être mur à mur, mais ça doit être adapté aux situations spécifiques », a déclaré le docteur Barrette.

On n'annonce pas qu'il va y avoir une réduction demain matin partout. Il y a des endroits où on ne peut pas réduire le nombre de médecins pour des raisons de fonctionnalité. On ne va pas fermer une urgence pour mettre des gens en cabinet.

Gaétan Barrette, ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec

Des réactions partagées

Le docteur Simon-Pierre Landry, chef de département à l'urgence de l'Hôpital Laurentien, à Sainte-Agathe-des-Monts, craint que des spécialistes ne prennent la place des omnipraticiens dans les hôpitaux. À ce moment-là, dit-il, ce sont les listes d'attente pour les spécialistes qui vont s'allonger.

Il s'agit d'un « jeu de chaises musicales qui ne sert pas le patient », a-t-il soutenu en entrevue à l'émission Gravel le matin, à ICI Radio-Canada Première.

M. Landry croit que la solution passe plutôt par les infirmières, qui pourraient s'occuper des cas plus simples pour libérer les médecins de famille.

La mesure proposée par le ministre Barrette est « médicalo-centrique, voire même spécialiste-centrique », déplore-t-il.

À l'inverse, l'ancien PDG de l'Agence de la santé et des services sociaux de Montréal, David Levine, croit que la mesure avancée par M. Barrette pourrait améliorer les soins en première ligne pour la population.

Pour faire un vrai changement dans notre système de santé, il faut sortir une grande partie de l'activité de l'hôpital, où ça coûte très cher [...] Il faut sortir les omnipraticiens dans la communauté.

David Levine, ancien PDG de l'Agence de la santé et des services sociaux de Montréal

Le ministre Barrette veut aussi déployer les médecins de famille plus efficacement pour qu'ils aillent travailler là où se trouvent les besoins.

Le président de la Fédération des médecins omnipraticiens Louis Godin est d'accord avec le ministre Barrette. Il estime que cette mesure rendra l'accès à un médecin de famille plus facile.

Il précise par ailleurs que cette nouvelle politique n'implique pas qu'il y aura 20 % de moins d'omnipraticiens dans les hôpitaux « demain matin », ajoutant que le processus se déroulera sur plusieurs années.

Avec les informations d'Olivier Bachand

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