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Préserver les médailles des militaires canadiens

Le lieutenant-colonel Carl Gauthier

Le lieutenant-colonel Carl Gauthier

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Dans un édifice bien banal, tout près de l'aéroport d'Ottawa, le lieutenant-colonel Carl Gauthier est responsable d'une mission connue de bien peu de gens : souligner les honneurs et les reconnaissances des militaires canadiens, une médaille à la fois.

Un texte de Daniel ThibeaultTwitterCourriel

La voûte remplie d'étagères et de tiroirs n'offre aucun indice sur son contenu, jusqu'à ce que le lieutenant-colonel Carl Gauthier ouvre l'un des compartiments. « Il y a un petit peu de la Seconde Guerre mondiale ici. Ce sont des médailles montées qui ont été portées par un vétéran », dit-il en prenant l'assemblage.

L'une des médailles est montée dans le mauvais ordre, un détail qui ne lui échappe pas. Pour les médailles comme pour ceux qui les portent, il existe une hiérarchie. « La marine est le service le plus senior, puis l'armée et l'aviation, à droite [...] c'est toute les traditions qui viennent avec ça. »

Carl Gauthier est un passionné de médailles et de reconnaissances militaires depuis l'adolescence. À la tête de la direction des distinctions honorifiques et reconnaissance du ministère de la Défense nationale, il se plaît à dire qu'il a trouvé le boulot parfait.

Responsable d'une équipe d'une vingtaine de personnes, il supervise l'attribution de plusieurs milliers de médailles chaque année. Que ce soit pour les années de services, pour les missions ou pour les actes de bravoure, le groupe s'assure que les honneurs sont bien mérités et qu'ils vont aux bonnes personnes. « [Il s'agit de] fournir une reconnaissance appropriée et en temps voulu, résume Carl Gauthier, pour reconnaître le service, les sacrifices et le courage des membres des forces canadiennes qui sont en service, à la retraite ou qui sont décédés. »

Donner des médailles, mais aussi les reprendre

Carl Gauthier est aussi responsable de récupérer les médailles abandonnées en guise de protestation ou parce que la famille d'un vétéran ne veut plus les conserver. Dans certains cas, les pièces seront envoyées dans un musée d'histoire militaire. Parfois elles sont détruites.

Ce fut le cas des médailles et des décorations de Russel Williams, qui lui ont été reprises après sa condamnation pour meurtre. Carl Gauthier en a lui-même supervisé la destruction, un matin à la fonderie de la monnaie royale. Il s'est aussi assuré que le métal ne soit pas réutilisé pour frapper de nouvelles médailles.

Des circonstances exceptionnelles, admet-il. La plupart du temps, son travail inspire la joie et la fierté.

Dessinateur à ses heures

En plus d'attribuer honneur et médailles, le lieutenant-colonel Gauthier est aussi le concepteur de plusieurs des récentes médailles canadiennes. « Je ne suis pas un héraldiste, vraiment, dit-il avec un sourire, mais j'ai assez d'information pour être dangereux. »

Sa plus récente création, la Médaille polaire, a été inaugurée en juin dernier, mais il l'avait imaginée bien avant. « Quand ça a commencé à se discuter de façon plus concrète qu'il allait y avoir une médaille polaire, j'ai dépoussiéré mon design d'il y a 10 ans; puis ça a été accepté. »

Si l'Autorité héraldique du Canada a toujours le dernier mot sur le dessin final, les croquis du lieutenant-colonel, d'une précision surprenante, sont rarement beaucoup modifiés.

Dans son bureau, il sort d'une large enveloppe un croquis signé. « Ça c'est la version finale qui est approuvée par la reine, dit-il. On voit la signature de la reine, ici. Ça fait un petit velours, dit-il, visiblement fier. La reine ne fait pas de commentaire généralement sur les œuvres d'art qu'elle approuve. Mais le courriel du secrétaire particulier de la reine disait "a very handsome design". »

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