•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le grand périple de l'anguille dévoilé par des scientifiques

Anguille

Radio-Canada

Des scientifiques québécois et néo-écossais ont permis de lever le voile sur l'une des plus mystérieuses migrations sous-marines du monde : celle des anguilles.

Un texte de Laurence GallantTwitterCourriel

Pour la première fois, des chercheurs ont réussi à suivre une anguille sur près de 2500 kilomètres, dans son voyage périlleux jusqu'à la mer des Sargasses, aux abords des Bermudes. Il s'agit du lieu de reproduction des anguilles, qui fréquentent les cours d'eau de l'est de l'Amérique, y compris le fleuve Saint-Laurent.

C'est grâce à la télémétrie que le groupe de scientifiques responsable de cet exploit, dont fait partie Martin Castonguay, de l'Institut Maurice-Lamontagne de Mont-Joli, a pu suivre l'anguille à la trace :

On n'avait, avant ce travail-là, jamais retrouvé les adultes sur le site de frai.

Martin Castonguay, chercheur à l'Institut Maurice-Lamontagne

La télémétrie consiste à mesurer des distances grâce à des procédés acoustiques, optiques ou radioélectriques.

Cette filature maritime a donc permis de prouver que les anguilles, même celles du lac Ontario, retournent frayer sur le lieu de leur naissance, 500 kilomètres au sud des Bermudes. La découverte, qui a joui d'une couverture médiatique importante à l'international, a ouvert la porte à une hypothèse qui expliquerait le sens de l'orientation hors du commun du poisson, raconte Martin Castonguay.

Le chercheur Martin Castonguay, de l'Institut Maurice-Lamontagne, à Mont-Joli, s'intéresse à l'anguille depuis plus de 30 ans.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le chercheur Martin Castonguay, de l'Institut Maurice-Lamongagne, à Mont-Joli, s'intéresse à l'anguille depuis plus de 30 ans.

Photo : Radio-Canada

La trajectoire de l'anguille, qui semble ne rien laisser au hasard, suppose qu'elle pourrait utiliser le champ magnétique pour s'orienter :

La seule anguille qu'on a réussi à suivre sur une longue distance a adopté un patron migratoire très très précis et très dirigé.

Martin Castonguay, chercheur à l'Institut Maurice-Lamontagne

Cet automne, d'autres anguilles ont été munies d'un émetteur GPS, pour confirmer l'hypothèse du champ magnétique.

Une anguille sous abstinence

Autre fait soulignant le comportement intriguant de l'anguille, l'animal observe un jeûne complet, dès le début de sa migration :

Elle ne se fie que sur ses réserves de graisse pour faire toute la route migratrice, qui est quand même très longue.

Martin Castonguay, chercheur à l'Institut Maurice-Lamontagne
Les scientifiques ont découvert que l'anguille retournait sur son lieu de naissance, dans la mer des Sargasses, pour frayer à son tourAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les scientifiques ont découvert que l'anguille retournait sur son lieu de naissance, dans la mer des Sargasses, pour frayer à son tour

Photo : Archives

Ce poisson longiligne n'a pourtant pas encore livré tous ses secrets. La raison pour laquelle l'anguille choisit de voyager sur des milliers de kilomètres reste encore à élucider.

Martin Castonguay, qui cumule 30 ans de recherche sur l'anguille, rêve un jour d'en capturer une directement dans la mer des Sargasses. Une autre étape qui permettrait sûrement de mettre davantage en lumière le comportement de cet intriguant poisson.

D'après le reportage de Michel-Félix Tremblay.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Est du Québec

Science