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L'EI met de l'ordre dans ses « possessions »

Un combattant brandit le drapeau du groupe armé État islamique.

Un combattant brandit le drapeau du groupe armé État islamique.

Photo : Presse canadienne

Reuters
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le groupe armé État islamique (EI) a mis en place des « ministères » chargés de gérer ses « prises de guerre » et l'exploitation des ressources naturelles, notamment le pétrole, comme le montre une nouvelle série de documents saisis par les forces spéciales américaines en mai dernier dans l'est de la Syrie.

Ces documents, que Reuters a pu en partie consulter, aident à comprendre comment ce qui n'était au départ qu'un groupuscule armé s'est transformé en une machine bureaucratique complexe capable de gérer différents revenus, du pétrole au pillage des antiquités, et contrôler la population des territoires sous sa coupe en Syrie et en Irak.

« C'est vraiment cela qui ressort. Le degré de bureaucratisation, d'organisation, les diwans, les comités », souligne Brett McGurk, l'envoyé spécial du président Barack
Obama auprès de la coalition anti-EI.

Un diwan, l'équivalent d'un ministère, gère ainsi les « ressources naturelles », parmi lesquelles l'exploitation des antiquités, un autre les « prises de guerre » comme les esclaves.

Plus que toute autre organisation djihadiste, l'État islamique veut cultiver l'image d'un État indépendant et d'un califat, ce qu'une organisation formelle, au-delà de son aspect pratique quand on contrôle autant de territoires et de grandes villes, permet de renforcer

Une citation de :Aymenn al Tamimi, chercheur au Middle East Forum.

Selon le chercheur Amos Hochstein, premier responsable du département d'État pour les affaires énergétiques, les documents soulignent la manière « méticuleuse » dont l'EI gère le secteur pétrolier et gazier, en se concentrant sur la saisie de données, même si cette activité n'est pas sophistiquée.

Rivalités entre services

Les responsables de Washington soulignent que ces documents saisis lors du raid mené dans la province de Daïr az Zour qui a abouti à la mort du Tunisien Abou Sayyaf, considéré comme l'un des principaux financiers du groupe, ont contribué à identifier les faiblesses de l'EI.

Ils illustrent aussi parfois les rivalités entre services. Une lettre du « diwan » des ressources naturelles en date du 21 novembre 2014 rappelle qu'Abou Sayyaf est responsable de la gestion des antiquités et ajoute : « La raison en est qu'il est très compétent dans ce domaine et qu'Abou Djihad al Tunisi est un nigaud qui ne sait pas diriger une division. »

État islamique, le règne de la terreur

L'agence Reuters n'est pas en mesure de confirmer l'authenticité des documents qu'elle a pu consulter. Ils ne constituent qu'une fraction des téraoctets de données stockées sur des disques durs, des clés USB, des CD, des DVD et des documents imprimés que les Américains disent avoir récupéré.

Ce n'est pas la première fois que l'existence de ce trésor d'informations sur le fonctionnement interne de l'organisation islamiste est portée à la connaissance de l'opinion.

D'autres documents récemment divulgués suggèrent que l'organisation d'Abou Bakr al Baghdadi alimente le trafic international d'organes.

De nombreux documents sont des fatwas, des édits religieux portant sur des sujets aussi divers que le viol des prisonnières, le traitement infligé aux esclaves qui ont des enfants mineurs, ou encore le moment où il est permis à un fils de voler son père pour financer son voyage pour faire le djihad.

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