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Le ministre Sajjan ne ferme pas la porte aux F-35

Le ministre Harjit Sajjan a été reçu par le ministre de l'Intérieur du gouvernement régional kurde à Erbil, dans le nord de l'Irak.

Le ministre Harjit Sajjan a été reçu par le ministre de l'Intérieur du gouvernement régional kurde à Erbil, dans le nord de l'Irak.

Photo : AP/Seivan M.Salim

La Presse canadienne

Le ministre fédéral de la Défense a laissé entendre que les F-35 ne seraient pas exclus de l'appel d'offres pour renouveler la flotte vieillissante d'avions de chasse canadiens.

L'une des promesses principales des libéraux en campagne électorale était d'acheter des aéronefs moins dispendieux et de réinvestir les économies dans la Marine canadienne.

Le ministre Harjit Sajjan a affirmé qu'il s'attardait surtout à trouver les meilleurs avions pour remplacer les CF-18 avant qu'ils n'atteignent leur fin de vie utile.

Lors d'une conférence téléphonique depuis l'Irak, lundi, M. Sajjan s'est fait demander deux fois par les journalistes si les F-35 seraient écartés de l'appel d'offres ouvert dans le cadre du plan libéral, mais il a chaque fois évité de répondre à la question.

Il a toutefois précisé que l'armée canadienne révisait en ce moment les critères de base relatifs aux avions de chasse.

Ces critères avaient suscité la controverse lorsque le vérificateur général avait rédigé un rapport accablant sur la question en 2012, forçant le gouvernement Harper à mettre en veilleuse le programme de 44 milliards de dollars.

Le vérificateur Michael Ferguson avait conclu dans son enquête que les critères pour l'achat de ces avions - un document important pour déterminer les besoins en termes d'équipement pour l'armée - avaient été rédigés après que le gouvernement conservateur eut annoncé son intention de se procurer la flotte de F-35.

Visite du théâtre des opérations contre l'EI dans le nord de l'Irak

Le ministre canadien de la Défense nationale a visité, lundi, le théâtre des opérations militaires contre le groupe armé État islamique (EI) en Irak.

Lors de cette visite, Harjit Sajjan a rencontré notamment des membres de l'état-major kurde et du commandement des forces spéciales canadiennes, qui ont repoussé une importante offensive, la semaine dernière, à l'ouest d'Erbil, capitale de la région autonome du Kurdistan, dans le nord de l'Irak.

Le groupe armé État islamique a mené une offensive majeure contre les forces kurdes (peshmergas), jeudi dernier, afin de percer sur plusieurs fronts les lignes de la coalition. Deux CF-18 canadiens ont bombardé une position de combat de l'EI au nord-ouest de Mossoul occupée, deuxième ville en importance du pays. Des membres des forces spéciales canadiennes entraînant les combattants kurdes ont même ouvert le feu pour appuyer les Kurdes.

Selon le commandement américain de la coalition, jusqu'à 200 membres de l'EI auraient été tués dans cette bataille.

Le ministre Sajjan soutient que les membres de la coalition n'avaient pas été pris au dépourvu par cette offensive - qui ne sera pas la dernière. « Nos militaires sur le terrain ont travaillé étroitement avec les peshmergas pour être prêts à ces éventualités, et leur entraînement a porté ses fruits », a-t-il souligné lundi lors d'une téléconférence avec les journalistes, depuis Erbil.

Certains observateurs internationaux ont estimé que cette offensive du groupe armé État islamique, qui a mis à contribution des centaines de combattants, marque un virage dans la stratégie des terroristes au Moyen-Orient.

Le ministre Sajjan a par ailleurs mentionné que lors de ces rencontres avec les Kurdes et avec des responsables irakiens à Bagdad, il n'avait pas été question du retrait des chasseurs CF-18 canadiens de la région, une promesse du gouvernement Trudeau.

Mission de formation

M. Sajjan soutient par contre qu'il a discuté avec ses partenaires des nouvelles contributions que le Canada pourrait apporter à la lutte au groupe armé État islamique, notamment la mission de formation des militaires et policiers, mais aussi d'autres tâches qui n'avaient pas été évoquées jusqu'ici - comme la formation en médecine de campagne et en évacuation des blessés. « En comprenant mieux ce qui se passe sur le terrain, on peut ensuite réfléchir à ce qu'on peut offrir », a-t-il expliqué.

Le gouvernement conservateur de Stephen Harper avait engagé l'armée canadienne à une mission de combat jusqu'à la fin de mars 2016, mais le ministre Sajjan a laissé entendre que les libéraux ne se sentent pas liés par cet échéancier. « La décision de mettre un terme aux frappes aériennes ne sera pas basée sur cet engagement, mais plutôt sur notre contribution future au combat [contre l'EI] » , a-t-il dit.

« Nous sommes très près d'une entente [avec la coalition] et une décision devrait être annoncée dans un avenir pas trop lointain », a révélé habilement le ministre.

Son collègue des Affaires étrangères, Stéphane Dion, répète que la fin des frappes aériennes canadiennes aura lieu « au cours des prochaines semaines », en tenant compte des plans de la coalition.

Le ministre Sajjan a par ailleurs mentionné lundi qu'il avait eu plusieurs discussions sur les divisions sectaires entre factions en Irak - à la source des violences. L'ancien lieutenant-colonel de l'armée canadienne, qui a effectué trois missions en Afghanistan, s'est dit convaincu qu'il faut déployer davantage d'énergie pour faire face à ce problème fondamental.

Il a été plus évasif sur la participation du Canada à une éventuelle mission dirigée par la Grande-Bretagne contre le groupe armé État islamique en Libye. La coalition songe déjà à étendre ses opérations à l'extérieur de l'Irak et de la Syrie, a quand même confirmé le ministre Sajjan, citant notamment le Sinaï, où un avion de ligne russe a été abattu en plein vol, le 31 octobre dernier.

L'attentat, qui a fait 224 morts, a été revendiqué par le groupe armé État islamique.

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