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Un nouvel outil pour mieux prévenir les commotions cérébrales

2 joueuses de soccer frappent le ballon avec leurs têtes
2 joueuses de soccer frappent le ballon avec leurs têtes (archives)
Radio-Canada

Au moment où le film Commotion prend l'affiche au cinéma, un chercheur à l'Université du Québec à Montréal (UQAM) estime qu'il est possible de détecter plus rapidement ce type de blessures, grâce à un outil basé sur la capture de mouvement qu'il a développé. Une approche qui pourrait permettre d'améliorer la gestion des chocs à la tête.

Un texte de Bruno CoulombeTwitterCourriel

Le professeur au département des sciences de l'activité physique de l'UQAM, Christian Duval, s'intéresse depuis plusieurs années au phénomène des commotions cérébrales dans les milieux sportifs. Avec ses collaborateurs, il a développé une nouvelle méthode pour tenter de détecter plus rapidement les indices de chocs à la tête, même en l'absence de symptômes apparents.

Dans son laboratoire, situé au Centre de recherche de l'Institut universitaire de gériatrie de Montréal, il a invité de jeunes joueurs de football du Collège Notre-Dame à marcher tout en évitant différents obstacles, et en leur demandant de retenir une séquence de chiffres et de couleurs. Le but? Simuler une situation de jeu, où les joueurs sont stimulés autant physiquement qu'intellectuellement.

« La tâche cognitive, elle, demande un effort mental et ça, ça va modifier, chez toute personne, la façon qu'on marche. Et quand il y a une commotion cérébrale, ce changement-là est amplifié. Et nous, on se sert de l'information, comme la vitesse de marche, la longueur des pas, la façon que la personne passe par-dessus les obstacles ou en dessous des obstacles [...]. Et on est capable de dire que la personne a eu des changements dans sa façon de marcher », explique Christian Duval.

Images fournies par le chercheur Christian Duval

L'objectif est aussi d'établir une sorte de profil du jeune athlète, grâce aux résultats combinés de l'interaction entre les aspects moteurs et cognitifs. Le test ne permet pas à lui seul de conclure à une commotion cérébrale, mais peut servir à donner un premier signal d'alarme qui sera ensuite validé par des évaluations cliniques.

Le joueur est testé toutes les semaines durant toute la saison et là, à ce moment-là, ça nous permet de voir les déviations de performance et de pouvoir nous servir d'un système comme ça, parce que le test ne dure que quelques minutes, pour alerter les thérapeutes sportifs.

Christian Duval

Il y a quelques semaines, Québec a annoncé un plan d'action pour prévenir et gérer les commotions cérébrales. Un des défis est justement de mieux les diagnostiquer pour éviter les coups à répétition, affirme le neuropsychologue et professeur au département de kinésiologie de l'Université de Montréal, Dave Ellemberg, qui a présidé un groupe de travail sur la question.

« Après une commotion cérébrale, dans la majorité des cas, les gens ne vont pas ressentir les répercussions de ces changements-là au quotidien. Par contre, ce qu'on sait, c'est que les jeunes sont à risque de subir plusieurs commotions cérébrales. Ce n'est pas surprenant qu'à l'âge de 15, 16, 17 ans, qu'on rencontre en clinique des jeunes qui ont trois, quatre commotions cérébrales. Et on sait qu'il y a un effet cumulatif de ces commotions-là », affirme Dave Ellemberg.

Après avoir suivi 17 joueurs dans le cadre d'une deuxième étude, le professeur Duval espère maintenant implanter son programme de façon permanente dans une école pour assurer un suivi plus serré auprès de jeunes joueurs de football, de hockey et de soccer. Le chercheur aimerait aussi pouvoir suivre des jeunes qui ne pratiquent pas de sports de contact pour établir un profil générique de la population.

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