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Une voix pour les itinérants à l'hôtel de ville

Entre 30 et 50 % des itinérants auraient des problèmes de santé mentale.

Photo : iStockphoto

Radio-Canada
Mis à jour le 

Les itinérants montréalais auront une voix à l'hôtel de ville à compter de 2016, puisque le maire Denis Coderre a annoncé la création d'un poste de protecteur des itinérants. M. Coderre s'est également engagé à sortir 2000 itinérants des rues de la métropole québécoise d'ici 2020.

La création d'un poste de protecteur des personnes en situation d'itinérance est la première étape du Mouvement pour mettre fin à l'itinérance à Montréal (2015-2017) mis sur pied par la Ville en 2014.

La personne retenue veillera au respect des droits des personnes itinérantes et à l'accessibilité des services offerts par la Ville.

On ne veut pas encadrer l'itinérance, on veut l'enrayer.

Denis Coderre, maire de Montréal

M. Coderre a émis le souhait que le protecteur passe plus de temps à arpenter les rues de la ville afin d'aller à la rencontre des itinérants plutôt que dans son bureau. « Le protecteur travaillera sur le terrain et sera pleinement en mesure d'évaluer l'impact des mesures mises en place pour répondre aux besoins de cette clientèle vulnérable », a déclaré le maire.

Le protecteur sera également amené à formuler des avis et des recommandations aux autorités concernées pour lutter plus efficacement contre cette condition de vie « qui n'a pas sa raison d'être », a commenté le maire de Montréal.

Tout en reconnaissant que l'objectif de sortir 2000 itinérants de la rue en cinq ans était un objectif ambitieux, le maire de Montréal a assuré qu'il s'agissait d'un objectif réaliste. Il a de plus annoncé l'investissement d'une somme de 140 000 $ par année pour une période de cinq ans afin de financer la recherche sur l'itinérance.

« Avec le temps, l'expertise du protecteur permettra d'enrichir les connaissances de la Ville et de ses partenaires et d'influencer les décideurs afin de répondre aux besoins de manière concrète et concertée », a-t-il poursuivi.

Le RAPSIM identifie les failles

Le Réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM) existe depuis plus de 40 ans et son coordonnateur, Pierre Gaudreau, se montre critique vis-à-vis des initiatives prises par la Ville de Montréal jusqu'ici pour contrer le fléau de l'itinérance. Certes, dit-il en substance, les objectifs sont louables, mais les moyens alloués sont insuffisants, et ce, non seulement de la part de l'administration municipale, mais aussi de la part du gouvernement du Québec.

Il cite en exemple le nombre de nouvelles unités de logement social que Québec mettra à la disposition de la population : « Le gouvernement du Québec non seulement réduit le nombre d'unités à la grandeur du Québec [...] mais Montréal en a moins que jamais », dénonce Pierre Gaudreau, qui invite le maire Coderre à inciter Québec et Ottawa à investir davantage.

Quand il y a des coupures dans le logement social, quand il y a des coupures dans les centres d'aide aux toxicomanes, quand on envisage de réduire de moitié la prestation des gens à l'aide sociale qui ne s'inséreraient pas dans des démarches obligées d'aller vers l'emploi [...] on crée des conditions présentement - et c'est triste à dire - qui vont faire en sorte que plus de gens seront à risques et en situation d'itinérance.

Pierre Gaudreau, du RAPSIM

M. Gaudreau insiste sur la prévention. Il se réjouit de la nomination d'un protecteur des itinérants et souhaite que cette personne puisse mieux identifier les besoins de cette population. Sauf que, comme le rappelle M. Gaudreau, un protecteur qui dispose de trop peu de ressources ne pourra faire une différence notable.

Objectif : 2000 d'ici 2020

Le directeur général du Mouvement pour mettre fin à l'itinérance, James McGregor, soutient qu'il est possible de sortir les itinérants de la rue. « En offrant un logement abordable, décent et permanent, avec un accompagnement adapté à leurs besoins, une majorité arrivera à quitter la rue », a-t-il déclaré.

Sortir 2000 personnes de la rue en cinq ans, c'est non seulement possible et un bon investissement, mais c'est une contribution durable au mieux-être des citoyens parmi les plus vulnérables.

James McGregor, DG du Mouvement pour mettre fin à l'itinérance

M. McGregor estime que ces personnes seront en mesure de trouver du travail ou une activité valorisante leur permettant de participer activement à la vie de leur communauté.

M. McGregor a souligné que sortir des personnes en itinérance des rues de la ville constituait une politique rentable pour la société, puisque ces personnes sont de grands utilisateurs des services d'urgence, de santé et des refuges. M. McGregor estime que la société économiserait 35 millions de dollars annuellement en sortant les itinérants de la rue.

La Ville a tenu, grâce à la participation de quelque 700 bénévoles, un premier grand dénombrement des itinérants, le 24 mars 2015. Les bénévoles avaient compté 3016 personnes en situation d'itinérance.

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