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Personnes disparues : des familles réclament une escouade mixte spécialisée

La Sûreté du Québec ratisse les lieux de la découverte des ossements de Cédrika Provencher.
La Sûreté du Québec ratisse les lieux de la découverte des ossements de Cédrika Provencher. Photo: ICI Radio-Canada/Josée Ducharme

Dans la foulée de l'enquête sur Cédrika Provencher, des familles de personnes disparues demandent à Québec de mettre sur pied une escouade provinciale mixte spécialisée dans la recherche de personnes disparues. Le ministre n'est pas chaud à l'idée et certains policiers non plus.

Un texte de Francis LabbéTwitterCourriel

Marylin Bergeron, âgée de 24 ans, a disparu le 16 février 2008 de la résidence de ses parents à Québec. Mais elle habitait alors Montréal. Pour des raisons territoriales, ce sont les enquêteurs de Québec qui ont pris le dossier. Ce qui n'aurait jamais dû arriver selon sa mère, Andrée Béchard, qui n’a jamais revu sa fille depuis.

« On se disait qu'elle a passé seulement 24 heures, à la maison, explique Andrée Béchard. Alors on a demandé des transferts à Montréal, mais on n'a jamais été capable de les obtenir. »

Nous avons mis sur pied une ligne sans frais et un site Internet pour recueillir les informations afin de venir en aide aux policiers. En moyenne, la première année, les informations reçues ont mis sept mois à être vérifiées par les enquêteurs.

André Béchard
Andrée Béchard, mère de Marilyn Bergeron, disparue en février 2008Andrée Béchard, mère de Marilyn Bergeron, disparue en février 2008. Photo : Francis Labbé

La solution, selon Andrée Béchard, c'est une escouade composée de corps de police de tout le Québec, dédiée uniquement à la recherche de personnes disparues. Une idée qu'appuie fermement l'Association des familles de personnes assassinées ou disparues.

« Malheureusement, les policiers en ont échappé », explique la directrice générale de l'AFPAD, Nancy Roy. La preuve, on a plusieurs familles qui malheureusement ont été victimes de corps policiers qui étaient moins habitués à enquêter. »

« Ce que nous demandons, c'est une escouade comme Carcajou, formée de policiers provinciaux et municipaux, qui réunissent leurs expertises et leurs forces afin de faciliter les enquêtes et d'éviter de se retrouver avec des familles brisées parce que l'enquête a piétiné », ajoute Nancy Roy.

Rosanna Niquay, une Atikamekw de Manawan, vit un drame semblable depuis le 11 octobre 2010. Son fils, Pinaskin Ottawa, a alors été porté disparu et n'a jamais été revu depuis. Dans son cas, ce sont des policiers autochtones qui ont amorcé l'enquête.

Rosanna Niquay, de Manawan, mère de Pinaskin Ottawa, disparu le 11 octobre 2010.Rosanna Niquay, de Manawan, mère de Pinaskin Ottawa, disparu le 11 octobre 2010. Photo : Francis Labbé

« Les policiers dans notre communauté ne sont pas nécessairement formés pour rechercher des personnes disparues, affirme Mme Niquay. C'est une chose dont nous parlons beaucoup, d'avoir une escouade pour les cas de disparition. Ça accélèrerait les processus. »

Peut-être pas nécessaire

 L'analyste François Doré, policier de la Sûreté du Québec à la retraite, ne croit pas qu'une telle escouade ne soit nécessaire.

« On sait que les pratiques policières ont changé au cours des années, explique-t-il. On sait que la réponse est beaucoup plus rapide. On sait surtout qu'il y a une réponse uniforme, peu importe le corps de police. »

Nancy Roy, directrice générale de l'Association des familles de personnes assassinées ou disparues.Nancy Roy, directrice générale de l'Association des familles de personnes assassinées ou disparues. Photo : Francis Labbé

« La situation actuelle n'est pas satisfaisante », réplique Nancy Roy. « La loi de la police au Québec fait en sorte que même si des corps policiers reçoivent une formation solide, ils n'ont pas le volume et l'expertise nécessaires pour se comparer à la Sûreté du Québec », estime-t-elle.

Québec a investi dans la lutte contre le crime organisé avec l'escouade Carcajou. Je ne vois pas pourquoi on n'investirait pas pour toutes ces familles brisées

Nancy Roy, directrice générale, Association des familles de personnes assassinées ou disparues

Présentement, rien n'oblige les corps de police à se référer aux experts dans le domaine ni à contacter la Sûreté du Québec. Ils n'ont pas non plus l'obligation de mettre les photos des disparus en commun.

Marilyn Bergeron, à gauche, disparue en février 2008, et Pinaskin Ottawa, disparu le 11 octobre 2010.Marilyn Bergeron, à gauche, disparue en février 2008, et Pinaskin Ottawa, disparu le 11 octobre 2010. Photo : Francis Labbé

Société