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2015, l’économie de l’Alberta ébranlée par la baisse du prix du pétrole

Le reportage de Geneviève Normand
Radio-Canada

L'économie de l'Alberta a encaissé en 2015 de multiples coups durs. Des mises à pied un jour. Le lendemain, des investissements revus à la baisse. La cause principale : l'effondrement des cours pétroliers. Retour en 5 points sur une année que plusieurs préféreraient oublier.

Un texte de Geneviève NormandTwitterCourriel

1. Un baril de pétrole en chute libre

Le prix du baril de pétrole brut a entrepris sa courbe descendante à partir du milieu de l'année 2014. En 18 mois, le brut nord-américain (le WTI pour Western Texas Intermediate) a perdu les deux tiers de sa valeur. À la mi-décembre, le baril est passé sous la barre des 35 $US, une première depuis 2009.

Cet effondrement s'explique en partie par une surproduction mondiale, liée à la forte production des États-Unis. Les pays membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) ont également refusé de ralentir leur production, ce qui a ajouté une pression supplémentaire à la baisse des prix.

Comme l'économie de l'Alberta dépend fortement du secteur énergétique, les conséquences de cette chute ont été nombreuses et drastiques.

null Photo : IS / iStockphoto

2. Des mises à pied par milliers

En novembre seulement, l'emploi dans tous les secteurs confondus a diminué de 15 000. Le taux de chômage a augmenté pour atteindre 7 %, soit le taux le plus élevé depuis avril 2010.

Environ 40 000 emplois directs ont été supprimés dans le secteur pétrolier et gazier, selon l'Association canadienne des producteurs pétroliers (ACPP). Ce nombre de mises à pied est porté à 100 000 lorsque les emplois indirects font partie du calcul. Ces chiffres de l'ACPP tiennent comptent seulement des entreprises qui ont annoncé publiquement leur restructuration.

Si on observe l'économie dans son ensemble, le nombre d'emplois en Alberta a légèrement diminué.

null Photo : ICI Radio-Canada

3. Des finances provinciales mises à mal

La chute du prix de l'or noir a aussi laissé un gros trou dans les revenus du gouvernement provincial. En 2014-2015, l'Alberta tirait 20 % de ses revenus de l'industrie pétrolière grâce au système de redevances énergétiques, que le gouvernement néo-démocrate entend réviser en 2017.

Un pétrole moins cher signifie donc moins d'argent dans les coffres du gouvernement. Résultat : la province s'enfonce dans le rouge avec un déficit record de 6,1 milliards de dollars.

Le gouvernement a établi son budget en présumant que le pétrole nord-américain se vendrait 50 $US le baril en 2015-2016. Sans remontée prochaine des cours, cette prévision ne sera pas atteinte.

null Photo : CBC/Terry Reith

4. Un dollar faible qui profite à d'autres secteurs

Le dollar canadien a pendant plusieurs mois perdu de sa valeur, ce qui a favorisé les exportations, entre autres aux États-Unis. Le 17 décembre 2015, le huard valait 71,57 ¢US.

En dépit de l'industrie énergétique, certains autres secteurs d'activités sont parvenus en 2015 à tirer leur épingle du jeu. C'est notamment le cas pour la foresterie et le tourisme. Selon Travel Alberta, l'industrie touristique dans les Rocheuses canadiennes a connu une année record.

null Photo : IS / iStockphoto

5. Le défi constant de l'accessibilité aux marchés

Assise sur la troisième plus grande réserve de pétrole au monde, l'Alberta aimerait pouvoir vendre son pétrole à davantage de marchés. Cependant, elle doit trouver une façon de l'acheminer.

Les projets de pipelines ont très peu progressé au cours de la dernière année. Dans toutes les directions, la contestation est forte.

Dans le dossier de Keystone XL, la grande décision de Barack Obama est venue en novembre. Le président américain a rejeté le projet, affirmant qu'il n'allait pas servir les intérêts nationaux des États-Unis et qu'il allait miner les efforts mis en place pour lutter contre les changements climatiques.

null Photo : PC / AP / Pablo Martinez Monsivais

Après plusieurs années de croissance, 2015 a ébranlé l'économie provinciale au point même où la cote de crédit de la province a été abaissée à la toute fin de l'année.

Les Albertains et le gouvernement devront faire preuve de patience puisque la reprise solide et certaine de leur économie n'est pas prévue de sitôt.

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Économie