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La facture du projet d'oléoduc Énergie Est bondit de presque 4 milliards

Construction du pipeline Énergie Est de TransCanada

Construction du pipeline Énergie Est de TransCanada

Photo : TransCanada

La Presse canadienne
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

TransCanada a ajusté le tracé de son projet d'oléoduc Énergie Est en plus de réviser à la hausse la facture totale, qui grimpe de presque 4 milliards de dollars.

Initialement estimés à 12 milliards de dollars, les coûts du projet, dont la mise en service avait été repoussée de deux ans, en 2020, sont désormais estimés à 15,7 milliards de dollars.

L'entreprise a confirmé l'information en déposant la dernière version de son projet auprès de l'Office national de l'énergie (ONÉ), un mois après avoir tiré un trait définitif sur Cacouna, dans le Bas-Saint-Laurent, pour y construire un terminal pétrolier.

Rappelons que le tracé définitif du futur projet est encore à l'étude. 

Des changements onéreux

« Il y a beaucoup de changements en ce qui a trait au tracé, a expliqué le porte-parole de TransCanada, Tim Duboyce, au cours d'un entretien téléphonique. L'enlèvement du terminal rajoute des coûts. »

Le montant de 15,7 milliards de dollars n'inclut pas les infrastructures existantes qui seront mises à contribution afin de mener le projet à terme.

Au total, près de 700 modifications sont proposées pour le tracé de cet oléoduc de 4600 km visant à acheminer quotidiennement 1,1 million de barils de pétrole des sables bitumineux albertains jusqu'à Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, en plus d'approvisionner les raffineries de Suncor à Montréal et de Valero à Lévis.

Le Québec, où l'on prévoit construire 625 km de canalisation, est particulièrement concerné par les modifications du tracé, compte tenu de l'abandon du projet de Cacouna.

« Il y en a eu plusieurs pour éviter un certain nombre de propriétés ou d'autres en des endroits où des préoccupations ont été soulevées », a souligné M. Duboyce, sans entrer dans les détails.

Malgré la déprime des prix de l'or noir, qui pourrait se poursuivre en 2016 selon plusieurs analystes, le projet demeure attrayant, a assuré le porte-parole de l'entreprise, notamment parce que les besoins en pétrole seront présents pour encore « plusieurs décennies ».

TransCanada a par ailleurs dévoilé des données compilées par le Conference Board du Canada dans l'espoir de convaincre les sceptiques des retombées économiques générées par Énergie Est.

Difficile d'évaluer les retombées au Québec

Au Québec, le premier ministre Philippe Couillard avait déjà prévenu que l'absence d'un terminal maritime compliquerait l'évaluation des retombées économiques du projet.

L'investissement en capital demeure le même, soit autour de 4 milliards de dollars dans la province.

Une citation de :Tim Duboyce, porte-parole de TransCanada

D'après le Conference Board du Canada, les phases de développement et de construction, estimées à neuf ans, devraient se traduire en moyenne par la création annuelle de 3168 emplois directs et indirects au Québec. Pour la phase d'exploitation, qui s'échelonne sur 20 ans, la création annuelle d'emplois directs est évaluée à 33 postes.

Quant aux retombées fiscales, le groupe de recherche estime qu'elles seraient de 972 millions de dollars au Québec pour les phases de développement et de construction ainsi que de 1,15 milliard de dollars pour les 20 années d'exploitation.

« En regardant l'analyse, les chiffres parlent d'eux-mêmes », a répondu M. Duboyce lorsque questionné sur les propos tenus le mois dernier par le premier ministre Couillard.

« Le jeu n'en vaut pas la chandelle », selon Greenpeace

Quelques jours seulement après que 185 pays se furent entendus pour limiter le réchauffement climatique à la conférence de Paris, le porte-parole de Greenpeace, Patrick Bonin, estime que le jeu n'en vaut pas la chandelle dans le cas d'Énergie Est.

Selon lui, les risques liés aux retombées économiques du projet de TransCanada sont « inutiles ».

« Ce projet va menacer plusieurs secteurs économiques, comme l'agriculture en cas de déversement, ainsi que l'industrie récréotouristique », souligne M. Bonin.

Patrick Bonin, responsable Climat-Énergie pour Greenpeace Canada.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Patrick Bonin, responsable Climat-Énergie pour Greenpeace Canada.

Photo : ICI Radio-Canada

Les revenus, il faut toujours les mettre en perspective avec les risques qui les accompagnent. 

Une citation de :Patrick Bonin, porte-parole de Greenpeace Québec

L'ONÉ se penchera maintenant sur l'évaluation environnementale du projet. À Ottawa, le gouvernement Trudeau s'est déjà engagé à inclure la question des émissions de gaz à effet de serre (GES) dans les critères d'évaluation.

Au Québec, c'est le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) qui sera penchera sur ce projet d'oléoduc. L'organisme ne tiendra toutefois pas compte des GES dans son évaluation.

Vigoureusement contesté par des groupes écologistes et de nombreuses municipalités, Énergie Est a reçu l'appui des associations patronales ainsi que de certains syndicats, comme la FTQ-Construction.

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