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Le dépistage annuel du cancer de l'ovaire réduirait la mortalité

Lynne-Marie Postovit, titulaire de la nouvelle chaire de recherche sur le cancer de l'ovaire à l'Université de l'Alberta

Lynne-Marie Postovit, titulaire de la nouvelle chaire de recherche sur le cancer de l'ovaire à l'Université de l'Alberta

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada


Faire un test de dépistage annuel du cancer de l'ovaire pourrait réduire la mortalité due à ce cancer, révèle une étude parue jeudi. Trop souvent diagnostiqué tardivement, c'est le plus meurtrier des cancers gynécologiques.

Bien que ce cancer soit peu fréquent, 60 % des femmes qui reçoivent un diagnostic du cancer de l'ovaire en meurent cinq ans plus tard.

C'est un cancer difficile à diagnostiquer puisqu'il ne provoque  des symptômes qu'à un stade avancé, symptômes qui, de surcroît, ne sont pas alarmants. Des ballonnements, de la fatigue, des douleurs abdominales et des douleurs pelviennes en sont quelques exemples.

Les chercheurs à l'origine de l'étude, publiée dans la revue médicale The Lancet, ont démontré que le dépistage permettait une détection précoce de ce cancer, donc augmentait les chances de le traiter.

« Les résultats de l'étude font état d'une réduction de mortalité attribuable au dépistage allant de 15 % à 28 % », précise Ian Jacobs, de l'University College de Londres, chercheur principal de l'étude.

Plus de 200 000 femmes britanniques âgées de 50 à 74 ans, recrutées entre 2001 et 2005, ont participé à l'étude jusqu'en 2014.

Le groupe a été divisé en trois. Un peu plus de 50 000 d'entre elles ont passé un test de dépistage annuel, au moyen d'une échographie de la région pelvienne, et les 50 000 autres ont reçu une dose annuelle d'un « marqueur » spécifique du cancer de l'ovaire, CA-125, en plus de l'échographie.

  • CA-125 sont des protéines produites par les cellules cancéreuses de l'ovaire;
  • Un « marqueur », tel qu'un médicament ingéré par le patient, peut révéler la présence de ces protéines dans le sang;
  • Losqu'elles sont présentes, cela révèle la forte probabilité d'un cancer de l'ovaire;

Le reste des femmes n'a reçu aucun test de dépistage.

Malheureusement, à la fin de l'étude, 1282 femmes ont reçu un diagnostic de cancer de l'ovaire et 649 d'entre elles sont décédées.

Les mortalités sont révélatrices 

À partir de ces chiffres, les chercheurs ont constaté que les femmes qui avaient effectué un test de dépistage annuel réduisaient leur probabilité de décès de 11 % à 15%.

Qui plus est, ils ont démontré que les femmes ayant été suivies pendant au moins sept ans et qui avaient reçu un diagnostic au stade précoce du cancer réduisaient leur probabilité de décès de 28 %.

« C'est la première preuve [...] que le dépistage peut réduire le nombre de décès par cancer de l'ovaire », explique Ushah Menon, coauteur de l'étude.

Les auteurs de l'étude mettent l'accent sur la nécessité d'un suivi à plus long terme et la mise en place de tests de dépistage plus sensibles avant de recommander des tests annuels à toutes les femmes.

Dans un commentaire joint à l'étude, le professeur René Verheijen des Pays-Bas, qui n'a pas pris part à l'étude, qualifie les résultats d'« encourageants ». Il s'interroge toutefois sur la fiabilité du dépistage puisque seulement 59 % des cancers de l'ovaire ont été diagnostiqués par les tests dans le cadre de l'étude.

Le cancer de l'ovaire est responsable d'environ 150 000 décès dans le monde annuellement, selon l'Organisation mondiale de la santé. Au Canada, c'est environ 2800 femmes qui reçoivent annuellement un diagnostic de cancer de l'ovaire. 

À ce jour, aucun dépistage systématique n'existe. De plus, d'autres études ont démontré dans le passé l'inutilité du dépistage annuel.

Avec les informations de Agence France-Presse

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