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Secteur public : « Je ne pense pas qu'on est très loin de la solution », dit Philippe Couillard

Les chefs syndicaux arrivant à la rencontre avec le ministre Coiteux.
Les chefs syndicaux arrivant à la rencontre avec le ministre Coiteux. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Le premier ministre du Québec se réjouit de l'allure des négociations entourant l'éventuelle conclusion d'un nouveau contrat de travail pour les employés de l'État. Les pourparlers entre les chefs syndicaux et le président du Conseil du Trésor Martin Coiteux ont repris à 10 h ce matin, au lendemain d'une longue rencontre de sept heures. 

« Il reste encore un peu de progrès à faire, mais je ne pense pas qu'on est très loin de la solution », a commenté Philippe Couillard peu avant que les pourparlers ne reprennent.

« Il y a du mouvement des deux côtés, il y a du bon travail et surtout une très bonne ambiance aux tables depuis déjà plusieurs semaines. Bien sûr on est optimiste », a affirmé le premier ministre dans une entrevue accordée à Radio-Canada.

« Je reste toujours avec l'objectif d'avoir une entente négociée. Depuis le début, ça a été la ligne que j'ai demandé qu'on suive avant tout et je suis rassuré de voir qu'on est dans cette direction-là », a-t-il ajouté.

Au terme de sa longue rencontre avec les chefs syndicaux mercredi, Martin Coiteux, a déclaré que les deux parties avaient besoin de « quelques heures de plus » pour tenter de conclure les négociations.

Le ministre Coiteux a été peu loquace quant à la teneur des discussions, mais il a soutenu les deux parties avaient « travaillé et avancé sur plusieurs points ». Un des représentants syndicaux présents à cette réunion, le président de la FTQ Daniel Boyer, a parlé de « sept heures de rencontre positive ».

De chaque côté, on a des vérifications à faire sur certains éléments, on va prendre la nuit et le matin pour les faire. On vous dévoilera le contenu quand ce sera fini, mais je peux vous dire que les travaux ont roulé.

Daniel Boyer, président de la FTQ

Martin Coiteux, invoquant un « saut considérable » pour qualifier les avancées qui ont été faites dans les négociations avec les quelque 550 000 employés du secteur public québécois, avait convié les leaders syndicaux à son bureau à 17 h. La réunion s'est terminée vers minuit.

Offres salariales bonifiées

« On a un cadre financier dans la négociation qui est parti à 3 % et qui est maintenant à 7,5 % », a déclaré Martin Coiteux en point de presse mercredi matin, en marge de la réunion quotidienne du Conseil des ministres.

M. Coiteux a rappelé le cadre budgétaire serré avec lequel doit composer le gouvernement. « On n'est pas des magiciens avec des billets cachés : ça n'existe pas, ce trésor », a-t-il résumé.

Ceux qui pensent que les coffres budgétaires sont pleins se trompent totalement. On a encore des enjeux budgétaires sérieux. Maintenir l'équilibre budgétaire en 2015-2016, ça demande encore beaucoup de discipline.

Martin Coiteux, président du Conseil du Trésor

Donc, il y a eu bonification de l'offre salariale, de plus du double. Cependant, les syndicats contestent le chiffre de l'augmentation de 7,5 % de la masse salariale globale, car ce ne sont pas tous les employés de l'État qui vont bénéficier de la relativité salariale. Celle-ci équivaudrait à une augmentation moyenne de salaire de 2,4 %.

À son arrivée à la réunion, le président de la FTQ, Daniel Boyer, a estimé que le 7,5 % évoqué par le ministre Coiteux constituait tout de même un appauvrissement pour les syndiqués, ce qui semblait traduire des pourparlers toujours complexes.

M. Boyer n'a pas voulu commenter ce qui allait être déposé à la table de négociation. À savoir si une entente était envisageable dans un avenir rapproché, il a répondu : « On la souhaite ».

Voici comment s'échelonne l'offre bonifiée du gouvernement Couillard pour les cinq années à venir :

L'offre bonifiée du gouvernement du Québec aux employés de l'État dans le contexte de l'actuelle négociationL'offre bonifiée du gouvernement du Québec aux employés de l'État dans le contexte de l'actuelle négociation Photo : Radio-Canada

Le gouvernement a aussi mis de l'eau dans son vin dans son offre portant sur la question de l'âge de départ à la retraite, acceptant de le fixer à 61 ans plutôt qu'à 62 à compter du 1er juillet 2019, ce qui constitue aussi en quelque sorte une concession syndicale.

Rappelons que l'âge actuel où les employés de l'État peuvent prendre leur retraite est à 60 ans.

L'espoir d'une solution négociée avant Noël

Martin Coiteux, ministre responsable de l’Administration gouvernementale et de la Révision permanente des programmes et président du Conseil du trésorMartin Coiteux, ministre responsable de l’Administration gouvernementale et de la Révision permanente des programmes et président du Conseil du trésor Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Le ministre Coiteux refuse d'envisager l'imposition d'une loi spéciale advenant que les présentes négociations n'aboutissent pas. Selon lui, la recherche d'une solution négociée a toujours été la seule priorité du gouvernement. « C'est pour ça que je veux explorer avec les chefs syndicaux la voie de passage ultime, a-t-il dit de manière un peu sibylline. Quand on rencontre les chefs syndicaux, c'est qu'on pense qu'on a suffisamment progressé pour se parler. » 

Les syndicats ont effectivement fait un certain nombre de compromis qui permettent de s'approcher de la date. J'ai toujours dit qu'on souhaitait régler ça pour que les Québécois puissent fêter Noël avec ça derrière eux.

Martin Coiteux, président du Conseil du trésor

Le ministre Coiteux se félicite qu'un certain nombre d'ententes sectorielles soient survenues au cours des dernières semaines, avec plusieurs unités syndicales, sur les conditions de travail.

Retour à la table pour la FAE, difficultés pour d'autres syndicats

La Fédération autonome de l'enseignement (FAE) était de retour à la table de négociation sectorielle mercredi pour discuter d'organisation du travail. Une certaine pression s'exerce sur la FAE, qui représente 34 000 enseignants, afin qu'elle reprenne les pourparlers avec la partie patronale.

C'est que l'autre syndicat dans le monde de l'enseignement, la Fédération des syndicats de l'enseignement, affilié à la CSQ, est arrivé à une entente avec le gouvernement.

Toutefois, le Syndicat de l'enseignement de la région de Québec rejette l'entente de principe survenue plus tôt cette semaine avec le gouvernement Couillard.

De son côté, l'APTS, qui représente quelque 32 000 professionnels et techniciens du réseau de la santé, a réclamé dans un communiqué une implication du ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, dans les négociations, afin que des ressources supplémentaires et davantage de reconnaissance professionnelle soient proposées à ses membres par les négociateurs.

Avec les informations de Sébastien Bovet

Avec les informations de La Presse canadienne

Politique