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Le Parlement européen remet officiellement le prix Sakharov à l'épouse de Raif Badawi

Ensaf Haidar reçue au Parlement européen pour le prix Sakharov décerné à son conjoint, Raif Badawi

Ensaf Haidar reçue au Parlement européen pour le prix Sakharov décerné à son conjoint, Raif Badawi

Photo : Vincent Kessler / Reuters

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Ensaf Haidar a reçu le prix Sakharov au nom de son mari, Raif Badawi, mercredi à Strasbourg. Le blogueur est le lauréat de ce prestigieux prix pour la liberté de penser, décerné par le Parlement de l'Union européenne. Il devient ainsi le premier citoyen de la zone du Golfe arabe à recevoir cet honneur. 

Un texte de Geneviève ProulxTwitterCourriel

C'est le président du Parlement, Martin Shulz, qui a remis le prix au nom de ses collègues. « C'est un grand honneur de pouvoir remettre ce prix à Raif Badawi, qui n'est pas présent, car il a été incarcéré pour avoir invoqué sa liberté d'expression. Il a été, pour cela, condamné à 10 ans de prison et à 1000 coups de fouet. [...] Par conséquent, aujourd'hui, il ne peut pas recevoir personnellement le prix Sakharov. C'est pour cette raison que c'est avec joie et honneur que nous vous le remettons à vous, Mme Haidar, une femme déterminée et forte. À travers vous, nous voulons rendre hommage au combat courageux de votre mari », a-t-il dit. 

M. Shulz a profité de l'occasion pour demander à nouveau qu'on libère le blogueur. « Au nom de chacun d'entre nous, je demande à nouveau au roi Salmane de gracier Raif Badawi et de le libérer sans aucune condition, et ce, immédiatement, afin qu'il puisse retourner rapidement dans le giron de sa famille. »

Raif Badawi a reçu ce prix pour son courage, entre autres. « Malgré les grands risques, Raif Badawi agit en tant que blogueur de façon déterminée afin de promouvoir la liberté de pensée. Il n'a fait que faire usage de son droit à l'expression libre. Il a comblé une lacune qui existait dans son pays concernant la liberté de la presse. [...] Il a demandé une société ouverte au point de vue des autres. Raif Badawi est devenu un symbole. Il est une inspiration pour tous ceux qui défendent les droits fondamentaux dans le monde. Raif Badawi n'est pas seul dans ce combat. »

Ensaf Haidar reçoit, au nom de son mari, le prix SakharovAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Ensaf Haidar reçoit, au nom de son mari, le Prix Sazharov

Ensaf Haidar a été chaudement et longuement applaudie par les parlementaires européens lors de la remise du prix. « Mille mercis à vous. C'est pour moi un grand honneur de me trouver parmi vous. J'aurais aimé que mon mari reçoive ce prix lui-même. Je suis fière de représenter mon mari, de me retrouver ici, dans l'une des plus grandes enceintes qui représentent la démocratie dans le monde », a-t-elle dit. 

Elle a demandé aux députés d'observer une minute de silence « en hommage à la mémoire de ceux qui sont tombés en France et ailleurs, aux victimes ». 

Par la suite, Mme Haidar a rappelé que la liberté d'expression était une valeur fondamentale que tous devaient respecter. « Raif n'est pas un criminel. Raif n'est pas un violeur. Raif est un libre penseur. Un esprit libre. Quel est son crime? Tout simplement que c'est une voix libre dans le pays de la pensée unique. Mon mari n'a pas été un bandit de grand chemin ni un trafiquant de drogue pour qu'il mérite cette peine si dure. Mon mari s'est contenté d'exprimer sa pensée et de la coucher sur papier. Mon mari rêve d'un monde meilleur, un monde qui accepte la pensée de l'autre. Il a parlé d'une voie très claire et c'est ça qui les a dérangés. Mais ils en ont fait une icône de la liberté en Arabie saoudite, mais aussi dans le monde entier. Raif est un penseur pacifique », a-t-elle martelé. 

À ceux qui nous veulent la mort, nous leur souhaitons la vie. À ceux qui veulent que nous restions ignorants, nous leur souhaitons de revenir à la raison.

Une citation de :Ensaf Haidar reprenant les propos de son mari

Le président du Parlement, Martin Shulz, a ensuite déposé une plaque représentant le prix Sakharov sur une chaise vide en hommage à Raif Badawi. L'assemblée a, de nouveau, longuement ovationné Mme Haidar. 

Raif Badawi était en nomination aux côtés du mouvement d'opposition politique du Venezuela, Mesa de la Unidad Democratica, et de l'opposant russe Boris Nemtsov, dans son cas à titre posthume. Parmi les lauréats précédents figurent l'ex-président sud-africain Nelson Mandela, la dissidente birmane Aung San Suu Kyi et la jeune Pakistanaise Malala Yousafzai

Cela n'est pas rare dans l'histoire du prix Sakharov que les lauréats soient emprisonnés au moment de la remise du prix. En 1990, la lauréate du prix Sakharov, Aung San Suu Kyi, était placée en résidence surveillée. Elle n'a pu recevoir son prix en personne que 23 ans plus tard.

Au cours de la dernière année, Raif Badawi a reçu 15 prix internationaux soulignant son combat pour la liberté d'expression. 

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