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La Guerre de la 117, une rivalité intense qui perdure depuis des années

Un article du journal La Frontière paru au commencement de la première saison des Huskies (1996) faisait état de la naissance d'une rivalité

Un article du journal La Frontière paru au commencement de la première saison des Huskies (1996) faisait état de la naissance d'une rivalité

Photo : La Frontière

Radio-Canada

La rivalité qui oppose les Huskies de Rouyn-Noranda et les Foreurs est probablement la plus intense de toute la Ligue de hockey junior majeur du Québec. Depuis des années, les deux clubs s'affrontent avec intensité. Ce « conflit » sportif a été baptisé la « Guerre de la 117 » dès l'implantation des Huskies dans le circuit Courteau. La tension ne s'apaisera pas en 2015-2016.

Un article de Félix B. DesfossésTwitterCourriel

Une rivalité sur la patinoire et en dehors

« Je ne pense pas qu'il y ait une plus grosse rivalité que ça dans la ligue. Huskies et Foreurs, le fait qu'on est proches, mais un petit peu loin des autres, ça fait que quand on joue contre eux, on veut vraiment gagner, on veut rester les champions de la région », lance Redgie Bois, né à Rouyn-Noranda et joueur des Huskies de 2011 à 2015.

La rivalité entre Rouyn-Noranda et Val-d'Or dépasse le hockey. Les deux centres urbains de l'Abitibi-Témiscamingue se livrent différentes batailles, notamment en ce qui concerne la prépondérance de leurs aéroports. La tension entre Rouyn-Noranda et Val-d'Or rappelle, à bien des égards, la rivalité Montréal-Québec.

Dès son plus âge, Redgie Bois a vécu cette rivalité. « Depuis qu'on est atome qu'on joue contre eux. Rouyn et Val-d'Or, ça a toujours été une grosse rivalité. [...] J'ai de beaux souvenirs des matchs contre les petits Foreurs puis c'est sûr que rendu Junior, la rivalité est encore plus grande parce qu'on apprend à se détester à travers les années », affirme-t-il.

Alexandre Rouleau des Foreurs de Val-d'Or se joint aux Blackhawks de ChicagoAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Alexandre Rouleau des Foreurs de Val-d'Or se joint aux Blackhawks de Chicago

Et dès l'arrivée dans les rangs juniors, on ne manque pas de mettre les joueurs au courant de la tension. Alexandre Rouleau, ancien joueur puis directeur général des Foreurs et maintenant dépisteur pour les Blackhawks de Chicago, se souvient très bien d'avoir été frappé par la rivalité entre les Foreurs et les Huskies. « C'est quelque chose qu'on apprend très très rapidement. J'étais jeune à l'époque. J'avais 16 ans. Les gens nous parlaient beaucoup de cette rivalité-là, de l'importance de gagner nos matchs contre eux, se souvient-il. Le coach de l'époque qui était Claude Bouchard mettait beaucoup d'emphase là-dessus aussi, je me souviens que c'était quelque chose de très très important pour l'organisation. Comme joueur, même si les joueurs viennent de villes différentes, ils apprennent très vite à grandir dans cette rivalité-là qui est très présente. »

« Il n'y avait pas vraiment d'esprit de camaraderie »

Redgie BoisAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Redgie Bois

Photo : Karine Aubin

Redgie Bois abonde dans le même sens. « Les joueurs qui viennent de l'extérieur, ils ont peut-être des amis avec qui ils ont joué dans le hockey d'été ou dans les autres équipes, alors ils peuvent jouer pour les Foreurs, mais moi, à Val-d'Or, je n'avais aucun ami. Il n'y avait pas vraiment d'esprit de camaraderie », dit-il en toute honnêteté.

Dire qu'il n'y a pas d'esprit de camaraderie relève sûrement de l'euphémisme. Le jeu physique et les bagarres sont de mise lors des matchs entre les deux clubs. « Ça brasse plus parce que l'émotion est dans le fond. L'émotion, ça fait que tu réagis différemment des fois. Rienqu'un petit coup, ça peut te faire éclater, admet-il.

Contre Val-d'Or, l'émotion est à 100 %. C'est sûr que des fois ça fait des flammèches. En plus, on joue tellement souvent contre eux que, veut, veut pas, on apprend à s'haïr là-dedans. C'est sûr que ça peut exploser et que ça fait des matchs un peu plus physiques.

Redgie Bois

Des matchs importants pour la communauté

Pierre Dagenais des Huskies contre Steve Bégin des Foreurs (archives)Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Pierre Dagenais des Huskies contre Steve Bégin des Foreurs (archives)

Photo : Huskies de Rouyn-Noranda

Au moment de devenir directeur général des Foreurs de Val-d'Or, Alexandre Rouleau s'est assuré de communiquer à ses joueurs l'enjeu des matches contre les Huskies. « On sait que c'est des matchs importants, alors comme dirigeants d'équipe, on veut s'assurer que les joueurs comprennent l'importance de ces matchs-là parce qu'il y a plein de chose qui découlent de ces résultats-là. La ville va en parler beaucoup, on va en parler beaucoup dans les médias. C'est des matchs qui sont importants pour les partisans », souligne-t-il.

En tant qu'aide-capitaine, Redgie Bois dit qu'il n'avait pas à expliquer en long et en large aux joueurs l'importance des matchs face aux Foreurs. « La compétitivité vient de tout le monde automatiquement. Tout le monde veut tellement gagner contre eux. C'est important pour la ville, c'est important pour les propriétaires, pour les coachs, pour les joueurs. Je n'avais pas vraiment à dire comment c'était important. Les gars embarquaient tous dans le même bateau et on voulait juste gagner », se rappelle-t-il.

Les séries 2015

Les Huskies et les Foreurs se sont affrontés en séries éliminatoires pour la première fois en 2008Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les Huskies et les Foreurs se sont affrontés en séries éliminatoires pour la première fois en 2008

Photo : La Frontière

La Guerre de la 117 vient véritablement à son paroxysme lorsque les deux équipes s'affrontent en séries éliminatoires. C'est arrivé une première fois en 2008. Et ça s'est passé de nouveau en 2015.

« Au niveau émotion, vraiment, l'année passée, quand on a joué contre les Huskies en séries, les matchs étaient extrêmement serrés. Ça s'est soldé par une victoire des Foreurs, à quelques minutes près que les Huskies marquent le but qui aurait pu faire tourner la série de côté. Ça a été beaucoup d'émotion en peu de temps, lorsqu'on s'est rencontrés 6 parties collées », relate Alexandre Rouleau.

Redgie Bois était de l'alignement des Huskies. « L'année dernière, durant les séries, c'était vraiment intense. Ça avait monté d'un cran. Un beau moment, c'est quand j'avais compté à Val-d'Or et on avait gagné le match, se remémore-t-il. C'était une grosse victoire pour nous autres. Des fois, à Val-d'Or, on se fait un petit peu moins aimer, là, ça a fait du bien de compter là-bas! »

Une guerre à finir

Malgré ce but, les Huskies ont en effet été battus. Redgie Bois ne joue plus avec les Huskies, mais son cœur demeure manifestement avec ses anciens coéquipiers.

Je pense que ça fait quelques années que Val-d'Or sont les champions de la Guerre de la 117, alors on va être dus, lance-t-il! Je souhaite le meilleur des succès aux gars pour remporter cette guerre-là et pour remporter la coupe à la fin de l'année.

Redgie Bois

Avec la collaboration de Martin Guérin

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Abitibi–Témiscamingue

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